SPECTACLES
tiens ^ Un grand nombre de Romains ne vivaient que de la vente de leurs suffrages. Ce n'était point assez ; on disputait encore de profusions par des fêtes qui sollicitaient non moins efficacement la faveur populaire.
Lorsque chaque année ramenait les solennités accoutumées , lorsque survenait en outre quelque célébration ou funèbre ou votive , les Romains allaient avidement lire les affiches qui en annonçaient le détail, les jeux divers, le nombre et les noms des couples de gladiateurs ". Tous couraient à ces réjouissances, magistrats, sénateurs, matrones, vestales, avec autant d'empressement que le vulgaire. Là, ces maîtres du monde étalaient dans une sensualité frivole et féroce, toute l'insolence et l'avilissement d'une volonté sans frein. Calulus, le premier, eut l'attention flatteuse de tendre au-dessus de leurs têteâ des voiles de pourpre; ce qui fut bientôt surpassé par César. Glodius onia de peintures les planches autrefois nues du théâtre. C. Antonius garnit le sien en argent, Petreius en or, Catulus en ivoire; les Lucullus rendirent mobile la construction scénîque. A celle de Scaurus, qui fut le modèle du Colisée , quatre-vingt mille spectateurs trouvèrent place en trois étages, le premier incrusté de marbre, le second de verre, le troisième doré, le tout soutenu par trois cent soixante colonnes de marbre entremêlées de trois mille statues de bronze. Outre les drames, représentés avec une richesse inouïe de costume, on y vit pour la première fois un combat d'athlètes , puis, sur un canal creusé exprès, la chasse d'un hippopotame et de cinq crocodiles ; enfin le cirque offrit celle de cent cinquante panthères (58). Ces raretés, qui
* Qc, Pro Mnrena, \9, ai , 3a, 34, 35, 36, De sign.^ ao, Pro PUnciOf i5« i8, Pro SexLy 49, A Àtt.,/^'i5 , 16, 1-7; PlaU, Cat., a6«
* Cic, i«/n F'err.f 10 , Pro Mur., 18, /» Faiin,^ i5; SuéC, Cés.^ a6j Tac., An%.f 3-37 ; Sdn^., UU,, 97.