‹ Histoire romaine (volume 3)Chapitre 61 sur 102 · II · texte numérisé non relu

II

±^i6 BSTOIO

AUkus falsàîi U trafic des glâ^ii^tems ei pcèlait â Uiriire^ Les idojls riches, à p*)iis l'jrte raisoo, poussés par uœ émuiaiKjD de lux<: et «k j'jtiissAOce, s^efiorçaieni «Tacquérir s^ms [hos de scrupuk-. L* usure etail la Toie la plus commode, et la sjpifrbe cité n'en soufirait guère moins que les proTÎDces. La variation du taux de rargeni par œUe des évèoements semble avoir fait du prêt particulier <^iez les Bomains une espèce de jf-u , qui a queique rpssemhiaisoe a? ec les cbaoces des fonds publics dans les États modernes*.

Le temps était bon pour les usuriers; les dissipateurs ne manquaient pas; mais, minés ou enrichis, ambitieux ou paisibles, n(d>lesse et peuple, esprits cultivés ou Yulgaires, la vie de tous était la même. Les affaires ne se s^ttraient plus des plaisirs ; nulle retenue pour aucune passion ; les liens sociaux n'avaient pas plus de force que les li^as politiques. La répudiation réciproque avait passé en droit; les mariages se rompaient sans cesse par vanité, par ambition, par cupidité, par d'impudents caprices. « Paula « Yaleria, écrivait CœliusàCicéron, s'est séparée de son « mari sans aucune raison, le jour même qu'il revenait de c sa province; elle doit se remarier à D. Brutus: sa doi « n'était point racore payée. Depuis ton absence, il s*est

■ Cic. , AjiU.t S-t9 1 4-4 ^û et i5.

* Cic., A Jti*, 4''St vo/A ci dcMiu, ckap. li; Horace, StU,, i-s,

Fnfidiiii vappae femam timet ac nebulonis , DiTM affrit, dives, po^itis in fœoore nummu, (Ruinas hic capiti mercede»exsecat; atque ^anto perditior quisquc est , unio acrius ur|^C

Perte, 5, t. 1491

Quid pctitT ut nuDimi, quos liic quincunce modcsto Mutrieras, perganlavidos tuJarc dcuaced.

INFAMIES ; INFLUSNCE GBBCQUE. 267

« passé bien des choses incroyables en ce genre ^ i» Tout ^ néanmoins, était devenu croyable depuis Sylla ; meurtres, empoisonnements, tous les crimes, toutes les infamies , trouvaient un secours et un encouragement dans le di* vorce. Le plaidoyer de Gicéron pour Gluentius , dans une de ces causes dont les tribunaux romains retentissaient Journellement, en fournit une des plus horribles preuves. Il serait impossible de décrire les turpitudes de Grassus, d'Âppius, de Gurion, de Gabinlus, de Glodius et de ses sœurs , et de tant de femmes du plus haut rang ; les sordides orgies de Pison , de Metellus Scipion , de Biarc-Antoine, les uns parfumés et fardés, raffinant leur débauche, les autres « s'enivrant jusque dans les tavernes, ou buvant « et vomissant chez eux, avec leurs mimes et leur infection « de Grecs \ » La vie de Rome n'était plus qu'une perpétuelle bacchanale.

n n*en pouvait être autremœt : toute prospérité maté-

* Clc, Lett.fam,t 8-7; Hor. , Od., 3-6:

FMuoda colpM «Bcala noptias Primum inquinavdre et genos et domos; Hoc fonte derÏTata cla<jlet , In patriam populumque fluxit... , etc.

• Ft^. mon article du divorce ; Sali. , duU,, 11, i3, 16, a3, a4i 4^* •^. # 63; Cic, Pro Cœlio, Pro Ctment., InPiion.^ 6, 9, 10, 11, 16, «a, a5, 37, Phiiipp; 9-18, s4^ iSyProSext. , 8, Pro Place, ^ ai ; Plut., 5)rl/.,45, lueiii., 55, CaUt 39 ; Val. Max., 9-1 ; Lacaio, i-i58 :

Hae docibosMiberanCeanuB, sedpublica belli Semioa, qua populos semper mertére poteotes. Namque ut opea oimiaa mundo fortnna snbacto Iniulit, et rébus mores cesaéresecundit, Pnedaqoe hostiles luxum suasére rapinae ; ...... Tuac longos jungere fines

