‹ Histoire romaine (volume 2)Chapitre 79 sur 87 · GUERRE CIVILE · texte numérisé non relu

GUERRE CIVILE

leur repaire n'est abattu*. » La bataille fut sanglante, Faile que commandait Sylla, mise en pleine déroute, luimême manqua d'être tué : les fuyards se précipitant vers les portes de Rome, les vieillards de la ville, dans leur effroi, lâchèrent une écluse, ce qui accrut la confusion et fit périr un grand nombre de soldats et de curieux, sortis pour voir le combat. Sylla n'apprit qu'au milieu de la nuit, par un message, la complète victoire de Crassus à l'aile droite, qui avait poursuivi l'ennemi jusqu'à Antemna. Il s'y rendit: cinquante mille morts couvraient cet espace, parmi lesquels Telesinus'.

Un.corps de Samnites vint demander grâce, et, sur la réponse qu'ils devaient la mériter, ils attaquèrent leurs compagnons d'infortune ; six mille qui survécurent à cette affreuse boucherie furent conduits à Rome.

Devant Préneste on avait cru tout perdu un moment ; mais Ofella ayant reçu les têtes de Carinas et de Lamponius, atteints dans leur fuite, les montra aux assiégés, qui cessèrent toute résistance. Marins se tua n'ayant pu s'enfuir. Sylla fit mettre la tête du jeune consul à la tribune, en disant : <k II aurait dû prendre la rame avant le gouvernail. » Comme il haranguait le sénat dans le temple de Bellone , on entendit les cris d'un massacre : « Écoutez-moi, dit-il aux sénateurs, ne vous occupez pas du dehors. » On égorgeait en effet les six mille prisonniers enfermés dans l'hippodrome '. Il annonça ensuite au peu-

* Vcll., »-l8,i9.

■ LucaÎD, a«i34 <

Jam quoi apud sacri cecidêre cadavera portum ? Aut Collina tulit tiratas quoC porta catervas , Tuoc cnm pêne caput mundi rerumque potestas Mutavit translata locum , Romanaquc 8» mois Ultra Caudinas speravil vulnera furcas?

3 iipp., £/4^.j I ; Plut., Sylla, de 34 à 39 ; Florus, S-aa ; Val. Max., 9-9 ; I. W

474 HrSTOTRS ROMAmS.

pie qu'il allait rétablir la tranquillité, malâ qu'il n'épargnerait aucun de ses ennemis.

Le carnage commença ainsi dans Rome, et « qui pourrait supputer combien de citoyens assassinés alors çà et là par le premier venu * ? » combien immolés , par le consentement du vainqueur, à des haines particulières ? Au milieu de la terreur générale , un jeune Metellus eut le courage de lui représenter qu'au moins quelques uns devaientils subsister, afin qu'il eût à qui commander. « Je ne sais encore, répondit-il, quels je laisserai vivre. — Déclare aa moins quels tu veux sacrifier. — C'est ce que je ferai , reprit Sylla • ; » et il proscrivit sur-le-champ quatre-vingts sénateurs. Puis il publia successivement une liste de deux cent vingt personnes, une troisième de pareil nombre, et jusqu'à seize cents chevaliers; on vit plus de mille noms affichés. Car il « fut l'inventeur de la proscription, et le premier qui décerna des récompenses » aux meurtriers et aux dénonciateurs, et des châtiments à ceux qui sauveraient ou cacheraient un condamné, sans excepter un frère, un père ou un fils '. Il promit deux talents par meurtre, et un fils , la tête de son père à la main, pouvait réclamer ce salaire*^. Non-seulement les biens des proscrits

Dion., Pragt^,; Vell., 3-19; Lucaio , a , y. 198 1

Et tniierrt macUlaTitOVilIa Roms ,

Intrepidus taoti sedit secorus ab alto Spectator sceleris ; mùeri tôt millia Yulgi Noa piguitj unisse mori.

* F*orus,3-2s.

• Floruâ , 3-aa ; Nut., Sylla, 4o>

* App., £/<?., l; Vell., a-ao.

♦ Plut., Sylla, 40 ; App., E^4>., » ;Floms, 8-aa \ tùcaîil , »-t48 :

ItifaaJum dornini perviscera fcrrum Ettjg^it f.itttu!us ; Bdii inaduâru (laterao

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