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hostilités, lorsque le jeune prince fut assassiné. Au milieu des troubles qui suivirent , où toute la famille d'Hiéron fut massacrée, les deux frères avaient été assez habiles pour se faire nommer parmi les préteurs de Syracuse : ilsétaientsoutenus par la multitude, les soldats et les nombreux transfuges de la flotte romaine *. Ainsi la guerre s'étendait , et le danger ne diminuait point en Italie ; des deux côtés les efforts se portaient sur la Campanie. Annibal essaya encore de forcer ou de surprendre Pouzzoles, Naples et Noie; mais son lieutenant Hannon , qui devait le soutenir , fut rencontré et battu à Bénévent par les Volones de Sempronius •, qui gagnèrent ainsi leur liberté. Marcellus était revenu promptement défendre Noie toujours chancelante, et attaqua le premier. Une double sortie devait charger Teoiiemi à la fois , et si Glaudius Néron , à la tête de la cavalerie, eût su exécuter les ordres du consul, <t Annibal eût expié cette fois le désastre de Cannes *. » Mais cette vanterie de Vépée de Rome serait encore fort suspecte, quand Plutarque ne nous avertirait pas que ces succès de Marcellus ne furent jamais d'un grand poids , que le Carthaginois, après ces fausses chutes, se relevait plus vigoureux*. Pendant qu' Annibal, rmonçaat à Noie, marchait vers Ta* rente , qui ne tarda pas à lui ouvrir ses portes , que Hannon prenait sa revanche sur les cohortes lucanienaes de Sempronius , les deux consuls se réunirent pour forcer Casilin; ensuite Fabius ravagea sans obstacle le Samnium; vingt-cinq mille Samnites fur^t tués ou pris dans cette expédition.
Le bonheur des Romains fut dans les Êiutes de Philippe ^
* Tite-Live, a3-4o,4'> ^**t ^^■'^t 33, 27. ' Tite-Live, 24-14 et suiv.
* Tite-LWe, ^4-17; Plut., Jlfarc., t5.
^ Plut., Parall, de Pélopidaset de Marcellus, 3. Foyez la curieuse note 69 de Ricard.
5 Tite-Live, jM3, 34.
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Us avaient intercepté son traité et préparé aussitôt iin armement qui croisa dans TAdriatique. Au lieu de passer plus promptement en Italie , Philippe s'amusa à conquérir rillyrie , à prendre Oricum et assiéger ApoUonie : le préteur Levinus , appelé par les Apolloniates , les délivra en quelques jours. Le roi, Obligé de fuir de son camp, de brûler sa flotte, imprudemment engagée dans TAous, se retira dans la Macédoine, et le préteur n'eut plus qu'à exciter contre lui Attale et les Étoliens pour l'occuper en Grèce et l'empêcher de rétablir ses communications avec les Carthaginois. En Espagne, les hostilités se soutenaient mieux ; quand les Scipions avaient battu les Barca, c'était à reconunencer ; après quatre combats perdus , l'opiniâtreté de Magon les inquiétait encore. Mais le fort de la guerre était en Sicile; Hippocrate et Epicyde avaient enfin soulevé Syracuse *. On jugea nécessaire d'envoyer là Marcellus. Le consul attaqua bientôt la ville par terre et par mer. Plein de confiance dans ses préparatifs et plus encore dans sa propre réputation ^ il fit avancer une énorme machine appelée samhyce, composée deliuit galères liées ensemble , d'où l'on devait appliquer des échelles à la muraille comme de terre ferme. Mais il y avait dans Syracuse un homme plus redoutable tout seul qu'ime armée : Archimède ne tenait pas grand compte de toutes les batteries romaines. Donnez-moi une autre terre pour point d'appui, disait-il un jour au roi Hiéron, et je remuerai celle-ci. Il avait construit , à la prière de ce prince, plusieurs machines de défense qui servirent en ce moment ; la samhyce était encore à une assez grande distance de la muraille , lorsqu'il lança contre elle un roc de six cents livres , suivi de deux autres , et la samhyce fut fracassée. Les galères, enlevées par des crampons , retombaient ensuite et s'abîmaient par leur poids ^ ou , dressées
* Tite-Live, 34*31 et 5ai?«
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sur leur poupe , venaient , en pirouettant , se briser contre les rcciiis, et les hommes qui les montaient étaient dispersés au loin , comme des pierres jetées par une fronde. Du côté de la terre, une grêle de traits, de pierres, pleuvait sur rinfanterie : toutes les machines d'Archimède jouaient à couvert derrière les murs, et les Romains, accablés de toutes parts , sans voir d'où les coups partaient , semblaient combattre contre les dieux. Marcellus voulut d'abord railler, mais il rassurait peu ses soldats ; à la vue d'un bout de corde ou d'un pieu sur la muraille , ils s'enfuyaient à grands cris, et il fut obligé de changer le siège en blocus ^ Une armée carthaginoise survint : soixante-six villes de Sicile tuèrent ou chassèrent les garnisons romaines ; des renforts devinrent indispensables de ce côté , et Annibal se trouva plus au large en Itahe , où il espérait à son tour lasser et épuiser les Romains par une guerre de chicane et tant de diversions , malgré quelques désertions de ses cavaliers ou de ses alliés. Ce moyen n'était point négligé par ses ennemis *.
L'année 212, qui semblait devoir remplir ses espérances, les laissa pourtant évanouir. Les deux Scipions venaient de faire alliance avec Sypliax, roi d'une partie de la Numidie, et il avait battu les Cartlmginois ; mais il fut battu, à son tour, par un autre roi numide, Gula, dont le fils, Massinissa , passa en Espagne. Les deux Barcas, renforcés encore par Asdrubal Giscon et Tlbérien Indibilis , se préparaient à reprendre l'oifensive. Les Scipions, ayant levé un corps de Geltibériens , les premiers mercenaires employés par les Romains • , se séparèrent pour prévenir la jonction de leurs ennemis ; ils furent tous deux vaincus et tués.
• Plut.ylfarc., i8 , 19 , 30 , ai, aa ; Polybe , 8 ; Tite-Live, a4-34 et suir.
• Plut, ilarv., la , i5 , Fab., 3i , 3a ; Tite-Live , a-W?.
• Tite-Live , 34-69.