‹ Histoire romaine (volume 3)Chapitre 9 sur 102 · II · texte numérisé non relu

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bepuis Sylla cependant , depuis Tassassinat de Marins Giatidius\ cousin du père de Gicéron, n'avait-on pas assez vu? Personne, en effet, n'en était plus au soupçon depuis longtemps sur Gatilina; mais le sang coulait si souvent à Rome, la vie d'un ennemi, d'un rivai coûtait si peu, môme avant les proscriptions, et on était si familiartsô par une longue habitude avec tous les genres de débauche, qu'on n'y faisait plus attention , si les plus grands intérêts no se trouvaient compromis.

Gicéron, malgré ses sentiments d'honnêteté naturelle, avait une puissante raison de n'y pas regarder de si près. Il avait déjà, selon l'usage, annoncé ses prétentions à la candidature consulaire de l'année suivante; on savait également celle de Gatilina, et il se trompait si peu sur son compte, qu'il écrivait au sujet de Faccusation : a Si les ju- « ges déclarent qu'il ne fait pas jour à midi, Gatilina sera « certainement un compétiteur. » Quand il vit comment tournait la chose au bout de quelques jours, il consentit à plaider pour lui ; il s'y prépara : « Nous avons tous les juges a que nous voulions à la satisfaction de l'accusateur; j'esft père, Simon compétiteur est absous, qu'il s'entendra « mieux avec moi dans la poursuite commune. » Bien plus, un des consuls qui devaient périr dans la coi^juration, Torquatus, se présenta au jugement comme avocat dti Gatilina; il paraît que Gicéron ne plaida pas; il ne fut pas nécessaire sans doute : une somme d'argent avait gagné Glodius , et les juges déclarèrent l'accusé absous*.

Gaton seul se distinguait sans y songer, en faisant le contraire de tous, en remplissant rigoureusement les devoirs de sa charge; cette singularité le fit admirer. L'inlloxible questeur apportait dans l'administration du trésor un ordre inconnu depuis longtemps; il citait courageuse-

> Tn)'. clinp. xxxti.

■ Cic, // AU,f i-i, a, Pro Sylla^St, De hanisp,, 4^» Ascon., Tn tog. oancf*

CÀTaiNA. 31

ment les sicaires de Sylla, comme détenteurs des deniers publics, et les obligeait à restituer leurs odieuses gratifications; plusieurs avaient reçu jusqu^à douze mille drachmes par meurtre : accusés ensuite d'homicide , ils subissaient une condamnation capitale. César sut tirer avantage. Tannée suivante, de cette sévèrejustice (64). Président de la question chargée de juger les sicaires, il dirigeait sans relâche les recherches et les sentences sur les anciens meurtriers. Celui qui avait tué Lucretius Ofella et beaucoup d'autres ftirent punis. H sévissait ainsi contre les ennemis deAlarius^ et exerçait de véritables représailles. Catilina comparut à son tour; il était le plus coupable, et, contre l'attente générale, échappé encore à cette nouvelle accusation^ , il put enfin demander le consulat.

César avait ménagé un complice, et s^était bien gardé de détruire un si utile artisan de troubles. La conspiralion , deux fbis déconcertée , avait repris ses sanglants projots. Catilina, consul, prétendait s'emparer de l'État, préparer de nouvelles proscriptions , et partager avec ses amis toutes les fortunes et toutes les charges : il comptait sur le concours dePison, envoyé eKtraordinairement en Espagne par la faveur de Crassus, et sur celui de C. Antonius, qui demandait aussi la dignité consulaire. Plusieurs des plus importants du sénat et de l'ordre équestre, Lentulus Sura, Âutronius, Celhegus, Fui vins Nobilior , étaient à la tête du parti ; des intelligences s'étaient établies dans beaucoup de colonies et de municipes; des femmes du plus haut rang, comme Serapronia , brillantes d'esprit, d'instruction ot d'élégance, mais qui se ruinaient par le luxe et les dérèglements, avaient reçu le secret en dignes auxiliaires. Le temps des comices approchait , et la complaisance de Cicéron n'avait pu gagner Catilina, qui aimait bien mieux

» Sm'c, Ces., iiiO. Cic, De petiL consul.; Asconius, In tog, canit.i iy,(ju, 3; -40.

