CHAPITRE LI
JUSTICB y ADMINISTRATION A ROME ; MOBCRS PURLIQUES.
Avant cette époque d'anarchie^ nulle plainte, nul recours n'était déjà plus possible à Rome K Certes , ce n'était pas qu'il manquât de lois, de tribunaux , ni de procès. Jamais on ne vit autant de poursuites judiciaires ; les accusations de concussion et d'(Àu8 de pouvoir étaient aussi fréquentes que celles de brigue, de violence puUique, d'asipoison» nemcnt^ de foux témoignage et de débauche. C'était un usage que les jeunes gens, pour se faire connaître, intentassent une action contre les magistrats sortant d'un gouvernement, du moins depuis le procès de Verres, car auparavant de longues années s'étaient écoulées sans que personne songeât à poursuivre un concussionnaire ; on n'en prit pas ensuite les concussions plus au sérieux *•
* Cic, AÇuintt, i-i.
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Mais il o*iHait pas fiiciJe «Tatteindre le pins petit oppresser au milieu de tous ks ménagemeiits de paienlé, d'amitié, d^intérêt, de parti, d^ambition, de prudence, oîi ks puissants se trouvaient engagés par leur seule position, et que chacun réclamait à titre muluel pour soi et pour les K'mis. Yatinius, réconcilié avec Cicéron, et proconsul d*A- Kîe , lui adressait cette réponse touchant une reocmmandation (45) : « Y penses-tu ? Reçois-tu des clients de celle « sorte? L*homme le plus cruel, qui a tué, pris, ruiné tant « de citoyens , de mères de famille , qui a ravagé des « provinces? Ce singe avait pris les armes contre moi , je « rai lait mon prisonnier... Cependant, pour toi, je renonce « à le punir ; je faccorde la grâce d'un homme que je des- « tinaîs au supplice. Mais que dire à ceux qui se plaignent « du pillage de leurs biens, de la mort de leurs frères, de « leurs enfants, de leurs parents? Quand j^aurais Feffron- « terie d'Appius, je ne pourrais soutenir leurs reproches... « Nimporte , je ferai ponctuellement ce que tu me daman- « des ^ »
On ne saurait imaginer à quelle gène obséquieuse se pliait Cicéron pour ce même Appius, si on ne lisait cela dans ses lettres. Il désirait soulager les villes de Cilicie des frais que causaient les députations en Thonneur de cet odieux gouverneur; il disait qu' Appius ne devait qu'à son propre mérite les louanges qu*il avait reçues dans le sénat et devant le peuple , et non pas au témoignage des habitants de Myndes ; que d'ailleurs, de toutes ces députations, il ne se rappelait pas une seule à laquelle on eût donné Toccasion et le temps de prononcer un panégyrique. Mais il HO gardait bien de désapprouver ni d'empôcher de telles démarches : il a grand soin d'en assurer Appius. Il loue les libéralités d' Appius dans la province ; il le félicite du
* roycz lot Ult.fum, de Cio,, 5-io,