SATURNINUS
faveur. Un Servilius Glaucia (i04) avait aboli la loi de Cœpion , et exclu encore une fois des jugements les sénateurs*. Domitius Ahenobarbus n'ayant point été choisi par les pontifes pour remplacer son père dans leur collège , ôta par un plébiscite la cooptation à tous les collèges religieux, transporta l'élection à une assemblée de dix-sept tribus , et permit même de nommer des absents (103). Le peuple , en récompense , l'élut grand-pontife*.
La même année, Marins était revenu présider les comices consulaires, et une feinte assez maladroitement jouée entre lui et le tribun Apuleius Satuminus, fit connaître un peu mieux l'homme d'Arpinum. Le tribun conseillait sans cesse au peuple de réélire Marins; celui-ci refusant avec une indifférence apparente, l'autre allait jusqu'à l'accuser de trahir la patrie par ce refus de commandement dans un si grand danger. Le peuple , qui ne comptait que sur la capacité et sur le bonheur de Marins, s'inquiéta peu du reste et le nomma pour la quatrième fois*. Satuminus ne borna pas là ses hostilités. Il établit des poursuites contre les violences publiques, et peut-être faut-il rapporter à cette époque l'institution de la question perpétuelle touchant le crime de majesté*. Il n'en voulait évidemment qu'à la noblesse; lui-même ne se prétendait pas obligé par
> Cic, Fragment de la harangtte pour Scaurus ; Slgon., De antiq. rom,^ i-i5 ; Rosin , 8-2.
* Paul Hanuce , De leg.; Vell., a-i i ; Cic, Lettre 5 à BrtUtis , De leg. agrar,, a ; Suétone , Néron , a .
2 Piut., ifar., i6.
* Cic, De orat,, ao5. H. Antoine, défendant une cause , dit : « Tumen ab ilto majestatem minutam negabani , ex quo verbo lege Àpuleia tota illa causa pendebat. i» Cic.yAAH,, Lettres fam., 7-1 1 , dit : « Il y a réellement un crime particulier de majesté , et c'est h Sylla que cette institution est tombée dans l'esprit , pour ôter la liberté d'attaquer impunément autrui par de vaincs déclamations. » Uo&in, 8-a3 , d'nprès Sigonius.
4iS HISTOIBB HOMAINB.
8ft ]oi Apuleia, oomme on le vit plus lard. Quand il fut sorti de cbarge, on essaya de le punir, lui et Glaucia; et c'était justice de chasser au moins du sénat deux hommes si méprisables pour leurs moeurs. Metellus n'y put réussir ; son collègue dans la censure s'y opposa ^ Ainsi Taristo* cratie commençait à plier, et semblait vaincue bientôt sans retour.