‹ Histoire romaine (volume 3)Chapitre 13 sur 102 · II · texte numérisé non relu

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50 mSTOlU KOHAINIS.

(le plus affaiblit heureusement d'avance Finflaence de ce dangereux patricien dans sa préture très-prochaine ; aass ne le revit-on pas au sénat durant les derniers jours de cette année ^

La copjuration abattue dans Rome , que pouvait désormais Gatilina au dehors avec ses deux légions ramassées au hasard et à peine armées ? Tout dépendait de Tintérieur. Attendant de là le succès , il marchait tantôt en avant , tantôt vers la Gaule : il refusait de recevoir les esclaves dans ses troupes pour rendre son parti plus honorable, et il évitait le combat. Dès que la découverte et la mort de ses complices furent connues, ses troupes désertèrent la plupart ; il dirigea le reste à grandes journées à travers les montagnes, sur Pistoria, pour gagner secrètement la Transalpine. Metellus Geler vint du Picenum lui couper le chemin : Farmée d'Antonius arrivait de Tautre côté; Gatilina résolut de tenter d'abord la fortune contre celui qui le poursuivait, et il engagea Faction (62) avec une résolution de désespoir. Antonius, alléguant une indisposition, céda le commandement à son lieutenant Petreius. On laissa le javelot, on at* laqua sur-l&«hamp à Fépée : valeur égale , combat achar*^ né, nul ne reculait , chacun tombait à son rang. Enfin Gatilina, voyant ses cohortes rompues, ses lieutenants tués , se jeta au plus fort de la mêlée et y fht percé de coups. On le retrouva loin des siens , dans un monceau de morts ennemis ; il respirait encore, et son visage gardait la même fierté. Sa tête, envoyée à Rome, assura qu'on n'avait plus rien à craindre ; on quitta Fhabil de guerre et Fon fit des supplications aux dieux. Quelques mouvements des Italiens furent en môme temps comprimés par les préteurs *.

» Plut, CésaVy 9, Caf., 3o;Suët., César, i5.

• Sali., Cat.f de 57 à Gt ; App., £/u^., a ; Floriu, 4~< • ^^^* 1 ^^ Pison,, 3; Dion, 37-38,40,41.

aCtRON CONSUL. M

La prudaice qui avait si habilement détourné un si grand danger, paraissait gênante à plus d*un ambitieux. Catulus blâma fort Gicéron d'avoir épargné César, et s*il est vrai que le consul eût pu s*en dispenser, il eut bientôt lieu de s*en repentir. César, préteur, s*était déjà ligué contre lui avec Metellus Nepos et avec Bestia , tous deux tribuns. Bn vain , Cicéron invoqua son amitié pour les Metellus, l'abandon de la province de Cisalpine à. Celer, frère de Nepos, la médiation de Clodia, femme du premier, et de Hacia, sœur de tous deux; il reçut, le dernier jour de son consulat , le plus sensible affront. Les tribuns lui défendirent de haranguer, et ne lui permirent que le serment ordinaire; « celui qui avait puni de mort, sans laisser parler, des accusée , ne méritait pas de parler pour lui-même. » Sans se déconcerter, il changea la formule , et dit : « Je jjire que j'ai sauvé la république. » Tout le peuple applaudit, en répétant que M. TuUius avait sauvé la république. Catulus le proclama dans le sénat père de la patrie.

Le parti le plus irrité essaya un autre moyen ; Metellus proposa de rappeler sur-le-champ Pompée et son armée, pour protéger Rome contre Catilina, non encore vaincu en ce moment. Sous ce prétexte, on aurait donné un maître à TÉtat , ou plutôt un chef ostensible à une faction qui le craignait peu. Gaton opposa son veto à son tour, et relevant de ses éloges le consulat de Cicéron, le déclara aussi père de la patrie , titre décerné pour la promit fois à un citoyen ^ Metellus, toutefois, soutint son plébiselte ; Cicé* ron , harcelé de ses menaces jusque dans le sénat , n'ayant pu le fléchir par des amis communs , fut contraint d'employer la vigueur de son éloqu^oe. Le jour indiqué pour les suffrages , Metellus rangea en bataille sur le Forum une troupe d'esclaves, d'étrangers et de gladiateurs. Une

