LES ROIS
temple de biane, bâti sur TAventin. Son habileté parut dans la sage combinaison de ses institutions politiques. Le peuple l'aimait, les grands le haïrent. Un petit-fils de Tarquin, s'étant fait un parti dans le sénat, s'empara du trône, et tua ScrvigiPi TuUia, fille du malheureux prince, femme de l'usurpateur, vint saluer elle-même, en feisant passer son char sur le corps de son père, l'avènement de Tarquin-le- Superbe.
554. Cet homme ne régna que pour lui, opprima ses sujets, les grands par des confiscations et des meurtres, le peuple par des travaux et des guerres. N'ayant d'autre titre que la force, il s'entoura de soldats, s'établit seul juge des causes capitales, et diminua aussi le nombre des sénateurs , î?ouvemant tout de son palais sans consulter le sénat ni le peuple *. Il acheva du moins le cirque, les égouts commencés par son aïeul , et il éleva le temple de Jupiter sur la colline Tarpéienne, qui s'appela alors le Capitale. 11 fut allié (les Étrusques, et chercha un appui plus sûr encore dans les Latins, chez lesquels il choisit un gendre, Mamilius; il transporta de l'Aventin sur le mont Albain les sacrifices communs d'aUiance par l'institution des fériés latines. Il se servit des Latins incorporés aux troupes romaines pour soumettre les Volsques ; il prit d'assaut Suessa-Pometia , et Gabies par trahison. Pour mieux garder ses conquêtes , il mit de nouveaux murs sur les fondations cyck)péçnnes de Signia et de Circeii, et y envoya deux colonies. Il ne lui restait plus qu'à vaincre les Rutules, et il faisait le siège d'Ardée, quand la mort d'une femme le renversa du trône. Sextus, un des fils du roi, vint un soir à CoUatia, où habitait Lucrèce, femme de Tarquin Collatin; elle l'y reçut avec les soins de l'hospitalité, comme un parent de son mari absent. Le lendemain arrivent Lucretius, son
» Titc-Live, 1-49.
pcre, et Collatin, le premier de Rome, le second de Tannée, chacun avec deux amis. Bientôt le bruit se répand que Lucrèce s'est tuée elle-même, après leur avoir fait jurer de punir un odieux outrage qu'elle a souffert de son hôte. Soit m effet héroïque désespoir de Lucrèce, soit jalouse vengeance d'un époux otrensé * , cette mort et la vue du corps sanglant, poité sur la place publique, soulèvent toute la ville. Les uns gardent les portes, les autres courent avec Junius Brutusà Rome. Là, même tumulte d'indignation. Junius, depuis le meurtre de son père, immolé par la cupidité de Tarquin, semblait avoir perdu la raison; tout-àcoup on le revoit éloquent, intrépide; il rappelle tous les crimes du tyran , il étonne et anime tous les esprits : les Romains ne veulent plus être des manœuvres et des tailleurs de pierres ; on prend les armes, Brutus se rend au camp pendant que le roi vient pour apaiser le désordre de la ville; tous deux anivent en même temps par des routes différentes. Tarquin trouve les portes fermées, et on lui signifie un décret de déchéance et de bannissement ; ses deux fils rtaient déjà chassés de l'armée, que Brutus ramenait à Rome. Tous les citoyens réunis proclament la république, et nomment deux consuls, selon le plan de Servius Tullius, disait-on : ce furent Brutus et Coliatin'.
* Voyez Àl««andro Verri , Notti rotnane. *^Tile-Li?e, 1-59 et 60 ; Ovid., Fast, , 1 1-687 «t suiv. :
Ultima Tarqainius Romanae gcntis babeb.it BegDa , vir injustus , fortia ad arma lamen.
BrntiM adett ; tandemque animo sua nomina finllit.
Brutus clamore Quiriiea
Concitat , et régis facta uufanda refert. Tar«|uinius cum proie fu^it : capitannua codsuI
Jura ; dics rujjnis illa supreina fuit.