Si HI8T0IRB ROMAINB.

s*eateDdre avec G. Antonius. La noblesse voyait avec déplaisir la prétention de cet orateur, simple chevalier, de cet homme nouveau, de ce colon d'Arpinum, dont le père, disait-on, avait gagné sa vie aux métiers de planteur et de foulon; le consulat serait souillé par de telles mains^

Il arriva alors qu'une femme noble. Fui via, décriée par sa conduite, pénétra, aux jactances de Gurius, un des conjurés, tout le complot; eUe ep eut horreur, et en instruisit Gicéron, le plus estimable entre les candidats. L'alarme semée de nouveau dans la ville rallia Topinion de la plupart des grands à celle du peuple ; le péril fit taire Tenvie et Torgueil : «c toute Tltalie, tous les ordres, toute la cité déclarèrent, par leurs acclamations et par leurs suffrages, )» le fils du foulon premier consul. Antonius fut nommé le second*. La fureur du conspirateur s'accrut, mais il se contint et poursuivit ses préparatifs ; il amassa des armes sur divers points en Italie, emprunta de l'argent et l'envoya à son affidé Manlius dans Fésules, gagna de nouveaux partisans dans Rome parmi les femmes, par lesquelles il comptait e ntratner ou tuer leurs maris , soulever les esclaves publics et incendier la ville. Telles étaient ses dernières résolutions, s'il échouait encore dans la candidature de l'année suivante; car s'il était désigné, il espérait facilement se faire un appui d' Antonius. En attendant il dressait des embûches à Gicéron, pour se défaire du seul obstacle réel.

Jamais peut-être un consul ne s'était trouvé dans une position si périlleuse que Gicéron (65) ; et il faut convenir qu'assailli de difficultés continuelles, il les surmonta avec une rare habileté. Il se montra égal aux dangers; la gran-

• Sali., CatiL, do 17 à •! ; Dion , 36-4; Gic. Pro Murcna , A JU,^ i-i ; riut., Cic, I.

a Sali., Ca/i7., 93 ; Plut., CVr., 14; Cic, /n Piton. ^ 1.

ClCfiaON CONSUL. 53

deur des événements, et, pour tout dire, le caractère dé* cidé et les conseils courageux de sa femme Terentia , Télé-» Tèrent au-dessus de son naturel timide.

Il eut, dès son entrée en charge, à lutter contre les entreprises d'un parti que dirigeait le remuant César. Un tribun soutenait les sollicitations des enfants des proscrits , réclamait pour eux Tadmission aux dignités, et attaquait ouvertement pour la première fois les actes tyranniques de Sylla; un autre demanda Tabolition des dettes; un troisième , Servilius RuUus, mit en avant une proposition plus hardie. Depuis sa nomination , il avait pris une autre démarche, un autre air, des habits plus négligés, il lais* sait croître ses cheveux et sa barbe, portant à Tavance dans son aspect et ses regards toutes les ^menaces d'une violence tribunitienne. Il prétendait à son tour que tout ce qui était acquis au domaine public hors de Tltalie, depuis le premier consulat de Sylla , tout ce qui avait été décrété de vente par sénatus-consultes, depuis le consulat de Tullius Decula et de Corn. Dolabella, fût vendu ; que les généraux livrassent tout Tor et l'argent qu'ils avaient en ce moment entre les mains ; que , de ces sommes réunies, on achetât des terres en Italie pour les distribuer au peuple en colonies ; qu'en outre, les terres de Gampanie fussent également partagées ; que les impôts indirects fussent vendus ; que toutes ces opérations fussent confiées à des dé* cemvirs choisis par Rullus pour cinq ans, qui auraient Fautorité prétorienne sans appel , une garde de deux cents chevaliers, et seraient défrayés par le trésor. La ligue tri* bunitienne s'était assuré l'appui d'Ântonius, en lui donnant l'espoir d'être décemvir.

Cicéron courut d'abord à son collègue : 11 avait pour province désignée la Macédoine, et Ântonius la Cisalpine. En le désintéressant par un échange généreux , et lui don* nant un moyen de s'enrichir sans ruiner la république avcq

54 msTons ROHAnni.

Rullus ou Catilina, il le détacha <fcux, et IVnipècba du moins de les favoriser. Ensuite les lois présentées ne purent résister. Dans le sénat, aufjuel ces lois ne plaisaient pas, il avait aisément réduit leurs auteurs au silence ; ils rappelèrent devant le peuple. Le seul nom de partage agraire devait flatter la multitude ; les deux consuls, cités , parurent accompagnés du sénat en corps. Cicéron parla ; il montra la tyrannie et la rapine cachées sous un projet si populaire en apparence, ces « dix rois du trésor , des contributions, des provinces, ces maîtres nouveaux sous le nom de décemvirs, et sous la feinte d'une loi agraire, » les fortunes particulières enrichies, la fortune publique épuls(^c; avec une ostentation de libéralité, la liberté détruite par des tribuns, les défenseurs de la liberté constitués souverains dans la cité. Un autre objet, déjà essayé par César , était furtivement renfermé dans celui de Rullus, la spoliation dos Lagides et la disposition de l'Egypte. L'orateur démasqua lous ces grossiers artifices d'ambition et celte imitation de Sylla par des hommes qui reprochaient au consul de défendre les décisions de Sylla *. Rullus , confus , n'osa pas même convoquer pour le vote de sa loi.

