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iuim'« solaiiv, divisée en mois de trente et de trente-un jours, avec un seul jour supplémentaire tous les quatre ans, pour répondre aux trois cent soixante -cinq jours et six heures que comprenait le cours du soleil, selon les observations de ce temps ; le jour supplémentaire devait être constamment le second sixième avant les cal^des de mars {bis sextus), d*où le nom de bissextile, dont on désigne encore Tannée où cette addition ost placée. Gomme on ne pouvait retrouver la concordance qu'en retardant de trois mois Tannée suivante, on ajouta extraordinairement ces trois dernières intercalations. L'année (46) où se fit ce changement s'appela Tannée de confusiùn ^
Tous ces actes tendaient au bien général : on en doit dire autant du titre de citoyen accordé à tous les maîtres qui enseignaient la méd^ine et les arts libéraux, et l'avantage qu'en recueillait le dictateur était plus caché mais plus certam. Son intérêt propre se montra plus évidemment et avec moins de faveur, lorsqu'il donna le droit de cité à toute sa légion d'^ laudes (Transalpins ainsi désignés à cause de Taigrette de leurs casques en huppe d'alouette); lorsqu'il compléta le sénat pour y introduire une foule d'hommes indignes ou inconnus, la plupart Gaulois; lorsqu'il créa des patriciens ; lorsque , instruit par ses succès mômes du danger d'un commandement prolongé , il restreignit dorénavant le gouvernement d'une province à une seule année pour les préteurs, à deux pour les consuls'.
I Dion,/|3-a6;Plut., Ces., 65; Suél., Ces., 4o ; ib., CMaubon , Torrenlîiis;So1iii. , 1 ; ODsoriuiii, Dedfenatati; Macrob. , i-i4 ; PHne, i8>a5; Jos. Scaliçcr, Deemend, temp,, 4. Laniiéo Julienne excMait de onie minutes quinze secoiidc^ la véritable année solaire; cetie erreur fut corrigée en i58» par le calendrier grégorien, roy, VÀri de vérifier les dates , et Scluell , Conrs d'histoire dei États européens , t. xv, p. il , et C xvii, p. i5; Ko/. Cic, A Mt., 5-9 , i3 , aur l'alHK tiet interoalntion».
• Dion , 43-25, 37 ; SucU, Ces», a4 , 41 ,.8» ; Cic, Utt.fsm*, 6-t8, ^-iS.
TRIOMPBB» BB CASAR. i87
Il pensait peut-être qu'on ne s'en <ipercp\Tait pas dans rentrainemeat de la gloire et des plaisirs , deux puissants moyens de popularité qu'un tel homme ne devait pas négliger. Au milieu de tous ces soins, i» ^ '•; M) ^ . . . phes'.leprem' ^ 'il - ercingetorix
y parut pour être égorgé ensuite i^e skhjouu lut celui de la guerre d'Afrique ; on y remarquait le fils de Juba, qui dut à son malheur de devenir un des plus savants historiens grecs. La seule image de Pompée manquait parmi celles des autres che& : il n'était pas sans danger de réveiller ce souvenir ; le peuple n'^ témoigna pas moins sa tristesse, en voyant retracée dans les peintures d'usage la fin tra* gique d'illustres citoyens, de Sclpion , de Petreius, de Galon; aussi César avait-il intercalé ce triomphe regrettable entre ceux des guerres étrangères , et il réserva pour les deux derniers les défaites de Phamace et des Égyptiens.
Par une singulière compensation d'une grandeur si pompeuse, jamais les soldats n'avaient été si hardis dans leurs chansons. César entendait derrière lui les plus injurieux brocards; cent voix bouffonnant gro6sièrem«ntt sur ses vices, lui criaient à la fin avec une malice plus sérieuse : <c Fais bien, tu seras puni ; fais mal, tu régneras, y IMon, qui vivait d^à loin de cette époque, au milieu d'habitudes presque monarchiques, rapporte qu'on admira la douc^ir du triomphateur, riant le premier de cette hardiesse. Le triomphateur ne pouvait plus faire autrement. Depuis la fondation de la république, on avait toujours rappelé ainsi à l'égalité citoyenne des hommes qui n'en devaient sortir que lx)ur un moment. C'était un droit populaire, et maintenantie peuple triomphait lui-même à sa manière de sa Ulicrté vendue, dans la personne de celui qui avait osé l'acheter. Pendant trois siècles encore, il gantera ce droit sur ceux qu'il fera les maîtres du monde, et au moins, à leurs
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funérailles, il imprimera sur l*autorité impériale cette marque d*uiie origine démocratique. De telles leçons inspirèrent peut-être quelque honte à César de sa divinité écrite au bas de sa statue, puisqu'il Feffaça de sa main.
