RÉPUDIATION
La loi des Douze Tables donnait un seul moyen d'éluder ce droit qui devenait une tyrannie, par une légalité qui devint une licence. La volonté du mari pouvait seule dissoudre les mariages de confarréation et de coemption. Quant aux mariages ordinaires ou d'usage^ ils n'enchatnaient point l'épouse, si, dans Tannée, son père ou ses tuteurs autorisaient son absence de la maison conjugale durant trois nuits de suite *. Le mariage ordinaire ou plébéien fut préféré. Il y eut d'abord raison, sans doute, puis indulgence dans les pères et les tuteurs à favoriser l'usurpation du trinoctium. Quelquefois même il y eut changement arbitraire ; une autre comédie de Plante en fournit la preuve *.
Bientôt on vit se réaliser la prédiction de Caton, et, pour remédier un peu à l'abolition de la loi Oppia, on adopta (173) la loi Voconia , qui ne permit plus de léguer à une fiUè ni à une femme plus de cent mille sesterces. On voulait, en effet, par là, non-seulement « empêcher que les biens des familles les plus illustres ne passassent en
Nam uxor contenta est , qn.ne Imna est, iino TÎro... Ëcastor, fdxiin, si itidcm piectantur viri.
Plures viri suiit viUui , quaiii nunc mtilieres.
• Aiil. Gel., 3-a ; Macrob., 2-3.
* l'iauL, SlichtiSf act. i, se. a :
ANTipno.
Sed hoc est, quod ad vos vcnio ; qiiodciuc e^se ainhas conventas volo. Mihi auctores ita sunt amici , ut vos Iiiac abducam domum.
PANEGYRIS.
Àt enim dos , quarum res agitur, aliter auctores sumus. Nam , aut olim , nisi libi placebant, non datas oportuit; Aut Dunc non aequum est abduci , pater, illisce abscntibus.
AtfTtPHO.
Vosae ego patmr cum meqdicis nuptas , me vivo , viris ?
270 HISTOUE mOMAlNB.
des maisons étrangères , au grand détriment de la république , intéressée à ce que les héritiers d'un grand nom conservassent assez de fortune pour soutenir la splendeur de leur race; mais on Youlait encore arrêter les somptueuses dépenses des femmes , dans la crainte que le luxe ue corrompit la vertu. » Gaton ne manqua pas cette occasion de prendre sa revanche sur les matrones , en invectivant contre leur faste et leur intolérable orgueil : a D'abord, disait-il , une femme vous apporte une grande dot , puis reçoit une grande somme qu'elle ne remet pas au pouvoir de son mari , mais qu'elle lui prête, et, au premier mécontentement , elle la redemande et le tourmente comme un débiteur, par des poursuites d'un esclave réceptice *. » La loi Yoconia ne fut qu'un expédient de décadence. Les jurisconsultes ne tardèrent pas à faciliter le divorce aux femmes, en inventant \sl diffarréation et la rémancipeUion; dans le siècle suivant on se passa même de ces formalités.
' Tile-Lire, 4i-a8; Aul. Gel., 17-6; Plaut.» ÀttluL, 3-5 :
Nam qus iiidotata est, ea in potcsiate est viri. Dotatx inactant et malo cl dainiio viro$«
Le même , St:ch,f i-a , iïil. Glor», 3-i.