‹ Histoire romaine (volume 2)Chapitre 59 sur 87 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

raEVIÈBB RÉACTION DÉMOCRATIQUE. — TTBERIUS GRACCHUS.

Tiberius était fils de Sempronius Gracchus , qui épousa Cornélie , fille du premier Scipion. Le père avait tiré plus d'honneur de son mérite même que de ses dignités. Tribun, préteur, deux fois consul , censeur, pacificateur de la Geltibérie, il avait brillé par ses exploits , son intégrité , son éloquence. Cornélie fut célèbre elle-même, moins pour avoir refusé dans son veuvage le diadème d'un Ptolémée, car une femme romaine était déjà au-dessus d'une reine, que pour sa sagesse et sa tendresse maternelle. De ses douze enfants , elle ne conserva qu'une fille , qui fut mariée à Scipion-Emilien, et deux fils, Tiberius, et Caius, plus jeune de neuf ans que son frère. Elle les éleva auprès d'elle , les formant par ses entretiens , et veillant avec le plus grand soin à la pureté de leur langage et de leurs mœurs *. On raconte qu'un jour une matrone de Campanic

* Cic, De clar. orat., 58.

3i0 mSTOIEB ROMÀIlfK.

étalant devant elle, avec une vanité de femme, des ornements précieux pour le temps, Cornélie, à son tour, M ]'i*ésenta ses enfants : « Voilà, dit-elle, mes ornements ^i Elle leur donna les maîtres les plus renommés de la Grèce, ( ntre autres le rhéteur Diophane, de Mitylène, un des plus diserts*. Elle-même les animait à la gloire , en leur demandant si on rappellerait toiyours la belle-mère de Scipion et non la mère des Gracques'. Tiberius, dans ses premières campagnes , avait bientôt surpassé les jeunes gens de son âge par sa valeur, son exactitude à la discipline , sa probité , sa chasteté. Il monta le premier à Tassaut d*une ville d'Espagne ; enfin ce M lui qui obtint de Testime des Numantins la capitulation qui sauva Tannée de Mancinus.

Lorsque Tiberius revint d'Espagne à Rome, après ce traité, il fut frappé, en traversant TÉtrurie, de voir ce beau pays vide d'habitants, et occupé par des lal)oureurs etdes pâtres esclaves : il conçut dès ce moment le projet de détruire cet abus et la tyrannie des riches. On prétend qu'il y fut excité encore par Diophane et par le philosophe Blossius, né à Cumes. Un ressentiment personnel s'y joignit peut-être aussi. Le sénat, en refusant de ratifier le tiaité des Numantins, voulait le Uvrer avec Mancinus, si le peuple ne s'y fût opposé *. « Mais ce fut réellement le « peuple lui - même qui enflamma son ardeur, en coa- « vrant les portiques, les murs et les tombeaux d'écrits « où on l'exhortait à faire restituer aux citoyens pauvres « les terres du domaine * »

La guerre des esclaves durait depuis deux ans, et leur

* Val. Uax., 4-4.

■ Plut., TH., 9; Cic, Declar. orat, «7. 3 Plul., Tib.,9,

* Plul., Tib,, 9,7; Cic, De clar. orat, a-7 ^ Floriis, 3-i5.

* Plut., 7 1^., 9.

TIBERIUS 6RÀCCHUS. 341

succès montrait assez ce qu'on pouvait oser dans une position aussi intolérable. Tiberius n'avait qu'à demander le tribunat : il fut élu , et prépara aussitôt une loi agraire (433). « Au reste , il ne la rédigea pas seul ; U prit conseil des hommes les plus distingués par leur talent et leur caractère, comme le grand-pontife Crassus, le jurisconsulte Mucius Scœvola, alors consul, et Appius Claudius, beaupère de Tiberius même , et qui , d'accord avec sa femme Antistia , l'avait choisi pour gendre , à cause de l'estime singulière qu'il lui avait inspirée. » C'était d'ailleurs la loi la plus modérée qu'on pût proposer contre l'injustice et l'avarice les plus révoltantes. Ces hommes qui méritaient d'être punis et chassés des terres usurpées S Tiberius leur laissait, outre leur patrimoine, cinq cents arpents de terres domaniales, plus deux cent cinquante pour chacun de leurs enfants • ; il les obligeait seulement de recevoir la valeur des autres domaines, et de les abandonner, afin qu'on soulageât les pauvres par un nouveau partage.

