DE LA DISCIPLINE MILITAIRE ET DES VOSURS
Les scènes (|ui se passaient dans la ville, depuis un demi-siècle, ne ressemblaient plus à ce qu'on y avait vu jusqu'à la fin de la seconde gueiTe punique. Le récit du triom* phe de Paul-Émile et de la petite agitation qui Ta précédé , résume toute Thistoire intérieure de la république pendant les dernières guerres. Plus de querelles politiques; la nou* velle aristocratie gouverne, et le peuple se laisse ffour verner.
Le droit public et civil est exactement obsei*vé. Les deux ordres n'empiètent ni ne résistent. C'est quelquefois un combat de déférence, comme dans l'accusation de C. Fulvius, coupable de la première défaite d'Herdonée. Le tribun Blesus irritait le peuple contre cet inhabile et indigne préteur, le « premier qui eût corrompu ses légions par toutes sortes de vices , )> et qui les avait , pour ainsi dire , vaincues lui-même avant qu'elles n'eussent vu l'ennemi. Fulvius re-
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jetait vainement la faute sur les soldats; le tribun conclut à la peine capitale. L'accusé en appela aux autres tribuns, qui refusèrent de le protéger, et Blesus demanda au préteur urbain d'indiquer pour le jugement des comices par centuries. Le sénat ne permit pas au proconsul Fulvius , alors devant Gapoue, de venir défendre son frère (211) ; Cneius s'exila, et un plébiscite confirma cet exil^ Peu après, quand il s'agit de la punition à infliger aux Campaniens, le tribun Atilius, avec V autorisation du sénat, fit sa rogation au peuple, qui répondit : « Ce que le sénat aura décidé sous serment, et à la majorité des voix, nous voulons et nous ordonnons que cela soit'. »
Une autre fois, cjuatre tribuns repoussaient le projet de loi qui accordait le suffrage à trois municipes (188) , parce que cette rogation n'était pas présentée avec l'autorisation du sénat. Quand on leur eut appris que c'était le droit du peuple et non du sénat de conférer le suffrage, alors seulement ils se désistèrent'. Il venait de se passer même un fait plus curieux encore. Quatre patriciens briguaient la censure (190); ils avaient pour concurrents deux hommes nouveaux^ Caton et Glabrion. Le peuple penchait pour ce dernier, qui lui avait fait beaucoup de distributions (congiaria). Les nobles en ressentaient du dépit, et deux tribuns ligués avec eux citèrent Glabrion, pour n'avoir pas produit en public ni versé dans le trésor tout le butin fait sur Antiochus. Les témoins variaient; le plus apparent était Caton, qui affirmait n'avoir point vu dans le triomphe les vases d'or et d'argent. Mais sa toge blanche de candidat diminuait, en cette circonstance, l'autorité d'une vie toute régulière. Aussi Glabrion, pour le rendre suspect, se retira
» Tite-LWe, 36,3,3.
• Tite-Live , a 6-33.
» Titc-Live, 37-36.