‹ Histoire romaine (volume 2)Chapitre 75 sur 87 · GUERRE SOCIALE · texte numérisé non relu

GUERRE SOCIALE

trie ; il en prévint les assiégés , mais il ne put leur rendre le courage et leur persuader de soutenir son attaque par une diversion. Il réussit cependant à pénétrer dans la ville au travers des Romains ; il fut certain alors qu'il n'y avait plus de ressource , reprocha inutilement à ses compatriotes leur lâcheté, s'en vengea par des meurtres , fit dresser son bûcher dans un temple, et, après avoir rassemblé ses amis à un festin , il s'empoisonna ; on le porta ensuite sur le bûcher, et on y mit le feu.

Pompeius étant rappelé pour prendre possession du consulat (89) , L. César le remplaça comme proconsul , eut à disperser vingt mille rebelles avant de resserrer de nouveau la ville fatale, et succomba aux fatigues sans J'avoir réduite. En même temps, Porcins Caton, collègue de Pompeius , après les coups redoublés dont il frappait les Marses , pouvait se vanter d'avoir surpassé le vainqueur des Teutons, lorsque, dans une dernière bataille, il périt d'un trait qu'on soupçonna parti de son armée et de la main du jeune Marius. Pompeius, de son côté, venait d'écraser quinze mille hommes qui avaient pénétré chez les Étrusques, dans l'espérance de les soulever ; il retourna, le fer et la flamme à la main, contre les Marses , les Marrucins et les Vestins ; il les soumit et ne termina cette campagne de carnage que par la ruine d'Asculum , en expiation de tant de pertes sanglantes et de villes saccagées.

De plus glorieux succès suivaient Sylla en Campanie. Cluentius, qu'il avait en tête , forcé de reculer, avait reçu un renfort de Gaulois et ramené son armée en présence. Un énorme Gaulois courant en avant pour défier les Romains, un Numide, de petite taille, le perça, et bientôt la déroute fut générale. Sylla, poursuivant jusqu'à Noie, en tua trente mille ; comme une seule porte s'ouvrit pour recevoir les fuyards, dans la peur que les vainqueurs n'entrassent avec eux, vingt mille furent encore massacrés sous les murs, et

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Cluentius ne put échapper. Sylla, d*une course rapide, passa chez les Hirpins, soumit toutes leurs villes avant que lesLucaniens arrivassent pour les secourir ; puis, se portant sur le Samnium , tourna inopinément et tailla en pièces Tarmée de Motulus , prit d^assaut en trois heures Bovianum , où résidait le conseil de la ligue ; alors, laissant son camp et la république en sûreté par tant d'exploits, il revint à Rome demander le consulat.

Le préteur Cosconius , plus loin , avait forcé Salapie et Cannes , vengé un échec devant Ganusium par une défaite signalée des Samnites près de TAufidus. Metellus , qui lui succéda, fit plus encore (88). Pompedius, Famé de tous ces efforts, ayant affranchi vingt mille esclaves et demandé le secours du roi de Pont , remuait encore FApuIie ; Metellus gagna une victoire qui fut surtout décisive par la mort de Pompedius. Les troupes qui survécurent se joignirent (relles-mêmes aux vainqueurs ; TApulie se soumit. Il ne restait plus que la guerre de Noie , cette ville servant de point d'appui aux Samnites et aux Lucaniens. Ces deux peuples seuls ne posaient point les armes; les autres, malgré leurs désastres, n'avaient pas d'ailleurs baissé la tête, ot n'avaient cédé qu'à la condition de la loi Julia , qui s'étendit successivement à toute l'Italie. Les derniers combattants l'exigèrent également , et il fallut bien y consentir. La guerre sociale s'éteignit ainsi peu à peu *.

' App., Eft^„ I ; Florus, î-i 9 ; Vell., a-iS j Diod., 3; ; voyez aussi Clo?icr ilalia antiqua*

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