CHAPITRE IL
INSTITUTIONS DE R03IE SOUS LES ROIS.— GOUVEftXEMEXT.
Tonte cotte première époque est pleine d'incertitudes : toutefois , les traditions d'une nation reposent toujours sur un fonds réel , quoique difficile à dégager. Cette réalité se retrouve au moins dans tant de circonstances honteuses, mal dissimulées par le peu de merveilleux qui s'y mêle, et dans les institutions qui apparaissent déjà formées à la première époque certaine.
Rome se fit donc par agglomération ; d'abord une colonie albaine de pâtres et de vagabonds s'y établit , puis les Sabins y dominèrent et commencèrent à guerroyer les autres Latins. Maîtres à leur tour, les Tusques cimenterait de leur civilisation ce grossier assemblage , et en firent un peuple : mais ce peuple , sans territoire à lui , « placé comme sur un grand chemin entre l'Étrurie et le Latium « , » ne pouvait s'accroître ni subsister que par de petites et continuelles conquêtes. Heureusement chaque ville étant
* Florut, 1-9.
iS HISTOIRE ROXAIKE.
alors un État indépendant , uni par de faibles liens à quelque confédération , Rome , entourée d'ennemis , n'eut à les combattre que l'un après l'autre ; et , par un singulier effet de position * , elle détachait également vainqueurs et vaincus de leur patrie : tous , une fois entrés , devenaient iiTésistiblement Romains , de sorte qu'elle ne subit jamais de domination étrangère , ou du moins qui durât plus d'un moment. Ainsi s'expliquent sa population rapide , ses usages et ses armes empruntés de ses voisins et souvent de ses ennemis , ses colonies , ses habitudes guerrières et son orgueil national. Tous ces avantages de son origine restèrent dans la suite les moyens naturels de sa politique et de sa puissance.
Le Tibre , arrivé devant la petite colline Hortulane ou Pinciane , a déjà une largeur de quatre cents pieds et assez de profondeur pour porter de petits navires , môme pendant l'été ' ; là il court aussitôt à l'ouest , laissant une vaste plaine entre le Quirinal , le Viminal et sa rive gau- ( he ; mais il rencontre à droite le Vatican et le Janicule , qui le contraignent de revenir par un circuit à l'est vers le Capitole et le Palatin, au pied desquels ses débordements fréquents entretenaient le lac du Vélabre ' ; puis , l'Aventin l'obligeant à fléchir encore en sens contraire, il s'échappe enfin le long de la petite colline Testacée. Le Capitole regarde à l'orient l'Esquilin , et de l'autre côté du Pa-
» Tîte-Lîv« , Disc, de Camille , 5-54 ; Cic. , De rep, , a-6. * Jutt. Lips. , ^mnil. rom.s 3-2. Il cite Den. d'll«l. , et Itti-môlBc avait ru llflme> 3 Properce , 4-9 s
Qua Velabrasiiostagnabant flumine, qoaque Nauta per urbatias velificabat aquas.
0viJ.,/Vi*/. ,6-4o3:
Curtius tlle lacus ticcas qui ftustinet aras ,
Nnnc solida est tcllus , sed lacu» ante fuit Qtia Velabra soient in circum ducere pompas.