Agrorumet quoodam duro sulcnta Camilli Vomere et antiquos Curiorum passa ligones I^nga sub ignotis exteuderc rura colonis. Mensu raque jn ris

âdS msToms romains.

riclle énerve et dîesout les âmes. Mais encore Rome ne prenait pas seulement aux nations vaincues toutes leurs voluptés; par le principe même de son accroissement, elle élait toij^ours inévitablement contrainte à se recruter de ses sujets. Chassant de Tltalie Fagriculture par le luxe, et épuisant Tancienne population dans ses guerres civiles , elle levait à Foccident des soldats, à Torient des honmnes d'art et de plaisir. En vain n*employait-elle leurs services qu'à titre d'obligation et de dépendance; elle avait beau affecter le plus grand mépris pour les Grecs en particulier, assujettir partout le « manteau grec à la toge, » ne parl^ publiquement aux Grecs qu'en latin , les forcer de ne parler à ses magistrats que par interprètes, désigner le Lydien et le Mysien comme le type de Tesclave, répéter sans cesse avec une insultante complaisance que si on voulait taitar une expérience périlleuse, il fallait la faire sur un Carien, et qu'un « Phrygien battu en devenait meilleur; » la langue grecque n'en élait pas moins d'un usage habituel dans ses murs; le sénat môme écouta le rhéteur Molon sans interprète. Le mot du père de Cicéron se vériflait tous les jours : « Nos citoyens ressemblent aux marchands syriens: qui sait mieux le grec est aussi le pire^ » Ces hommes méprisés dominaient déjà leurs maîtres par leur souplesse et

Vit erat : hinc leçes et plébiscita coacta Etcum coDsulibut turbantes joratribuni.

Hinc rapii pretio fascec, seciorque favoris Ipse tui populiu, lethalisque ambilus urbi Annua veoali réfèrent ccrta mina campo ; Hinc utura voraz, avidumque in teinpore fœnut. Et concuita fidos, et multit utile belium.

> Val. Nax., 9-2; Cic, In Ferr., De sign,^ 66, Pro /Y«oc., 97, DeormU , t-66; Plaul., Jfojfe//., 3i, CWir., 3o5; Perte, 1-67:

Nugari tolitot ffrœce.,*

Uor., ^af., a-io :

.... Vel si romanafatiget Mililia assueliim grœcan.

LUXS DBS RBPA9. 269

leurs délices; les autres , plus utiles et plus dévoués à leurs chefs dans les armées, en excitaient Tambition, et tous, entrant successivement dans la cité, la remplissaient de la lie du monde, en minaient Tunité, et même, sans être encore citoyens, décidaient de tout et disposaient de^l'Ëtat. Ainsi, la servitude corrompait la puissance, et de Toppression même commençait à sortir la vengeance des opprimés^

Quel moyen de remédier au mal? car on le sentait, et il n'est point de jour dans la vie où Fhomme le plus pervers ne demande de la vertu aux autres. Les règlements continuels du sénat contre les désordres des comices n'avaient servi à rien'. La législation ne pouvait davantage. Les lois

■ App., Efc^.*, a : Tlafitfjii'^U vl yàf ï^riv if in *tl r\»9oc vff-o (t-

Liicaio, 7-404 :

Nnlloqae freqaentem Cir< tuo RoBuim* led mandi feco replelam.

JuT., 6-3 13 i

Pnettabat castat humil» fortuna latinat

Quondam, nac vitiis cootingi panra tinebat

Teclalabor, •omniquebrerea, etTelleretiuco

Venue dorsque maons, ac proximut urbi

Annibal, eC tlanlcsCollioa in turre mariti.

NuDC patîmur lon^ pacu mala : laeTior armis

Luxuria incnbuic, ? iciamqoe ulciicitur orbem.

Nulium crimen abett facinusqoe libidiou, ex quo

Piiupertat romana périt ; hinc fluxit ail istos

El Sybaris colles, hinc et Rhodoe, et Miletos

Atque coronalum, et pétulant madidumque Tarentam«

Prima peregrinoe obscœna pecuoia mores

Intnlit, et turpi fregerunt aecula luxa

Difitia moUes.

Foy. encore Sat^ 3-6o.

• Cic.,Pn» ATur., 34, 3S, Pro Plane, i8. In Fatin,, i5; Piaf., Cai,, 11, ««.

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