CHAPITRE XXVI
petites conquêtes. — frehièlibs attaques des barbakss
du nord ; guerre de numidie. — décadence de
l'aristocratie ttrannique et YÉNALE.
La passion des Romains était de posséder ; la moindre occasion de conquête les attirait. Le sénat, par la perspective d'un triomphe, avait éloigné de Rome et de la loi agraire le consul Fulvius (125). Les ennemis de Marseille ne furent pas seulement vaincus; un autre consul, Sextius Calvinus, les contraignit à la soumission (424) , et fonda chez eux une ville romaine, Aquœ-Sextiae (123). Leur roi, expulsé , alla se plaindre aux Allobroges, situés au-delà de risère, et aux puissants Arvernes, qui tenaient le milieu de la Gaule, depuis le Rhône jusqu'à rOcéan ; peuple renommé par les chants de ses bardes et la magnificence de ses princes, qui jetaient For du haut de leur char, en parcourant les campagnes. Domitius Ahenobarbus, collègue de Fannius dans le consulat, reçut du roi arveme Bitultik une ajubassade qui demandait le rétablissement du réfugié
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et de ses sujets. Les Ëduens , peuplade qui habitait entre la 8aône et la Loire, vinrent peu après demander secours contre ces voisins redoutés. Le consul , qui avait renvoyé l'autre ambassade avec un refus , accueillit volontiers cette alliance. La guerre continua; il se livra plusieurs batailles que les Romains gagnèrent. La plus grande terreur pour les Barbares , ce firent les éléphants, a qui égalaient leur hauteur gigantesque. » Fabius , le frère de Bcipion , le collègue d'Opimius , remporta de la Gaule le surnom d' AUobrogicus (191), et orna son triomphe de la captivité de Bitultik. Ce prince, invité à une conférence dans le camp de DomitiuB, avait été retenu prisonnier. Si les Ârvernes n'osèrent point essayer de venger cette perfidie , les Romains n'osèrent pas non plus entreprendre davantage ; ils accordèrent la paix sans imposer de tribut ; ils se contentèrent du pays conquis sur les Salyens et les Allobroges ; ils en firent une province nouvelle , s'efforçant de la prolonger vers les Pyrénées pour établir une communication par terre avec l'Espagne, et bientôt, en effet, le consul Narbo Marcius éleva , comme un poste avancé de ce côté , la ville de Narbonne (118).
Une autre petite conquête récente avait aussi son importance par sa proximité de l'Espagne; c'était celle des Baléares (123). Un Metellus, consul, sous prétexte que ces sauvages insulaires avaient insulté sa flotte , les attaqua. Ils ne connaissaient d'autre arme que la fronde ; chacun en avait trois : leurs coups étaient certains , car on les exerçait dès le bas âge, l'enfant ne recevant d'autre nourriture que celle qu'il avait frappée au but montré par sa mère. Metellus, pour avoir exterminé presque toute cette petite peuplade , qu'il remplaça par des colonies , prit le surnom de Balearicus *.
• Flora», î-3; Appicn,KfX7{XN j VclI.,a-7, 9.
380 BISTOnE AOKÀIIfE. .
Fabias AUobrogicus montra aux Romains un roi k Gaule captif, Tannée môme où venait de périr G. Graccto (121). Loin de détomner les esprits d'un si cruel souveÉ; ce triomphe du frère de Scipion-Émilien devait rappelei, au contraire, et venger en quelque sorte le vainqueur i Numance.La noblesse du moins triomphait avecFabiDS^ et elle acheva pleinement sa victoire sur le peuple. De Tannée suivante, elle eut le plaisir de lui enlever son dfr nier triumvir agraire en favorisant Télévation de Caria au consulat; de faire défendre par ce consul le terrii Opioiius , cité devant les comices, dont il sortit absous; de rappeler, par Tintervention du tribun Bestia, TexiléPoi»lius; ensuite eUe abandonna Carbon, et, pour prix* sa légèreté perpétuelle, cité à son tour après sa charge, fl m put se soustraire que par une mort volontaire à la sévénlé des juges. Ces juges étaient les chevaliers , nouvellemflii maîtres des tribunaux, qui ne voulaient pas, plus que te nobles, perdre leurs possessions par la loi agraire, et qui ne condamnèrent pas moins plus tard Opimius, parce qu'il avait voulu abolir les lois de Caius, et , par conséqufiDl, les chasser eux-mêmes de la judicature ^.
Cependant un homme se fit connaître alors , qui vsM un moment de Tespoir à la multitude et de Tinquiétwe aux grands. Parmi les jeunes citoyens qui faisaient ieur première campagne au siège de Numance, Émilien en avait remarqué un qui suivait à merveille la sévère discip^ introduite dans le camp ; il le vit une fois tuer un &S0S^
• Val. Max., 3-7; Cic.,ZV clar. orat,, «7 : • Propter perpetuam in p»?'' lari raiione leTicatem , morte voluntaria se a teveriute judieum noàicii'^ El 34 : « Bestia bonis iniiiis ortus tribunatus ( nam Popilium n C. Gaff^ expulsum sua rogatione restituit ) . . . ci^emqaie praestantissimiun L* ^ nium , Gracchi interfectorem , a populo absoiutum, quum is contra fp'" studium stetiiset , Gfacchaoi judices sustuleruot. » jDe ortU., a-aS, 4o » *' ' ih clar, orut; 43«