‹ Histoire romaine (volume 2)Chapitre 58 sur 87 · PREMIÈRB RÉVOLTE DES ESCLAVES · texte numérisé non relu

PREMIÈRB RÉVOLTE DES ESCLAVES

Hanatique, devint Toracle de ses compagnons , les excita à la liberté et aux armes comme par un ordre des dieux. Pour prouver son inspiration divine, il cachait dans sa bouche -une noix remplie de soufire et de feu , et d'un léger souffle poussait de la flamme avec ses paroles. D'après ses conseils , les quatre cents esclaves du riche et cruel Damophile , habitant d'Enna , prirent des pieux et des bâtons, choisirent Eunus pour chef, se jetèrent dans la ville, pillant les maisons et soulevant les autres esclaves (J5.'j). Puis ils allèrent saisir et enchaîner Damophile , sa femme Megallis , et , leur ayant fait subir une espèce de jugement , les massacrèrent. Ils épargnèrent cependant leur fille , qui ne les avait jamais traités qu'avec douceur, et la mirent en sûreté chez des parents qu'elle avait à Catane. Deux mille hommes furent ainsi rassemblés sur-le-champ. Bientôt, par le droit de la guerre , les fers étant partout brisés , Eunus forma une armée de soixante mille esclaves délivrés, et, -pour que rien ne manquât à son crime , il se para des insignes royaux. Il porta la dévastation dans toutes les villes et les bourgades , et, enfin, il prit successivement les camps de quatre préteurs envoyés contre lui *. Ainsi, les Romains . ne fuyaient pas seulement devant les braves Numantins , mais devant les esclaves , « qui eussent dû être ramenés à leurs maîtres* par des gardes de police (fugitivarii). n

Pendant que Scipion-Émilien se rendait en Espagne (154), son collègue passa en Sicile , d'où il revint au bout de l'année, sans grands avantages. Les esclaves avaient déjà fait plus de ravages en Sicile que la guerre punique. Le nouveau consul, Calpumius Pison Frugi, fut chargé à son tour (453) de venger tant d'aflronts. Il battit du moins les ré-

* FreÎDsh., 56>a5; Fiorus » 3-ao; vo/.la traduction de M. Duroooir, et Ie« nombreuses notes qu'il y a mises.

* Fiorus, 3-ao.

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Yoltés, et leur fit leyer le siège de Messane ; mais il ne finit pas la gu^re, qui exigea encore la prés^ice d'un consol rannôe suivante. La révolte s'était communiquée à Tltalie, les préteurs eurmt à dissipa un corps de quatre milk esclaves, et ou en mit à mort quatre cents dans Mintumo. Un pareil événement devait &ire une impressic» profonde sur le peuple. Des esclaves avaient plus de courage que des hommes libres : cet exemple devait révdller te mécontentement et la hardiesse. Il suffisait, ^i ^et, qu'un chef se présentât, quMl se trouvât dans la noble^e un homme « plus jaloux de vraie gloire que d'injuste puissance, pour remuer la cité K » Cet homme parut ; ce fut Tiberius Gracchus.

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