‹ Histoire romaine (volume 3)Chapitre 25 sur 102 · CÉSAR EN GAULE · texte numérisé non relu

CÉSAR EN GAULE

sur une ooUine, à cinq cents pas des fortifications romaines.

Ce péril extrôme mit le comble à la gloire de César ; ce ftit de tous ses exploits celui où il montra le plus d'audace et d*babileté. D'assiégeant devenu assiégé , il avait à se défendre des deux côtés à la fois : deux attaques repoussées avec avantage rendirent Tennemi plus furieux. Un assaut général est préparé. Yercingetorix , qui voit tout de la ci» ladello , se précipite sur les retranchements intérieurs : on combat sur tous les points à la fois ; s'il y a quelque endroit Êtible^ c'est là qu'on se porte. La petite armée des Ro^ mains, distribuée en des lignes si étendues, ne peut aisé^ ment foire face partout. Le soldat, qui entend des cris der* rière lui , pendant qu'il combat , sent que son salut dépend de la valeur de ses compagnons , et il lui fout un double courage pour soutenir le danger présent, et la crainte plus forte du danger où il n'est pas. César , placé sur un poste favorable, observe tout, envoie du secours où l'on plie. Au point le plus accessible , les Gaulois plus ardents avaient réussi à combler les fossés et les pièges ; ils montaient au rempart, et deux légions n'y pouvaient plus résister ; César y envoie six cohortes avec Labienus, et court ailleurs ranimer les efforts.

Yercingetorix , d'un autre côté , avait le môme succès : des forts tHaienl pris , le rempart escaladé et coupé. Césiir y envoie le jeune Bru tus et six cohortes , puis sept avec Fabius; lui-même enfin y mène un nouveau secours au plus fort de la môlée , puis, ayant repoussé Fennemi , n^tourne soutenir Labienus. Il est reconnu à la couleur brillante do son vêtement de guerre; un cri s'élève dans les deux armées : le combat redouble. L'ennemi , chargé par une sortie de cavalerie , cède enfin et le carnage commcn« e. On présenta à César soixante-quatorze étendards, et un des chefs prisonniers, l'Arveme Vergasillaunus. Ceux de la place,

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se retirant à la vue de cette déroute, ceux du dehors se dispersèrent, et, sans la fatigue du vainqueur , ils eussent été fieuïilement exterminés. On les poursuivit le lendemain, on en prit et on en tua beaucoup. Le jour suivant, Vercingelorix se rendit à discrétion. Tous les prisonniers furent livrés aux soldats , à titre de butin , excepté les Arvemes et les Éduens , par lesquels on pouvait ramener leur pays à la soumission : c'est ce qui arriva. Les légions prirent leurs quartiers d'hiver , et César demeura lui-môme à Bibracte *. La Gaule n'était pas encore domptée. Aucune multitude ne pouvant venir à bout des Romains réunis, on concerta des soulèvements partiels pour les diviser au loin. César prévint cette conspiration , tomba d'abord sur les Bituriges, les dispersa, puis les ramena à la soumission par une victoire moins sévère (SI). Une semblable expédition dissipa lesCarnutes; une bataille obligea lesBellovaquesà demander grâce. Alors il envoya une légion en Cisalpine, où les incursions des Barbares se renouvelaient; il entra chez les Éburons, et, ne pouvant atteindre une seconde fois Ambiorix , il ravagea tout ce pays pour lui ôter tout moyen de retour ; puis il chargea Labienus de châtier les belliqueux Tréviriens, qui n'obéissaient jamais qu'à la force, et descendit vers le midi , où ses lieutenants, Fabius et Caninius, après avoir battu en diverses rencontres trois chefs loiyours remuants , Dumnacus , Drapés et Lucterius , faisaient le siège d'Uxellodunum (Capdenac) ; cette petite mais opiniâtre résistance, méritante ses yeux une punition exemplaire, il résolut de forcer la place. Uxellodimum était assise sur une hauteur escarpée; au bas coulait une rivière, dont il commença par interdire l'accès aux habitants, en y établissant un poste d'archers et de frondeurs. Il eut plus de peine à s'emparer également d'une source toute voisine des

■ GiMf, DekeU, Gall,, 7, 6D,de 75 à 90; Plut., Ces., dç ; Plor., 3-ii.

CÉSAR EN GAULJS. iOO

murs. Les habitants, par leurs efforts, n'ayant pu en empocher la ruine, le tourment de la soif les contraignit à se rendre ; tous ceux qui avaient porté les armes eurent les mains coupées. César, ne craignant point de paraître trop cruel, parce que sa douceur était assez connue, jugea nécessîure d'effrayer ainsi la révolte; sans quoi la guerre n'aurait point de fin, si on continuait à se soulever de divers côtés en même temps. Et comme il savait les Tréviriens défaits par Lobienus , il voulut visiter , pour la première fois, l'Aquitaine, dont toutes les villes reconnurent son autorité. Il alla ensuite hiverner à Ncmetocenna ( Arras) . L'année suivante (50) , il jouit enfin tranquillement de sa conquête, et, pour l'assurer, il ménagea habilement les intérêts des vaincus, les traita honorablement, combla les chefs de présents , n'imposa aucune charge nouvelle. La Gaule, fatiguée de tant de pertes, trouvant une condition meilleure dans l'obéissance, demeura en paix *. César termina ainsi à temps une entreprise si difficile, lorsque la rupture du triumvirat l'appelait en Italie, et cette guerre lui avait donné ce qu'il y avait de plus précieux pour lui, une armée qui préférait son chef à la patrie.

I César, De belL GaU., 8, de i à 49.

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