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162 niSTOIRII KOMAINK.
César , peu après , reparut par mer devant Massilia. Les assiégùs , battus de tous côtés , avaient demandé une trêve jusqu'à son arrivée, et, contre la convention, par une sortie imprévue , ils avaient mis le feu aux travaux du dehors. Le désastre , promptement réparé , à leur grande surprise , et César présent , les réduisirent à une soumission réelle. Us durent h leur nom et à leur ancienneté d'être épargnés*.
Quelques échecs sur d'autres points affaiblissaient peu de si rapides succès. Dolabella avait été défait et C. Antonius pris dans les parages d^Illyrie par une flotte pompéienne. Curion, maître de la Sicile, que Caton n'essaya pas de défendre , eut à combattre en Afrique Varus et le roi de Mauritanie Juba : il donna imprudemment dans un piège , non loin d'Utique, succomba sous le nombre et se fit tuer; quelques hommes seulement repassèrent en Sicile. César apprit en môme temps un danger moins prévu , la révolte de la neuvième légion à Placentia : les soldats se plaignaient de n^avoir pas reçu la gratification (donativum) promise à Brundusium. Il survint aussitôt, rappela aux mutins ses largesses en Gaule, leurs promesses de fidélité, il menaça de décimer ; toute la légion demanda grâce , et ce ne fut pas sans peine que de cent vingt coupables , auteurs de la sédition , elle consentit à n'en voir punir que douze *.
Le titre de dictateur l'attendait dans Rome. Il sentit que cette distinction, devenue odieuse, lui était donnée par la crainte plus que par l'affection du peuple; il convoqua les comices, se fit élire consul avec Servilius Isauricus. Il nomma des arbitres pour estimer les possessions de chacun, parce que les dettes ne se payaient pas ; il voulait, par cette mesure , rassurer à la fois les
* Cénr, Dt bell, civ., i , de ^G à 87 , de 1 ù ai { Dioi)) 4*'*9» *>>**{ AppM F/u^., 9 ; Florut, 4-a.
* César, De bell, civ.^ a, de a3à 4i; App., E/<#., »; Qc, A ^M., ■•-la , 16; DioOi 41-401 4* > '•'•» 4i's6; Suéi., César, 69.
créanciers et les débiteurs. Des rogations tribunltiennes ou prétoriennes réintégrèrent les enf^its des proscrits et rappelèrent les bannis de la loi Pompeia , Milon seul excepté , que toute ambition redoutait. En attribuant ainsi au peuple rbonneur du bienfait, il tâchait de rendre la dictature inofTensive. Il jugea enfln plus prudent d'abdiquer après onze jours, et partit pour Brundusium , rende^vous assigné à ses troupes ; il traversa F Adriatique avec sept légions. Bibulus , arrivé trop tard pour lui fermer le passage , brûla du moins les vaisseaux revenus & Brundusium, pendant que César, reçu dans les villes de TÉpire , se dirigeait sur Dyrrachium, que Pompée se bâta de défendre. Là s'établirent les camps des deux rivaux '.
Cependant Pompée disposait de forces considérables ; avec ses levées d*italie, les restes de Tarmée de Crassus et de Gabinius, il avait réuni on2e légions, sept mille chevaliers, et il tirait des provinces et des Ëlats de TOrient un grand nombre d'auxiliaires ; il exerçait continuellement ses soldats, et les animait par son exemple et ses exhortations. Six cents galères , partagées en escadre, sous le commandement général de Bibulus, outre une multitude de vaisseaux chargés, formaient un armement invincible. 11 pouvait puiser dans les richesses de l'Orient ; son camp semblait véritablement représenta la république , non-seule-
> Gétar, Dt hêU. dv., 3-i ; Plut., Cé$»r, 4s ; App., E^.» % ; Dîmi , 4i-M, 37, S8 ; f uét., Cétaty 4* » i^'t CataulMii ; Lacain , 5-383 :
SummiiBi dktttor honoraon
Cotttifit , ec betot feeit i« coosale fiiicot. llaiiM|aÉ odinei VMM fer quas jut lempora ctftia ll«Btiinur doninU, lise primiun reperil «lat, Oui , ribi ne ferri jun ullum Ccsar abaMt, Aiuonias Tolail gladiis miccere MCurM.
. . . .Fingittolemniâ campM, El Don admiaMB dirimic suffrai^ia pl«l*ii, D«cantatque tribnt et vanft yereat m uroft.
1G& nsToms toxAixB.
mont par les rois et les princes qu^on y voyait arriver ebaquc jour à son appel , mais par le grand nombre de dignitaia*s romains, qui offraient Timage d'un sénat complet. Il avait encore l'avantage dans sa position militaire, appuyée sur des hauteurs, près du rivage par où les vivres lui venaient aisément, tandis que son ennemi ne s'en procurait qu'à grand'peine par des excursions, et qu'une croisière dans l'Adriatique lui coupait toute communication avec FItalie. Malgré la mort de Bibulns, qui succomba aux fatigues , et la division du commandement de la flotte après lui , La vigilance ne diminuait pas, et l'hiver augmentait la difficulté de la traversée pour les légions laissées à Brundusium ^
César, impatient de leur retard qui l'empêchait d^agir, résolut de les aller chercher, et, se déguisant en esclave comme un simple messager, il monta dans une barque pour passer, à la laveur de la nuit, entre la croisière procliaine; la violence des vents et des flots à l'embouchure de r Anius était si grande en ce moment, que le pilote renonça : « Va contre la tempête, lui crie alors le passager inconnu, tu portes César et sa fortune. » A ces mots, le pilote et les rameurs étonnés redoublent d'ardeur. Ce fut en vain; la mer les repoussa obstinément , se jouant de l'impétueux dépit du grand homme. Il écrivit donc à M. Antoine , à ses autres lieutenants, à ses soldats même, de s'embarquer sans plus attendre au premier vent favorable. Ils le firent et échappèrent heureusement à l'escadre pompéienne*.
Alors commença une lutte sérieuse , César ayant entrepris de bloquer le camp opposé , en tirant des lignes d'une colline à l'autre, et Pompée s'appliquant à se fortifler intérieurement et en même temps à s'étendre au dehors pour
* Ctfvar, De belt. ciV., de a k 19 ; App., fy^., * ; Dion , 4i-44*
• App., l-/u;., a; Plitc, r^ff., 41; Dion, 41, Hé 4S \ 47.