PROVINCES
faisait do lout négoce un monopole. Aussi, un grand nombre de marchands romains , comme on Ta vu précédemment, résidaient en Numidie , à Ulique , en Asie, partout; et nulle injustice ne leur coûtait pour contenter leurs cupidités de tout genre. « La Narlwnnaise, » avant les conquêtes do César, a était pleine de négociants romains ; pas « un Gaulois n'entreprenait la moindre affaire sans un ci- « toyen romain ; pas un écu ne circulait dans la Gaule qui « ne fût mentionné sur les registres d'un citoyen romain *. « Dans Apollonide, Decianus, financier, s'était montré pire « que Mitbridate ; il avait convoité un domaine, celui d'A- « myntas , l'homme le plus considéré de la ville pour la « naissance, le rang , le caractère et la fortune : il flatta la « belle -mère, femme d'un esprit borné, fit assassiner « Amyntas, épousa sa veuve , se mit en possession de ses « biens , et jouit publiquement d'un tel crime '. 9 De plus grands abus suivaient naturellement une plus grande dignité. Les pauvres nations tremblaient si quelque personnage leur arrivait de Rome , muni d'une légation libre , pour recueillir quelque héritage, recouvrer une créance, poursuivre quelque intérêt personnel : car elles savaient bien ce qu'on pouvait oser sous ce titre purement honorifique*.
C'étaient là leurs moindres maux. Légalement affermées aux diverses compagnies de publicains , que n'avaient-elles pas à souffrir de leurs exactions permanentes ? Toute r Asie-Mineure ne s'était pas soulevée avec Mitbridate, et n'avait pas massacré cent mille Romains sans suget. Les gouverneurs seuls avaient autorité pour adoucir
* Cic, J^ Fonteio , 4 « un peu plus loin est ce putsge cnrienx : •< Non modo cum summis civitatis vins , sed cum inlimo cive Romaoo qoiiquam amplissimos Gallue comparandus est 2 »
* Cic, Pto fUuxOf 99 , 3o.
* Cic, »• De leg. «^r., 17.