D'immenses largesses suivirent les cérémonies : les soixante mille talents et les deux mille huit cent vingt-deux couronnes d'or qu'il y produisit, fournirent de quoi surpasser ses promesses. Chaque soldat reçut cinq mille deniers, chaque centurion le double, les tribuns et les ofliciers de cavalerie le quadruple; des terres furent assignées aux vétérans, en divers lieux cependant, afin que, dispersés, ils ne pussent inquiéter leurs voisins ni faire corps. La multitude eut pour sa part une distribution extraordinaire de blé et d'huile, cent deniers par tête, et la remise d'une année de loyer à Rome et dans toute l'Italie. Toutes les jouissances se prodiguèrent : deux festins de vingt-deux mille tables à trois lits, des combats de gladiateurs en l'honneur de Julia, des chasses où Ton vit pour la première fois une girafe, des représentations scéniques de toutes langues, des jeux de toute sorte dans le cirque, combats athlétiques, évolutions militaires, jeu troycn des jeunes nobles, danses pyrrhiques, courses de char. Enfin, un édifice construit dans une partie du Champ de Mars pour former un lac , donna le premier spectacle d'un combat naval (naumachia) par des galères de T}T et d'Egypte. Une immense voile de soie garantissait du soleil les combattants et les spectateurs. Les curieux accoururent à Rome en telle affiuence, qu'ils étaient réduits à loger sous des tentes, dans les rues et les carrefours, et que beaucoup de personnes périrent étouffées par la foule, entre autres deux sénateurs. Rien dans les temps précédents ne pouvait se comparer à ces fêtes : c'était un enivrement général.
Alors commença cet incroyable délire qui transportait
TRIOSPHES DE CÉSAR. iSO
los spectateurs jusque dans Taction des jeux. Plusieurs chevaliers, un fils de préteur et un sénateur , combattirent comme gladiateurs; le vieux Laberius n'osa refuser de jouer lui-même une de ses pièces pour faire plaisir à César. Il s'en plaignit ainsi dans son prologue : « Où la nécessité « me réduit-elle vers le déclin des ans? Moi, que ni ambi- « tion, ni largesse, ni crainte, ni force, ni puissance ne « put ébranler dans ma jeunesse, voilà que, devenu vieux, « je cède aux flatteuses paroles, aux douces sollicitations « d'un grand homme : les dieux mêmes n'ont pu rien lui Il refuser; qui souffrirait que je lui refusasse quelque « chose? Sorti cheyaUer romain de chez moi, après «c soixante ans passés sans reproche, j'y reviendrai mime; « j*ai vécu trop d'un jour. » Dans le courant de la pièce , il se vengea par ces allusions piquantes : a Quirites , nous « avons perdu la liberté... Celui-là doit en craindre beau- « coup , que beaucoup ont à craindre. » D'où venaient cependant ce chagrin et ces plaintes ? Laberius le dit publiquement : « Pourquoi , ô fortune , quand j'étais dans la vice gueur de l'âge et que je pouvais contenter le peuple et a un tel homme, pourquoi alors ne m'as-tu pas courbé « sous ta violence? Maintenant, que puis-je apporter ici? tf Quelle beauté et quelle grâce? Quel esprit et quelle « voix? n Tels étaient ses regrets, tel était en ce temps riionneur romain , celui qui avait déjà perdu la bataille de Pharsale par la peur d'une cicatrice au visage. Aussi Laberius accepta-t-il volontiers des mains de César nonseulement l'anneau d'or qui lui rendait son rang, mais une somme qui lui payait sa peine , et il repassa de la scène parmi les chevaliers. Ceux-ci se serrant pour ne pas le reœvoir, Cicéron profita de son embarras en lançant une épigramme sur les nouveaux sénateurs : « Je te ferais place, lui dit-il, si nous n'étions pas si pressés. Cela m'étonne, répliqua Laberius, car tu as toujours deux sièges pour l'ais-
190 HISTOmB EOMAnOZ.
swir. f Les chcv«aliers s'y prenaient un peu lard pour soutenir feur dignité; c'était assez à contre-temps.