César, siégeant encore dans les tribunaux, ne s'arrêta pas comme lui après cette défaite. Non content de punir les syllaniens, il alla jusqu'à vouloir venger Saturninus. 11 excita donc le tribun Labienus à se porter accusateur de Uabirius; et, pour un fait passé depuis trente-six ans, autorisé par un sénatus^consulte, pour le juste châtiment d'un ennemi public, dont l'accusé n'était môme pas Tauteiir, une première condamnation fut prononcée. Cicéron vint au secours du malheureux vieillard, plaider en comices sur appel, et, malgré son éloquence, mie condamnation eût

« Pluf. , Tic, i6, 17; Dîon , 37-25 ; Sali., Catil,, a6} Cic, fn Pison, , 22, Foy, surtout les trois discours de Cic. , De Irg. a^mr.

CICÉaON CONSIL. 35

suivi, si le préteur Melellus Celer, augure, n'eût enlevé Télendard du Janicule, ce qui rompit TasseniJblée ^.

L. Lucullus revint alors d'Asie au moment où son frère Marcus était accusé , pour avoir exécuté, dans sa questure , les ordres de SyUa. Marcus étant heureusement absous, la fureur de Taccusateur se tourna contre Tillustre vainqueur de Tigraue, qui avait été aussi un syllanien. Memmius en* treprit non-seulement de lui faire refuser le triomphe, mais de soulever contre lui une poursuite , comme ayant détourné à son profit des richesses dues au trésor, et traîné la guerre en longueur. Lucullus courait de grands risques, sans l'appui de Cicéron et sans les grands, qui se mêlèrent parmi les tribus et obtinrent, à force de prières et de brigues, le triomphe le mieux mérité de ce temps, La cérémonie eut donc lieu, et on y vit cent dix galères armées de leurs éperons d'airain, et, outre les vases et les ornements de prix, deux miUions sept cent mille drachmes , reste des sommes fournies à Pompée, aux questeurs, ou distribuées aux soldats. Lucullus donna ensuite un festin à toute la ville et aux bourgades voisines *.

Les tribuns, qui rencontraient partout Cicéron, ne perdaient pas une occasion de le contrecarrer. Livius s'opposa à la première loi Tullia contre les légations libres , dont on abusait dans les provinces , et que cette loi voulait abolir ; du moins elle en limita la durée à une année '. Le nouveau consul avait déjà pris un ascendant certain. Comme ilmcnageait avec soin l'ordre équestre , qui était le sien , il en recevait un appui zélé. Le sénat, dont il s'appliquait à maintenir la dignité , ne s'attachait pas moins à lui ; la bonne volonté du peuple ne se démentait pas. Un jour, Tancien tribun Roscius Othon étant sifflé au théâtre par l:i

» SuéU, Ccmr^ 1 2 ; Dion, 37-3C, 27 j Cîc, Pro luibinoi In Vison., a.

• Mut., hu'HllttSt 54.

' Cic., De letj., 3 ; Ru»in, 8-4*

S6 HISTOIRK ROHÀINB.

multitude et applaudi par les chevaliers, on s'obstinait de part et d'autre, on se répondait par des invectives, et la querelle s'échauffait, quand Gicéron arrive ; il appelle l'assemblée dans le temple de Bellone, blâme ce d^rdre. Le peuple , réprimandé , retourne au théâtre applaudir Othon , et ne s*inquiète plus des quatorze rangs de l'ordre équestre*. Ainsi, l'influence d'un seul honune, dominant l'opposition invétérée de trois partis, unissait la cité sous sa magistrature.

Cependant Gatilhia ourdissait patiemment ses trames , malgré un nouvel échec , la mort de Pison , assassiné par les Espagnols que ses tyrannies avaient irrités * ; il postulait encore une fois le consulat. Sulpitius, un des concurrents, demanda avec instance des mesures plus sévères contre la brigue, et, sur la proposition de Gicéron, un senatus-consulte ajouta à la loi Acilia-Galpumia un exil de dix ans contre tout sénateur convaincu, de nouvelles peines contre ceux qui se feraient payer pour aller au-devant des candidats, contre les candidats qui paieraient , qui donneraient des places dans les spectacles de gladiateurs , et des repas •. Tout cela ouvrait une voie pour accuser Gatilina et récarter ainsi. Sulpitius prépara en effet une accusation, et, négligeant sa propre candidature , ne réussit qu'à augmenter les espérances de son odieux compétiteur.

