‹ Histoire romaine (volume 3)Chapitre 51 sur 102 · LÉGALE · texte numérisé non relu

LÉGALE

STjl se rencontrait , de loin en loin , un homme intègre , il n*acceptait pas sans répugnance la mission de réparer l:int d^iniqiiités, et, après deux ou trois ans de repos, les vexations et la rapine recommençaient. Ainsi Octavius , le père du premier empereur romain , avait consolé un moniint la Macédoine des brigandages de C. Antonius , le col- It'giie de Cicéron dans le consulat. «On avait vu alors, pour « la première fois , le licteur immobile et Thuissier silen- « c.vux près d*un proconsul. Chacun parlait librement, autt lant de fois et aussi longtemps qu'il désirait; les syllaa niens étaient contraints de restituer ce qu'ils avaient ravi a par terreur et violence ; ceux qui avaient porté dos dé- « crets injustes dans leur magistrature, en subissaient , à « leur tour, la dureté dans la condition privée. — Il est « JM»au , (*cnvait Cicéron , vers le même temps, à son frère « ytiinlus, proconsul d'Asie (rU)), d'avoir joui pendant

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« trois ans de cette autorité absolue , sans avoir été tenté « de manquer à la probité ni à la justice , par les ouvrages « de peinture et de sculpture , par les vases et les vôte- « monts de prix , par la volupté, l'argent ou les esclaves. « Quoi de plus grand que de voir tes sujets non effrayés ni « ruinés par tes voyages ! d'être reçu avec joie comme un « hôte , non comme un voleur !... Si tu as un officier ava- « re, ferme les yeux sur ses négligences, sans permettre « qu'il abuse de ton pouvoir... Que tes esclaves marclient « dans ta province comme s'ils étalait sur la voie Appien- « no; ne leur donne aucune part aux affaires publiques... « On te loue d'avoir réprimé le vol et le meurtre, d'avoir a mis la fortune des riches à couvert de la calomnie... d'a- « voir surtout délivré l'Asie de l'injuste et onéreuse contri- « bution qu'elle payait aux édiles pour les jeux. Si un no- « ble se plaint ici tout haut que tu lui as ravi ainsi deux « cent mille sesterces , combien en coûterait-il à la pro- « vince, si on s'habituait à lever de tels impôts au profit « de tous ceux qui célèbrent des jeux!.. Je me figure ([ue les « publicains ne sont pas pour toi un petit obstacle. Prendre « parti contre eux , c'est aliéner de la république et de nous « un corps auquel nous avons de grandes obligations , et « que nous avons attaché à la république ; leur lâcher la a bride , c'est consentir à la ruine de ceux que nous de- « vons conserver... Je sais combien ils pèsent sur les alliés, « j'en juge par les murmures qu'on a entendus ici quand « il s'agit récemment d'abolir les péages; on accusait « moins l'impôt que les vexations des exacteurs... Pour a contenter les publicains sans ruiner les alliés, il ne faut « pas moins qu'une vertu divine. »

Néanmoins Cicéron n'était pas sans appréhension sur

l'humeur emportée de Quintus et l'influence qu'il laissait

à un afrranchi ; il sentait quel mal pouvait naître de ces

deux seuls dangers pour une contrée où tout dépendait de

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la volonté d'un homme. Lui-même, d'aiUours, qui Fencourageait à supporter un commandement de trois années, ne désirait, quand il partit à son tour pour la Cilicie, que de revenir au plus vite ^ 11 calma les Ciliciens sollicités à la révolte par les succès des Panhes ; sa justice et son affabilité lui méritèrent de grands éloges. Sa maison était sans portier; on ne le trouvait jamais au lit: il se levait matin et se promenait devant sa porte, où il recevait quiconque se présentait. On ne vit point, tant qu'il gouverna, de robe décbii-ée, ni d'homme battu de verges *. Pendant sa route en Grèce, il avait évité d'être à charge aux villes et aux particuliers; aussi fut -il admirablement reçu en Asie. Il trouva sa malheureuse province saignée, épuisée, expirante sous la main d'Appius , des préfets , des lieutenants et de tous les gens de ce proconsul. Que de rapines, d'outrag(-s, d'infamies!

« Quoique je ne touche point à ces plaies, écrîvait-il, « elles paraissent et ne se peuvent cacher. Ce ne sont que c pleui^, gémissements, traces monstrueuses , non d'un « homme, mais d'une béte cruelle. Ces pauvres villes ont « la vie à dégoût; néanmoins elles sont soulagées, parce « qu'elles ne font aucune dépense pour nous, nos lieute- « nants, notre questeur, ni pei'sonne.Nous ne pi'enons point « de fourrage, ni rien de ce que la loi Julia nous accorde , « pas même le bois; nous ne demandons que le logement « et quatre lits , encore le plus souvent nous dcmeuix)ns « sous nos tentes. Mon lieutenant, L. Tullius, a seul pro- « fité de la loi à chaque couchée , mais non comme fai- « salent les autres précédemment dans toutes les bour- « gades où ils passaient. On accourt à nous avec un em-

* Cie., A ÇiÙHt,^ t-i , 9 , A AU,^ 5-^, 1 1 , 1 3 , i5 , 17, 18 , ct|MU«iM ,

• iM«u.,ric., 47.

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