Simuler les Cnrint pour vivre en Bacclutnalcs.
Le soir du dernier jour de ces fêtes, au sortir d'un festin, le dispensateur avoué de tous ces plaisirs de décadence, comme s'il eût voulu apprendre à tous qu'il élait inutile de prétendre encore quelque dignité, quand il ne restait plus d'apparence de vertu , se présenta couronné de fleurs et en pantoufles sur le Forum , d'où il fut reconduit chez lui par le peuple, à la lueur de magnifiques candélabres que portaient quarante éléphants. 0 avait récemment donné à quelques uns une leçon plus sérieuse : les soldats murmuraient de ce que ces dépenses n'étaient pas pour eux seuls; il en tua un. Tous , en effet , avaient renversé la république : il était juste que tous prissent part à la joie*.
Cependant tout ne pliait pas encore sous la domination nouvelle. L'Espagne, toujours remuante, avait donné refbge aux vaincus de Pharsale et d'Afrique. Les vexations de Q. Longinus, lieutenant de César, y avaient causé un soulèvement (48), et les anciens soldats de Pompée prenant pour chef Marct^llus ^scminus , celui-ci sut se maintenir entre les deux partis assez adroitement pour se tourner vera le vainqueur quand il le faudrait, effaçant sur les boucliers de ses soldats le nom de Pompée, et combattant
' Jttv., t, y. 3 :
Qui Curios ûmalanc et Bacchanalia viTunt
Suét., Ces,, 37, 38 , 39 , 49, 5o , Si ; App., F^f ., • ; Won , 43, 4e i$ à 14 ; iMul., r-f'j., f»o; Macrob., 3-7 ; Aul. Gell., 17-14; Pline, 9-55, i4-i5, i9-«, 8-7, 3G-I5 , Marc, i-5 :
Gon&tievore jocos vcslrî quonue ferre triumplii; llateriain diciisnec puact esae ducein.
LES FaS DB POMPÉS. 191
Longinus , évitant de détruire son adversaire et ralliant les pompéiens. L'arrivée de Labienus, de Scapuka et de Cn. Pompée avait décidé une guerre véritable, et pendant que Labienus allait seconder les efforts de Scipion en Afrique , Cneius faisait des levées nombreuses. Dans toutes les villes où il trouvait quelque riche partisan de son père, il lui imposait quelque crime, et le mettait à mort pour s'emparer de sa fortune et payer ses troupes. Il se forma ainsi une armée formidable, à laquelle ne put résister Longinus ni son successeur Trebonius.
Les défaites d'Afrique la fortifièrent encore de leurs débris^ de plusieurs cbefs déterminés comme Yarus et Labienus, et d'une flotte. Sextus déjà , depuis quelque temps, avait rejoint son frère; ils étaient maîtres delà province Ultérieure. César eut à recommencer la soumission de l'Espagne, et une quatrième campagne contre un parti tant de fois abattu. Il s'y porta à la M de Tannée (4C) , avec sa promptitude accoutumée , précédant de beaucoup ses légions d'Italie ; il acheva pendant la route son poème intitulé Voyage , dont il avait composé les premiers livres pendant son gouvernement de Gaule, lorsqu'après avoir tenu les assemblées de la Cisalpine, il retomnaait de ses quartiers d'hiver à son armée. En vingt-sept jours, il arriva prèsdeCorduba^ Sex* tus tenait garnison dans cette ville, tandis que son frère assiégeait Ulla. Sur la demande des assiégés , César leur envoya aussitôt un détachement qui s'avança, conduit par l'Espagnol Paciecus » jusqu'au camp de Cneius; un som< hre orage obscurcissait le jour, on se reconnaissait à pei** ne. Au qui-vive d'une sentinelle , on répondit : « Silafice ! nous voulons surprendre la ville , » et les hommes du dehors passèrent deux à deux. A peine entrés dans la ville,
■ Uirtius, De belL ttisp,{ Dion , 42'**'* » *^ » 4^'^ i ^PP'> ^f*9*i ' > Suée, Crt., 56.