Gatilina , alerte et joyeux , suivi d'un cortège de jeunes gens, d'espions et de sicaires, se vantait d'avoir les soldats et les promesses d'Antonius, et une foule de colons accouraient pour lui d'Arretium et de Fésules : on remarquait dans ce ramas « des hommes frappés par le malheur des emps de Sylla ; à Tarrogance de leur chef, à l'atroce fu-

• Plat., Ofc, i8.

• DioQ, 36-37; SalI., Catit., 19, au

s Cic, l'ro JJrifVRa, i3, 3a i Dioo "l'ï-ag.

CICÉftON CONSUL. 37

reur de ses regards, on eût dit qu^assuré du succès, il tenait déjà dans sa maison les faisceaux consulaires. Il méprisait Murena, autre concurrent, il ne comptait plus Sulpicius que pour uu accusateur , lui annonçait vengeance et menaçait la république. « Une autre offense, dont il ne parlait pas et dont il espérait se venger plus prochainement , c'était ce sénatus-consulte qu'il regardait comme fait contre lui , et il devait tuer Gicéron , ainsi que les principaux sénateurs, aux élections mêmes. « Dans ces conjonctures, quelle GniÎDle pour les gens de bien, quel désespoir delà république, si Catilinafût devenu consul ^ ! »

Mais depuis longtemps Gicéron connaissait par Fulvia , qui savait tout par Curius, les démarches les plus secrètes des conjurés et leurs délibérations *. Il jugea qu'il était temps d'arrêter ces projets , et de nouvelles rumeurs circulèrent d'un récent conciliabule , où le chef avait osé dire que les misérables ne pouvaient trouver d'autre défenseur que lui-même, misérable comme eux ; qu'il ne fallait point compter sur les promesses des riches et des heureux, et qu'envoyant ses dettes, ce qui lui restait , et ce qu'il osait, les calamiteux devaient regarder un homme si peu timide et si calamiteux , comme leur véritable guide et leur étendard *. Ces paroles de Yinfime gladiateur étant divulguées, Gicéron fit son rapport , suspendit par un sénatus-consuite les comices du lendemain, afin que le sénat délibérât, et le jour suivant , Catilina présent, interrogé par lui s'il avait quelque chose à répondre sur ce qu'on lui imputait, ne dissimula plus : « La république , dit-il , a deux corps, run débile avec une tête infirme, l'autre fort, mais sans tète; et à celui-ci , moi vivant , puisqu'on m'en croit capa-

' Gc^ProMttrena, a4i>5> Dion, 37-99.

• Sali., CaULf 36.

' Gc.,Prt> MkrenmiSêïl,, CaiiL, ao. Saliuttese trompe évidemiBtnt en rappoiunt à fuiucc prccëdente ce coucUiabule.

il. A

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ble , une tôtc ne manquera pas. » Le sénat rentendit en gémissant et ne décida rien de vigoureux ; « les uns concluaient faiblement parce qu'ils ne craignaient pas, lesaur très parce qu'ils craignaient ; et Catilina s'en alla triomphant de joie y quand il n'aurait pas dû sortir vivant du sénat, surtout après avoir, au même lieu, peu de jours auparavant , répondu à Caton, qui le menaçait d'un jugement , que si Ton mettait le feu à sa fortune , ce ne serait pas avec de Feau, mais avec des ruines qu'il Téteindrait ^ »

Alors le consul , inquiet de se voir si peu soutenu , et sachant que Catilina viendrait avec ses coi^urés armés au Champ de Mars, descendit aussi aux comices , accompagné des principaux citoyens et d'une vaillante escorte de clievaliers ; il entr'ouvrait à dessein sa toge, laissant voir dessous une cuirasse, non pour se défendre, « car il savait que Catilina frappait à la tête et au cou , non au flanc ou au ventre,» mais pour avertir les gens de bien, par ce qu'il redoutait , de venir à son secours , ce qui ne manqua pas. Catilina ne put ni l'assassiner ni emporter le consulat; Silanus et Murena furent désignés*.

Catilina , honteusement repoussé, résolut de n'en pas endurer davantage et d'employer ses moyens extrêmes. Il fait partir ses aûidés pour l'Étrurie, lePicenum, l'Apulie et d'autres parties de la péninsule. Lui, resté à Rome, il dispose sans relâche , jour et nuit, ses plans, ses postes , ses hommes, ses armes, le carnage, l'incendie. Cependant toutes ses entreprises sont prévenues , et rien n'avait pu môme être lente encore aux ides de novembre. Il devine quelle main invisible l'arrête à chaque pas ; il réunit pendant la nuit ses principaux complices dans la maison de

1 Gic, Pro Murena, a5, aS ; Ptiit.,C/c., 19; Dion/ 37-19. • Cic, Pro ihirena^ a6; Plut., Cic, 19; Dion , Sj-ag; Cic, 1 , Îk Caii" Unam, n. 11.

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