‹ Histoire romaine (volume 3)Chapitre 40 sur 102 · CHAPITRE XLVL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVL

mCTÀTlIRB BÉCSIflf ALC. — TRIOMPHES DR CtiSAR. — DERTfifeRR

DÉFAITE DU PARTI POKPfilEN.

De nouveaux honneurs attendaient à Rome ces nouvdlos victoires : quarante jours de supplications étaient déjà décrétés avec le triomphe ; quatre chevaux blancs traîneront le char; César sera préfet des mœurs pour trois ans, car la censure avilie ne paraissait plus digne de lui ; il aura la dictature pour dix ans , le droit de siéger au sénat sur la chaire curule , ainsi que les consuls , de dire le premier son avis , de donner le signal à toutes les courses de char. Ne pourrait- on pas inventer encore quelque autre distinction pour gagner sûrement sa bienveillance? En effet , on établira en son honneur un troisième collège de Luperques (ministres du dieu Pan), et on les appellera /uiiens *; on placera son char au Capitole , en fece de celui de Jupiter; on y élèvera sa statue; on représentera la terre

• Suéi.. Ces., 76; Cic, j4 Àtt, n-5 ; Dion , 44-6.

1S4 HISTOIKB ROMA15E.

S4^is sps pieds, cl Ton écrira au lias : César, demi - Heu.

Le superbe mortel prit plaisir à ces adulatioos, sans son;rer que la crainte seule pouvait en inspirer de sembla- } les; il crut Itfs justiG^T par la promesse publique d'user gtHiéreustf'mcnt du pouvoir, et il tint parole. Déjà , il avait fâr«lonné aux prisonniers les plus marquants de Pharsale, H tous ceux qui s'étaient rendus ensuite; il aTait prévenu, accueilli Cicéron avec amitié, et il pardonna encore apn>s Ici guerre d'Afrique, même à ses ennemis les plus déclarés. Il ne refusa pas au sénat le rappel de Tancien consul M. Marcellus, et se laissa toucher par le grand orateur en faveur de Ligarius. Il accorda souvent dans la suite de pareilles faveurs. Toutefois, il ne cédait qu'à des sollicitations réitérées , au lieu qu'il avait rappelé en masse tous les condamnés, et qu'il réintégra également tous ceux qui étaient dégradés par la censure *. C'est qu'il pouvait compter davantage sur leur dévouement.

De même son administration fut mêlée d'utilité publique et personnelle , d'attention à séduire, <le fermeté à réparer, d'habileté à se consolider par l'ordre rétabli dans l'État. Il fortifia les lois contre les crimes politiques ( de vi et majestaU); il rendit exclusivement les jugements aux sénateurs et aux chevaliers , et il en retira les tribuns du trésor. U fit un recensement du bas peuple , non plus selon Tusage ni dans le lieu accoutumé, mais dans chaque quartier par les propriétaires des maisons; après quoi , il réduisit de trois cent vingt mille à cent cinquante mille le nombre de ceux qui recevaient la distribution publique de blé ; et, de peur que d'autres recensements à Tavenir ne causassent des rassemblements tumultueux, il décida que tous les ans le préteur suppléerait par le sort aux décès. Huit

• Dion, 45-^7; App., Fm^., a ; Cic, Pro MarcelL, PtvUgar., Ull.famnt

ADMINISTRATION DE CÉSAR. i8o

mille habitants furent désignés pour diverses colonies H fonder même au-delà des mers , et , afin que la population n*en souiTrit pas, une loi régla que nul Romain au-dessus de vingt ans et au-dessous de quarante, qui ne serait point occupé par le service militaire, ne pourrait être absent de ritalie plus de trois ans; qu'un lils de sénateur n'en sortirait également, sinon à la suite d'un magistrat ; enfin que tous les possesseurs de pâturages prendraient au moins le tiers de leurs pâtres parmi les jeunes gens de condition libre, ce qui assurait d'ailleurs un moyen honnête de subsistance à la dernière classe. En outre , les pères de nombreux enfants eurent la promesse d*une récompense ; et , comme les recherches du luxe sont toijyours funestes aux mœurs et à l'esprit de famille, de nouveaux règlements somptuaires surveillèrent les dépenses d'édifices, d'habits, d'équipages, de repas. L'usage des litières, de la pourpre et des perles, ne fut plus permis qu'à certaines personnes, à certains âges et en certains jours; des gardes placés autour du marché pouvaient saisir les mets prohibés , et les poursuivre même jusque sur la table du festin ^

César coupa court à une foule de désordres graves et continuels par la réforme du calendrier, ce qu'il fil en vertu de sa charge de grand-pontife. Depuis des siècles, les fastes étaient intervertis et les années dérangées , par l'ignorance ou là fraude des pontifes , qui omettaient ou ajoutaient à leur gré les intercalations indispensables à la division de Numa en mois lunaires. Les fériés des moissons ne concordaient plus avec l'été , ni celles des vendanges avec l'automne. César eut recours à l'astronome Sosigène d'Alexandrie , et, d'après ses calculs, établit une

* Dion , 43, de i4 à i8, et a5; Plut., Ces., 60 ,• Suét., Ofs.» de 40 à 43» ih., Casaubon , Torreotius et Grœvius , qui redmieot reneur de Platarque sur le reccBsemeat, erreor copiée par Appiea.

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