192 HISTOIBE lOMAIKB.
ils firent une vigoureuse sortie, et Cneius, rappelé au secours de Seitns, lera le siégea
Il rencontra, en effet. César, qui avait déjà traversa* le Bélis (Quadalquivir) , couvrit à temps Cordul et détourna Tattaque sur Ategua. Des ccmbats continuels et acham('*s s'engagèrent entre les camps. Après la prise d' Ategua, les hostilités se portèrent vers Hispalis (Séville) et Munda. Goeius pouvait facilement, dans un pays montueux, éviter un engagement général et harceler son ennemi; mais il compta trop sur ses forces, ou, ce qui est plus vraisemblable , les Es^gnols se lassaient de ce système de défense et des rudes sièges qu'il fallait endurer. U présenta dooc la bataille après avoir pris une position avantageuse , et il sembla quMl ne pouvait mieux faire. Jamais, en effet , la fortune de César ne fut plus compromise (45) : le premier choc égal des deux côtés, les efforts longtemps soutenus pied contre pied, corps à corps, sans aucun avantage, les deux armées s'arrêtèrent, comme d'un commun accord, dans un profond silence. Quand on en revint aux mains. César vit bientôt ses vétérans reculer. Furieux , il saute de son cheval, il court à la première ligne retenir, ranimer des yeux , de la voix et du geste les courages ébranlés ; nul ne tient. Alors, désespéré, il arrache un bouclier , et crie aux tribuns les plus proches : « Voici pour moi la fin de la vie et pour vous de la guerre. » En même temps, il s'avance à dix pas de l'ennemi : deux cents javelots sont lancés sur lui , il esquive les uns , il reçoit les autres sur son bouclier ; son danger ramène à ses côtés les plus braves; toute l'armée revient à la charge, et le combat se rétablit. La victoire ne se décida pourtant qu'à la fin du jour. Un corps de troupes légères se dirigea sur le camp pompéien , et Labicnus , apercevant ce mouvement , détacha cinq cohortes pour
* llinîut, Dcbelh Uisp,; Cic, UU.fam^t 6-18.
batàulb de MURDA. ido
s^y opposer. Us fuient ! s'écria César. Ce mot commença la dâroute et un carnage de trente mille hommes. Labienus et Varus y périrent.
Beaucoup de fuyards se retirant dans Munda , le siège en fut aussitôt ordonné , elles césariens, harassés de fatigue , pour abréger le travail , élevèrent une circonvallation de cadavres, assiyettis par des javelots , où des boucliers étaient suspendus en guise de parapet, et tout le long, des épcos et des lances tournées en dehors, menaçaient la ville du spectacle afljreux d'un rang de têtes coupées. Les vingt mille hommes qui se trouvaient réunis dans la place se défendirent courageusement, mais il leur fut impossible d'échapper. Tous furent tués ou pris. Pendant ce temps César forçait Corduba , où Scapula se donna lui-même la mort , et plus de vingVdeux mille hommes tombèrent sous le glaive. Il reçut, le 12 avril (45), dans Hispalis, la tête de Cneius; ce malheureux était parvenu, en fuyant, à quarante lieues du champ de bataille, à Carteia, où stationnait sa flotte; mais la flotte ennemie lui fermant la mer , et une sédition agitant la ville , il se fit porter en litière dans les montagnes , car il était blessé à l'épaule et à la jambe. Là , découvert par rimprudence d'un des siens , et poursuivi jusque dans le creux d'un rocher, il vendit chèrement sa vie plutôt que de se rendre. Sextus avait quitté à temps Corduba et gagné la Celtique, où il réussit à se cacher pendant plusieurs mois *.
> Hircins , De htU.Bisp.; DioD, 4^1 de a8 à 41 ; Flonu, 4->; App., F^:^., 2.