‹ Histoire romaine (volume 3)Chapitre 46 sur 102 · PROVINCES · texte numérisé non relu

PROVINCES

entre Les laibles et ks puissants par l'égalité spirituelle , principe unique de toute liberté sociale. Les Romains, destinés à terminer ces temps d'erreur et de dureté , en de^ Yaieni accomplir toutes les conséquences pour Texemple de la tore; il fiit donné à ce peuple, né du brigandage, de poosser la victoire Jusqu'aux derniers degrés de tyrannie et de corropUoi, et lorsque Virgile proclama dans ses vers la gloire romaine.

depuis longtemps les pompes trîompbales et les profusions de tout genre avaient montré quel usage le Romain prétendait fiiire de oe glorieux em^Hre ; c'était de se repaître abondamment aux dépens des vaincus. Abuser de la fiiiblesse, ou courber la résistance pour les asservir, voilà ce qu'il appdait tenir les nations en paix, épargner les dociles et abattre les superbes ; il ne comprenait plus la gloire sans butin ni plaisirs, et, dans son brutal instinct, il avait raison, selon le droit de la force.

Donc, à mesure qne de nouveaux pays se rangeaient au nombre des provinces , au lieu de soutager les anciennes en contribuant pour leur part, toutes, au contraire, avaient plus à souffrir ; car, en augmentant les tributs, elles augmentaient l'avidité, et, de plus, la guerre sociale avait admis les Italiens au partage en les faisant citoyens. De là cet empressement à obtenir un titre si heureux, cette constante pratique d'en gratifier des étrangers , même des traîtres , qui avaient aidé un grand succès , et , dans les derniers

Tu, regere imperio populot , Bomane , mémento. Ha tibi rruul artes , pacifique imponerc morem , Parcere subjectb et dcbellare superbon.

il G DISTOHE mOXA»E.

temps , cette facile générosité des chefe ambitieux à multiplier une pareille récompense. Comme aux yeux d*Aiinibal , quiconque frappait t ennemi Hait Carthaginois^ ainsi, quiconque servait la conquête romaine pouvait être Romain. Quand on avait entendu Gicéron soutenir pour FEspagnol Balbus ce titre accordé par Pompée , rappeler tous les exemples précédents , et, outre les admissions individuelles, celles de villes entières, celles de deux cohortes de Camertiens par Pompeius Strabon, de toute une légion d'Héraclécns par Crassus \ on avait assez mauvaise grâce à blâmer César du même avantage conféré à sa légicm gauloise : les Alaudes ne méritaient -ils pas d'être citoyens aussi bien que Mutines, que les vieux Albains mêmes , et les soldats gaulois d'entrer au sénat aussi bien qu'autrefois le Sabin Appius Clausus , que les Furius de Médullie et les Sulpitius de Camérie?

C'était bien peu de privilégiés en comparaison de ce qui restait sous le joug. Gouverneurs . publicains , députés libres, citoyens romains, employés subalternes, captivaient les malheureux habitants des provinces sous un vaste réseau d'exactions, pour en dévorer à l'envi la substance. Le commerce, méprisé dans Rome et abandonné ainsi que les métiers aux affranchis, aux étrangers, à la populace et aux esclaves , n'offrait point un grand moyen de fortune au citoyen, qui ne tirait là d'un titre commun aucun avantage pour aucune industrie ; mais, hors de l'Italie, le citoyen romain , au milieu d'une population soumise , se trouvait puissant par cette seule qualité , qui le mettait au-dessus de tout ce qu'il y avait de plus honorable ; à peu près indépendant de toute juridiction locale, le plus souvent favorisé des magistrats contre lesquels il pouvait motiver, appuyer une accusation à la lin de leur charge , il

> Cic, Pro Balbo , n. 5o et 5i«

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