‹ Histoire romaine (volume 3)Chapitre 37 sur 102 · MEURTRE DE IK)MPÊE · texte numérisé non relu

MEURTRE DE IK)MPÊE

en délibérant à Milylône avec ses amis et sa fomino Comelia. Sa première pensée avait été de recourir aux Parthes ; Théophane objecta leur peffidie et la mort de Grassus ; TËgypte n'était qu'à trois journées , et, malgré Textréme jeunesse du roi Ptolémée-Dionysios, on devait compter sur la reconnaissance des services rendus à son père Aulctès. La plupart préféraient TAfrique et Juba , qui avait asseî prouvé son zèle. On savait déjà que tous les débris de Pharsale s'y réfugiaient. Mais le mauvais génie qui avait poussé Pompée à combattre, qui l'avait ensuite éloigné de Dyrrachium dans sa fuite , le détourna encore de la seule ressource qui lui restât ; on fit voile pour l'Egypte.

Ptolémée était à Peluse , gardant sa frontière avec une armée contre les tentatives de sa sœur Cléopâtre, qu'il avait chassée pour régner seul. On eut l'humiliation d'attendre en mer que Ptolémée délibérât avec ses courtisans : trois ignobles favoris , Photin , Achillas et Théodote , s'accordèrent à recevoir ce fugitif, mais pour le tuer, de peur de s'en faire un jour un ennemi en le refusant, ou , en lui donnant asyle, d'irriter César. Une barque se détacha de la côte; Achillas y était avec quelques soldais et deux Romains, qui avaient autrefois servi sous Pompée. Cette méprisante réception se couvrait assez mal de la difficulté des bas-fonds, impraticables pour une galère ; Pompée, ne jugeant plus la fuite possible, affecta la confiance, et descendit à l'invitation d' Achillas. Le passage se fit en silence; au moment de débarquer, il reçut par derrière un coup d'épée de Septimius, qu'il avait reconnu pour un de ses anciens centurions. Il se couvrit alors le visage de sa toge, et, sans jeter un soupir, se livra aux coups de Salvius et d' Achillas. On lui trancha la tête, on jeta son corps dépouillé sur la rive ; son affranchi Philippe, qui l'avait accompagné , lui fit un bûcher des débris d'un vieux bateau. L'ancien consul, L. Lentulus, errant aussi dans ces parages, aperçut le feu de ces

pauvres funérailles : « Quel est, se dit-il, celui qui est venu terminer ici sa destinée?» Puis, un moment après : « Hélas ! c'est peut-être Pompée. » Lui-même fut tué dès qu*il eut pris terre. Pompée avait péri à la vue de tous les siens désespérés : il fallut lever Tancre à tout risque, et se hâter de soustraire Sextus, son second fils, et Gomelia, au danger d'un pareil sort. Un vent £sivorable les sauva de la flotte égyptienne, et les porta vers la Cyrénaïque *.

' Plat., Pomp., de 74 à 86, Ces. , de 49 à Sa ; App., E^^., t • Dion , 4>'* 55 et MÎT.; Cëear, De belL civ., 3 , de 8a à 104 ; Florut, 4'*«

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