CHAPITRE XLIII
Gunu OTOM. — poirti ouflsÉ m l^itàlik.
Le 25 décembre de Tannée qui venait de finir (^), Pompée étant à Formies chez Gicéron, ils s'entretenaient tous deux des affaires publiques , et ils avaient sous les yeux Tinvective prononcée par Antoine quatre jours auparavant contre Pompée : c Voyez, disait celui-K^i, que pensez-vous « que ferait le chef une fois maître de TÉtat , quand son « questeur, sans fortune, sans soutien ici, ose dire de tel- « les choses? Quel accommodement possible? César, conc sul , même sans armée , TËtat serait bientôt bouleversé. « Une paix pareille est ce qu'il y a de plus à craindre. « Biais il aimera mieux renoncer encore cette année au « consulat et garder sa province et ses troupes. Au reste, « s'il se fâche, je m'en soucie peu ; j'ai mes forces et celles « de la république. Oh 1 l'homme impudent! continuait-il « en apostrophant César ; tu as eu ton commandement « pour dix ans , non par concession du sénat , mais par « violence et par faction : le voilà passé , ce temps fixé non
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par UDO loi, mais par ton caprice. Convenons copcnJant que ce soit une k)i, on décide on conséquence que tu auras un successeur; tu résistes et tu veux que Ton respecte tes intérêts ! Respecte donc les nôtres ! Conserveras-tu ton armée malgré le sénat, plus longtemps que le peuple ne Ta décrété? Il faudra combattre si tu ne cèiles; eh bien ! nous combattrons avec un espoir certain ou de vaincre ou de mourir libres. » Et Cicéron se rassurait en entendant un homme si vaillant, si habile et d'une telle réputation, raisonner ainsi sur les dangers d'une fausse paix. » Il voulait repousser la pensée que Tambition de PcMDpée avait étourdiment favorisé cette autre ambition , maintenant rivale ; qu'il en avait profité non moins illégalement ; qu'il s'était fait aussi proroger ses pouvoirs audelà du terme accordé ; qu'il n'avait pas un seul moment résidé dans ses provinces, et que « peut-être toute son in- « dignation avait pour cause la nécessité de quitter la « ville et de s'en aller en Espagne , si César était une se- « ronde fois consul, v
Quand Pompée n'était plus là pour lui parler, le pénétrant consulaire prévoyait très-bien les événements : a Puis- « que des malheurs qui nous menacent il y en a un iné- « vitable, lequel serait le moindre? Certainement un se- « cond consulat, malgré tout ce qu'on avait vu dans le « premier. Triste situation! cet arrangement même si dé- « testable, on ne pouvait le refuser, et si César s'en con- « tentait, les gens de bien lui en devraient de la reconnais- « sance. Ou César sera consul , ou il obtiendra son armée « et sa province avec facilité d'être élu , ou il prendra les « armes pour se venger; peut-être aura-t-il encore un « autre prétexte, quelque tribun interdit et chassé, qui se « sera réfugié vers lui : il nous attaquera au dépourvu ^ »
• C3c., jt Au» ,7-8,9.