Le jour fixé pour la rogation , il arriva entouré d'une foule immense, et, montant à la tribune, il parla avec éloquence de cette race italienne de même courage et de même origine que les Romains, peu à peu réduite à une telle misère , à un si petit nombre , sans espoir de se réparer. Il promit à toute l'Italie le droit de cité. Puis , s'emportant contre la race des esclaves, inutiles aux légions, toujours infidèles à leurs maîtres, il rappela les derniers événements de Sicile , les cruautés des rebelles , trop nombreux pour l'agriculture , et cette guerre contre eux qui ne finissait pas , qui donnait tant de peine et de danger '. Il proposa

» Plut., Tib., 10.

* Appien , E/ApvXiw, i ; Aur. Vict. ; Sicul. Flaccu», De conditUme agror,; Ro8in,8-io.

' Appien, ih, ; Vell., a-a : ■ Tiberius vir clioqui vilâinnocentissiinuSjiage* nio florentisslmas, ptvposito sanctissimiis , tanttsdeniqua ornatus virtutibus ,

342 msToniB romainb.

donc sa loi. «Quelque douce que fût cette réforme, le peuple s'en contentait , oubliant le passé , pourvu que Finjustice ne recommençât plus. » Mais toute la noblesse , prête à résister, était présente ; elle se mit à crier contre ce séditieux , qui ne voulait , avec son partage des terres , que bouleverser TÉtat *.

Il était facile de répondre à ce dépit d'avarice; les plaintes des pauvres s'entendaient à leur tour. Tiberius soutenait cette cause, la plus beUe et la plus juste, avec une éloquence qui aurait pu faire valoir la plus mauvaise. U demandait aux riches s'il était juste de partager en commun les choses communes ; si un citoyen n'était pas plus noble qu'un esclave, un soldat plus utile que celui qui ne porte pas les armes , un concitoyen plus ami de la cité. 11 examinait les espérances et les craintes de l'État. Ils avaient déjà conquis de vastes contrées , ils possédaient en espérance le reste de la terre habitée. Voulaient -ils avoir assez de soldats pour achever ces conquêtes , ou perdre par leur faiblesse ce qu'ils avaient conquis ? C'était une assez belle récompense de leurs travaux passés que cinq cents arpents gratuits de possession certaine , avec deux cent cinquante pour chacun de leurs enfants, s'ils en avaient', a Quoi donc, disait-il d'un ton redoutable et ina vincible , les bêtes sauvages ont leurs tanières et leurs « repaires où elles peuvent se retirer, et ceux qui coma battent, qui donnent leur sang pour la défense de l'Italie, a n'y possèdent autre chose que l'air et la lumière pour « respirer ! Sans demeure fixe , ils errent de toutes parts « avec leurs femmes et leurs enfants. Les généraux les

quantas perfecta et naturà et industriâ mortalis conditio recipit. . . . abUnc annos i6a , deftcivit à bonie ; pollicitusqtie toti Itediœ civitatem^ simul etiam promulgatis agrariis iegibus. . . . summa imis miacuit. »

* Plut., Tïb*, 9, 10 j Florui, 3-i5.

' Appien , i .