> Plut., Cic. 9o s Gic., /« Pison-t 3-

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grtondc partie du peuple et César étaient pour lui : il semiilait difficile de résister. Gaton arriva avec Minut. Thernius, son collègue, très~peu accompagné. Â la vue de ces préparatifs : « Oh! rhomme audacieux et lâche, dit-il « qui, contre un homme sans armes , a réuni tant de gens armés ; » et, se faisant passage, il alla s'asseoir entre César et Metellus. Les grands, rassurés par sa fermeté, s'encouragent et s'exhortent à ne pas Fabandonner. Caton empoche d'abord le scribe de lire la loi : Metellus se disposant à la lire lui-même , il la lui arrache. L'autre , qui la savait par cœur, veut la réciter ; Thermus lui met la main sur la bouche. Les satellites s'ébranlent, font voler les pierres et les bâtons. Caton , immobile au milieu de la tempête , ne fut sauvé que par le nouveau consul Murœa , qui le couvrit de sa toge, et parvint à l'entraîner dans le temple des Dioscures.

Tous les adversaires sont chassés. Metellus saisit le moment , fait retirer ses gens, et d'un air modeste, propose son plébiscite. Mais voici que les adversaires ralliés reviennent à grands cris : les gens de Metellus s'effraient et fuient ; Gaton remonte à la tribune, harangue le peuple ; le sénat assemblé lance contre Metellus un décret d'interdiction. César, craignant une semblable disgrâce , quitta ses licteurs , sa toge prétorienne , et se retira chez lui ; mais , deux jours après , le sénat le réintégra par prudence , en voyant l'empressement de la multitude auprès du préteur regretté. Metellus en profita ; Cicéron , pour regagner un ancien ami , contribua fort à la révocation du premier décret.

César avait grand besoin de l'affection populaire; car, â peine rétabli, Vettius et Curius le dénoncèrent comme fauteur de la conjuration ; celui-ci, sur ce qu'il avait entendu (le Catilina, l'autre, sur un billet de César lui-même à cet homme détestable. Le préteur avait repris son assurance

CÉSAK PRÉTEUR. 55

avee ses fiiisceaux ; U invoqua le témoignage de Cicéron , empécba Curlus de recevoir les récompenses promises à ses révélations ^ jeta en prison Yettius , qui faillit être mis en pièces par le peuple , et le questeur Novius pour avoir admis la poursuite du premier contre un magistrat supérieur ^ Avant la fin de sa préture, sans attendre que le commandement lui fût conféré par la loi curiate, ni que le sénat, selon Vusage, eût réglé sa province, ses troupes, sa suite, ses dépenses, il disposa son départ pour TEspagne ultérieure, qui lui était échue ; il se bâtait ainsi , soit par crainte d'une accusation nouvelle après sa charge , soit pour secourir plus vite les alliés de ce pays contre les incursions continuelles des Lusitaniens et des Callaïciens. Ses créanciers cependant Fempêchaient de quitter la ville, en retenant ses équipages. On peut juger de Ténormité de sfô dettes par un mot de lui qui courait alors : «cil ne me faut que deux cent cinquante millions de sesterces pour ne rien avoir, d U fut heureusement délivré des poursuites les plus pressantes par Grassus , qui le cautionna de huit cent trente talents. Gomme il traversait une misérable bourgade des Alpes, ses amis plaisantant sur les dignités et les rivalités de ce lieu , il leur dit sérieusement : « J'aimerais mieux être le premier ici que le second à Rome '. »

11 n'était bruit, depuis quelque temps, que du retour de Pompée ; on disait qu'il voulait entrer à Rome avec son armée , et usurper le pouvoir. Grassus affecta de le craindre , et quitta la ville avec sa famille. Déjà Pompée avait fait la singulière demande qu'on retardât l'élection des consuls, afin de solliciter en personne pour un de ses amis; ce qui fut rejeté par l'opposition de Gaton. Le conquérant

• Plut., eut. tTUttée So à33, Crasms^deio i 33; l>ion, 37 ; Snét., César, 16, 17, 18 ;Cic., Lettres funiiiêres ,5'\ , 3.

• Plut., r/jar, I a , Crastut, 8 ; Sudt., César^ 18 ; App., Tf/.p,y a.

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