CICÉRON CONSUL
Perdus Leoca; il se plaint de leur l&cheté, il montre que tous les soulèvements sont prêts; il n'a plus qu'à se mettre à la tête d'une armée , pourvu qu'on le délivre de Cicéron, qui dérange tous ses projets. Deux chevaliers alors se chargent du coup le matin même. Cicéron , aussitôt averti par Fulvia, foit refuser l'enlrée de sa maison à ces deux émissaires, qui se présentaient comme pour le saluer avec une troupe de faux ouvriers. Le danger croissant par l'incertitude des forces qu'avait la conspiration en Étrurie , le sénat se décide : caveant consiUes!
Après le décret, des préteurs partent avec ordre de faire des levées aux divers points menacés ; des récompenses sont promises à qui révélera le complot; des compagnies de gladiateurs sont distribuées en divers municipes, et des gardes dans la ville sous le commandement des magistrats inférieurs. Une terreur soudaine se répand : tous les plaisirs cessent; on court, on s'agite : où est l'ennemi? Quel est ce danger? La patrie est donc perdue? Catilina, payant d'audace , interrogé par un préteur , en vertu de la loi Plautia, nomme successivement trois magistrats et Cicéron môme , chez lesquels il demande à être mis en surveillance ; tous refusent. H se rend enfin au sénat , qui délibérait , sur de nouveaux indices , dans le temple de Jupiter Stator; personne ne le salue, les plus illustres sénateurs s'écartent de lui et laissent vide le banc où il se place. Alors Cicéron , ne contenant plus son indignation , l'apostrophe avec une véhémente éloquence, lui déclare que ses projets sont connus , et , dévoilant à regret la faiblesse des lois , qui Ole à un consul l'assurance de saisir et de punir un conspirateur certain , il le presse plutôt qu'il ne lui ordonne de sortir do la cité, qui ne le voit plus qu'avec horreur. Au milieu d'une foule immense, les chevaliers armés entouraient le temple , tout prêts à se jeter sur Catilina au moindre signe du consul. Le hardi mortel essaya encore de répondre.
40 HISTOIRI ROMAINE.
de nier et dMDjurlcr ce M. Tullius, ce nouveau venu à pefne citoyen. Un cri général s'élève , et le poursuit de toutes parts des noms d'ennemi et de parricide : il sort enfin « mais en menaçant , et, dans la nuit même , il alla joindre, en Étrurie,les levées de Manlius, formées de malheur^x, ardents de vengeance , anciennement dépossédés par Sylla, de brigands divers dont le pays était plein , et même de colons syllaniens , qui avaient dissipé toutes leurs rapines par la débauche ^
» Cic, I, In CatiL^ 3 , /n CaHL , n. 5, i« , i3, i8 eC »uiv. ; Plat. , Cic. « 90, ai ; Dion, 37-3o et tuiv.; Sali., CtUiL^ de ï6 à 3a ; Flonie, 4'' ! Appien, E/«^., a.