TtBSItlUS GRACCHtlk. 545

« trompent quand ils les exhortent à combattre pour leurs « tombeaux et leurs temples : dans un si grand nombre « de Romains, en est-il un seul qui ait un autel domestique « et un tombeau de ses pères? Us combattent et meurent « pour entretenir le luxe et Topulence d'autrui ; on les ap- « pelle les maîtres du monde, et ils n'ont pas à eux une « motte de terre * ! »

De telles paroles, prononcées avec une énergie touchante, remplissaient le peuple d'enthousiasme , et nul n'osa plus contredire. Laissant donc toute discussion, les nobles tâchèrent de gagner Octavius, jeune tribun d'un caractère grave , et l'ami de Tiberius. Vaincu par leurs instances , il se déclara enfin contre Tiberius, et mit son veto à la loi. Tiberius, indigné, retira sa rogation, et en proposa une autre, bien plus agréable au peuple et plus rigoureuse pour les oppresseurs , qui leur ordonnait de quitter sur-le-champ les terres usurpées au mépris des lois. Cette proposition imprévue éleva de mémorables débats entre les deux tribuns. Dans la véhémence de leurs paroles on n'entendit pas un seul mot de colère ni d'injure. Comme Octavius était un riche possesseur de terres et devait perdre beaucoup si la loi passait, Tiberius ofifrit de lui en rendre le prix sur son propre bien, qui n'était pas considérable. Octavius n'eût pu accepter sans honte ; il refusa et maintint son opposition. Alors Tiberius, par une ordonnance, suspendit tous les magistrats de leurs fonctions jusqu'à ce que sa loi eût été Soumise aux suffrages. Il ferma et scella lui-môme les portes du temple de Saturne , afin que les questeurs n'y pussent rien déposa' ni rien prendre ; il prononça de fortes amendes contre tout magistrat qui n'obéirait pas, et personne ne s'y exposa '.

* Plut., nh., 10.

* Plut., Tih,, tt,iit.

S44 HISTOIRK ROHAUnS.

On vit alors un singulier spectacle : les détenteurs, en habits de deuil , se présentant sur le Forum dans Tétat le plus triste et le plus abattu , pour apitoyer ce peuple qu^ils spoliaient si impitoyablement. Mais , comptant x)eu sur cette ressource , ils apostèrent des meurtriers pour se défeire de Tiberius. Celui-ci en fut averti ; il porta sous sa robe un dolon, qu'il eut soin de faire voir. Enfin, résolu de ne pas céder, il convoque les comices et appelle aux suffrages : les riches enlèvent les urnes ; mais ce petit moyen ne pouvait que troubler un moment le vote , et la loi eût certainement passé , si deux consulaires n'eussent supplié , à genoux et les larmes aux yeux , Tiberius de ne pas poursuivre. 11 craignait, en effet, un emportement de la multitude, et il consentit, comme on le demandait, à référer au sénat ; mais le sénat ne put rien arrêter à cause de Tinfluence deç riches.

Tiberius , lassé de tant d'obstacles , prit une résolution désespérée. Dans une nouvelle assemblée, il conjura Octavius de lever son opposition, et d'accorder au peuple cette juste grâce. Octavius persista. Je vois, dit alors Tiberius, que, tous deux tribuns, avec pouvoir égal, nous ne pourrions terminer notre différend que par les armes ; un seul moyen reste, c'est que l'un de nous deux soit déposé. Il lui proposa d'abord sa propre destitution , et somma Octavius d'appeler le peuple aux suffrages, ajoutant qu'il descendrait aussitôt de la tribune et rentrerait parmi les simples citoyens, si c'était la volonté du peuple. Il était clair que le peuple ne le voudrait pas. Octavius refusa de se prêter à cette épreuve. Je demanderai donc, reprit Tiberius, que le peuple vote sur ta déposition, à moins que la réflexion ne change ton sentiment. L'assemblée congédiée et convoquée de nouveau le lendemain , Tiberius tente un dernier effort, et , ne pouvant fléchir son collègue , il rend une ordonnance qui le dépose du tribunat, et appelle les tribus. Dix-sept avaient déjà donné leurs voix contre Octavius ; il ne fallait

