‹ Histoire romaine (volume 3)Chapitre 5 sur 102 · II · texte numérisé non relu

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crainte des dieux grecs et romains. Us avaient déjà pris et rançonné pius de quatre cents villes ; noD-seulement 'ù& interceptaient les convois^ et Rome avait k redouter la fomine, mais ils insultaient sa puissance. Plus de communication assurée par mer, pas même avec la Sicile; on ne pouvait plus risquer une armée sur le détroit de Brundusium que dans le fort de Thiver. Us ne tenaient compte de la dignité de leui*s captifs que pour régler la rançon; ils en étaient venus à se faire un jeu de noyer un Romain. Si un prisonnier se réclamait de ce nom fameux , les pirates pro> naient un air d'étonnement et de crainte. Us se jetaient à ses genoux , lui demandaient pardon , lui mettaient une toge, et, lui disant qu'il était libre de partir , ils plaçaient une échelle devant lui au bord de leur navire : il fallait descendre ou être précipité.

Enfin , ils ne respectèrent pas môme F Italie : ils ravagèrent Gaïetc en présence d'un préteur; ils ravagèrent Ostie , après avoir coulé ou pris une flotte commandée par un consul ; ils enlevèrent deux préteurs avec leurs licteurs , la fille d'Àntonius, plusieurs dames romaines dans leurs villa;, et deux corps de troupes avec leurs aigles. La voie Appienne n'était pas plus sûre que les ports. Cependant on entendait partout, le long des rivages, retentir des instruments joyeux; ils avaient des poupes dorées, des rames argentées, des tapis de pourpre : c'était ainsi qu'ils faisaient trophée de leur brigandage*.

Gabinius proposa donc de donner à. Pompée, avec des levées et de l'argent, le commandement de toutes les forces maritimes, l'autorité sur toutes les côtes jusqu'à quatre cents stades de la mer, sans aucun compte à rendre. Le peuple applaudit; de toute la noblesse. César seul approu-

• IMut., Pomp.^il, a4 i App., Ciurrcs Je }UtIiritkU€i Florus, i-Cj CiiCy F»v Icg. ilunil.t M» la, iS.

LBS PIBATES. 15

va, ])arce qoe cela plaisait au peuple, et que cet exemple de pouvoirs extraordinaires était commode pour Favenir. Les autres se récrièrent avec force ; un des consuls dit que Pompée imitait Romulus, et finirait comme lui; il faillit être mis en pièces. La multitude impatientée couvrit bientôt de ses clameurs toutes les oppositions; la loi enfin votée mit à la disposition de Pompée six mille talents, tous les navires , vingt-quatre sénateurs pour lieutenants : le consul Pison ayant cherché vainement à ruiner les préparatifs, se vit menacer d'un décret de destitution par Gabinius, et il Feûtsuhi sans Tintervention de Pompée.

Le nouveau commandant des mers justifia les espérances du peuple : à peine eut-il mis la main à l'œuvre, que le prix du blé baissa. Il divisa toute la Méditerranée en treize régions, à chacune desquelles il assigna une escadre; en quarante jours, tout ce qui se trouvait de pirates entre l'Espagne, l'Afrique et l'Italie, ftit enveloppé comme dans un filet : il partit ensuite pour l'Orient. Plusieurs chefs qui restaient encore se rendirent sur le bruit de sa clémence; la plupart ayant mis leurs familles et leurs trésors en sûreté dans les forteresses du Taurus , l'attendirent devant Ck)raoesium (66); ils furent vaincus, obligés de so soumettre, et, pour détruire leur habitude vagabonde , il les dispersa loin de la mer en diverses villes, les apprivoisant à la terre par les occupations de la vie agricole.

Cette seconde expédition ne dura pas plus de quaranteneuf jours ^ une ambition ordinaire eût été satisfaite d'un n^ultat si brillant, quoique peu difficile; Pompée ne pou-

* Plot, Pomp.f de 25 à 39 ; App.» Guerres de Mithridate ;Cic.y Pro leg. Man., 19, i5 ; Flonu, 3-6 ; Appicn et PIntarque indiquent quarnntr-ncnf joun pour Texpëdition occiiicntule , Cirornn qunranl(^-ncuf pour Tnipédilton de Cilicie, et Platarque ajoute que tout ccb ne dura p.i«plu9 de trois mois.

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