TIBiniIUS 6RACCHUS. 3i5

plus que le vote d'une tribu pour décider sa disgrâce. Nouvelles instances, nouvelles prières de Tiberius; il serrait Octavius dans ses bras , le conjurant d'éviter à tous deux une cbose si dure. Octavius s'attendrit , ses yeux se remplirent de larmes ; mais ses regards s'étant portés sur les ricbes, la honte et la crainte des reproches l'empêcha de céder. Il fut déposé. Un viateur, affranchi de Tiberius, le fit sortir sortir de la tribune ; les riches s'empressèrent de repousser la multitude qui voulait se jeter sur lui ; un de ses esclaves eut les yeux arrachés. Tiberius accourut promptement pour arrêter un pareil désordre. La loi passa ; le peuple nomma triumvirs Tiberius , son frère Caius et son beau-père Appius ; car il craignait qu'elle ne fCit pas exécutée par d'autres, et Tiberius fut reconduit chez lui par la foule, comme le fondateur, non d'une ville ou d'mie nation , mais de toutes les nations d'Italie ^

Les nobles, furieux de ce succès, du choix de Mucius, client de Tiberius, pour remplacer Octavius, d'une autre loi qui donnait la libre circulation des chemins de traverse comme des grandes routes au peuple*, s'appliquèrent à contrarier l'odieux législateur. On lui refusa une tente pour son voyage de triumvir, et, sur le rapport de Scipion Nasica Sérapion, qui perdait beaucoup au partage des terres, et qui se déclara son ennemi sans ménagement, on ne lui accorda que neuf oboles par jour. Un de ses amis mourut : on le crut empoisonné. Tiberius prit le deuil, et, amenant ses enfants sur le Forum , il les recommanda , ainsi que leur mère, à la protection du peuple.

Cependant, pour soutenir sa faveur, il augmenta encore la haine des grands par une loi nouvelle. Attale , roi de Pcrgame, étant mort sans enfants, on apporta à Rome le

* Plat., Tib., i3, i4; Afpien, Ff/^uXtuy , t. ■ Uygin., De limitibus constiUiendis ; Uosin , 8.| i ,

346 msToiRK HOVÀme.

testament de ce prince, qui instituait le peuple romain son héritier. Le peuple romain accepta et comprit dans les biens du roi le royaume même *. Tiberius fit voter aussitôt que le trésor royal serait distribué aux citoyens déjà munis d'un lot dans le partage, pour les premiers frais de culture : il ajouta que la destination des villes du royaume appartenait au peuple. Le sénat fut blessé de cef acte,qoi empiétait sur ses attributions. Un sénateur assura qu'on avait remis à Tiberius la robe de pourpre et le diadème dn roi , comme devant un jour régner à Rome. Le tribun était assailli de reproches et de railleries. Annius, un homme méprisable, ayant été cité en jugement par Tiberius: Si j'appelais, lui dit-il, un de tes collègues, et qu'il prît m défense, le ferais-tu déposer de sa charge? Le tribun fut tellement déconcerté de celte question , que , malgré m talent de parole prompte et hardie, il ne répondit rien et congédia l'assemblée*. Il commença à craindre qu'Octavius, « par sa patience à souffrir une injustice, ne l'eût brisé lui-même •• » Le mécontentement de cette atteinte portée au tribunat gagnait le peuple aussi bien que les nobles. Il essaya de se justifier dans un long discours assez habile * ; mais il ne pouvait se dissimuler sa propre faute, puisqu'il ne trouva bientôt plus d'autre ressource que l'inviolabilité tribunitienne contre la ligue et les menaces incessantes des nobles. Afin d'obtenir un second tribunat, il proposa donc, par de nouvelles lois, d'abréger le iemps du service militaire, de soumettre les sentences des tribunaux à l'appel au peuple , de joindre les chevaliers aux sénateurs dans les jugements. Malheureusement , l'absence d'une grande partie du peuple annonçait un rejet certain:

» Florus, 3-1.

■ Plut.,rifc., 17.

* Cic, De clar, orat, a 5.

♦ Plut., Tib., 18.

TIBERIUS GRÀCCUUS. 547

il fut obligé d'occuper la séance par des injures que ses partisans adressèrent aux autres tribuns ; il put ainsi congédier les comices et les remit au lendemain. Ensuite il alla sur la place publique supplier les citoyens de veiller à sa sûreté, de peur que ses ennemis ne vinssent pendant la nuit forcer sa maison et le massacrer K

Le lendemain, des présages sinistres se présent^ent. Tiberius, cependant, se rendit au Capitole , où le peuple convoqué l'attendait. Il se heurta le pied contre le seuil de la porte. Il vit à quelques pas deux corbeaux qui se battaient , et, du toit où ils s'agitaient, une pien^e tomba devant lui , au milieu de la foule. C'en fut assez pour arrêter les plus bardis : Blossius seul n'en fut pas ébranlé , et lui persuada de rejoindre ses amis du Capitole, qui le pressaient de leurs messages. Quand Tiberius parut , les acclamations s^élevèrent ; on l'entoura, pour que rien de suspect ne pût rapprocher. Cependant on recueillait les suffrages sans ordre : la confusion se mettait dans l'assemblée, par l'effort que faisaient les derniers venus pour pénétrer; cet empressement cachait peut-être quelque perfidie. Dans ce moment, Fulvius Flaccus, fendant la foule avec peine , avertit Tiberius que les nobles, avec un grand nombre d'amis et d'esclaves armés , ont formé un dessein contre sa vie. Tiberius répète cela à ceux qui l'environnent. Alors chacun serre sa robe autour de soi, on s'arme au hasard de ce qu'on trouve ; la multitude , au loin , demande la cause de ces mouvements. Tiberius , pour faire comprendre le danger qui le menace, porte ses mains à sa tête. A cette vue , les aflQdés des nobles courent au sénat annoncer que le tribun demande S(mi diadème. Nasica veut que le consul Mucius Scœvola défende la république et marche contre le tyran. Le consul refuse d'employer la violence, nul ci-

> Plnc, Tib., i9«

Si8 HISTOIRE ROMAINE.

toyen ne devant périr sans jugement. Si Tiberius , dit-il , rend un plébiscite contraire aux lois, je ne le ratifierai pas. Eh bien l s'écrie Nasica , puisque le premier magistrat trahit la république , qui veut la défendre me suive ! n s'élance en même temps ; les riches se précipitent avec lui, le bras enveloppé de leur robe ; ils poussent tout ce quMls rencontrent ; leurs esclaves frappent avec des massues et des bâtons : personne ne pense à résister , tout est renversé , tout fuit. Les maîtres , ramassant les débris des bancs rompus par la foule dans cet horrible tumulte , montent vers Tiberius : plusieurs de ses amis sont tués en le défendant , les autres sont poursuivis. Tiberius , obligé de fuir aussi , abandonne sa robe aux mains du premier qui veut le saisir , s'échappe en simple tunique ; le pied lui manque, il tombe : au moment où il se relève, un de ses collègues, Satureius, lui porte un coup à la tète, avec un pied de banc : il reçut le second coup d'im Rufus , qui s'en vanta , dans la suite , comme d'un beau fait.

Tiberius ne périt pas seul , trois cents de ses partisans furent assommés. Les prières mêmes de son frère ne purent obtenir son corps pour l'enterrer pendant la nuit. On voulait outrager à plaisir l'ennemi expiré , et on le jeta dans le Tibre. Tous ceux de ses partisans qui échappèrent ce jourlà furent ensuite bannis, sans forme de procès, par le préteur Popilius *.

* Plut., Tib,, de ao à a5 ; Vell., a-a : « Tum P. Scipio Nasica , ejus, qui optimus a senatujudicatuserat, nepos; ejus, qui censor porticus in Gapitolio fecerat, filius; pronepos autem Cn. Scipionis, Pub. Africani patrui, privatuscfue et togatus, cnm esset consobrious Tib. Gracchi , patriam cognoiiooi praeferens,. . . circumdatà laevo bracchio togs lacioift, ex superiore parte Gapitolii , summis gradibus iosistens, hortatus est, qui saUam velleiit rempublicam , sequerentur. — Hoc initium in urbe Româ civilis sanguinis, gladiorumque impuoitatis fuit. Iode jus vi obrutum , poteotiorque habitus prior. »

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