‹ Histoire romaine (volume 3)Chapitre 62 sur 102 · II · texte numérisé non relu

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ks r4us nèrhe&mmimUÀûa H «ortoi, dteil tombutt Hor-

ttfiMus. Cbsujue aoiM dt^kiissoiiiptBÛPeséUicntfiutes, et cb-'Cuo h^iM*Âai\ à ks du^ier. Liciiiiiis ayant pnrtiibé cerUins aliioerits, • Ws ToîGp^.ueox inTmlèrenl desassaî- « JSOfiDemeDts si déikats pour les moQSStTQOB , les petilsf cIk^ux et toutes sortes a berbes, qa^OD ne pouTait rien « manger de plus débcicux. » Ck«rai raconte qu^îl est loïulié sur un de ces mets dans un festin angnraL, qu^îl en a été jnalade, et il s'en prend asses ptowaimnent à la kt récente ; € Moi, qui m'atetenaîa des boltns et des taon» « prmes, je me sois laissé imndie aux cardons et anx • mauves. »

Ctthon et César étaUirent des restrictionB plnséteDâiies et plus rigoureuses, fixant les sommes qu'on ne pouvait dépasser en repas, en habits, en équipages et en constructions. € Si la loi deCurion est reçue, écrivait Cioéroo, c Vedius sera taxé pour ses esclaves à plus de cent mille « sesterces. » Lui-même, de son cMé, consentait à Famende pour bâtir un temple à sa fille. Rien ne se râbrmait : l'exemple des réformateurs eût seul détruit leurs règlements. César se préparait aux festins de la même manière qu'Antoine et tous les autres. Un jour qu'il alla voir Cicéron à Puteoli , « comme il avait eu soin de se Ikiro vo- « mir, il mangea et but beaucoup, et fut de très-bonne « humeur ^ » Les autres lois n'étaient pas plus respectées ; quoique chacune eût soin de stipuler sa perpétuité et l'impunité de son auteur, il en paraissait chaque jour de nouvelles et contradictoires. Plus la république se corrompait, plus les lois se multipliaient*.

• Oc., /m Ftrr,t De ntppl.^ iS, lX<./am.,7-a6,6-i, Àjht», ii>35, 36, i3-

* de., À ÀH^ S*a>| Tac, Ann^ 3-17 : « El corrupCtMÎinA republicâ pluri-

APPrcSy CEN9BCR. 27i

La censure devenait impraticable : on Favait essayée une fois après Sylla, une seconde fois on la revit encore (80) après quinze ans d'interruption, mais comme une de ces antiquités délabrées qui excitent le rire des passants, pendant qu^on démolit à Fentour Tédifice qu'elles ont longtemps soutenu et paré. La nomination des deux censeurs Pison et Appius était une flétrissure dont cette cbarge n'eût pu se relever, quand même la loi de Glodius, vainement abolie par Met. Scipion, ne lui eût pas donné le coup de grâce. Voici de qudle manière Cœlius en parlait à Cicéron : « Âp- « plus foit des prodiges; il est fort sévère sur les statues « et les peintures; il s'est imaginé que la censure serait « pour lui une lessive : il se trompe, en voulant se net* « loyer, il se montre à découvert. Au nom des dieux et des « bommes, accours, viens rire avec nous de toutes ces mi- « sères. Drusus, juge des causes de mœurs! Appius, fai- « sant la guerre aux tableaux et aux statues! Crois-moi ^ « ne perds pas un moment. » Ce rigide censeur, en effet , entendit accueillir par des applaudissements unanimes l'ac^ cusation la plus honteuse portée contre lui. La censure ne pouvait descendre ni aux accusés ni aux condamnés : quant au reste, elle avait l'embarras ou d'attaquer trop de coupables, ou de laisser trop d'impunis. Nul homme d'«n peu de sens ne brigua plus cette charge*.

César, sous le titre de réformateur des mœurs, avec toute sa puissance , n'eut pas plus de succès. Cependant, outre ses lois somptuaires , il avait chassé du sénat plusieurs concussionnaires convaincus ; une fois il annula le mariage d'un personnage prétorien qui avait épousé une femme divorcée seulement depuis deux jours : il mit à mort , sans que personne eût porté plainte, un de ses plus chars af-

• Oc. , £elf./«m., l-iS, ti{ Dtoo, 4o*57.

Î72 HiSToni aohàihi.

franchis, pour avoir débauché la femme d*un chevalier. Comme les riches s'inquiétaient peu de Texil où ils jouis^ salent de leur fortune , il ajouta à Texil pour rhomicide la confiscation de la moitié des biens. Il fit une chose plus hardie encore : par une humanité rare, il ne souflTrait pas que les gladiateurs les plus célèbres fussent tués quand ils étaient vaincus, et, malgré le peuple, il ordonnait qu^on les retirÂt de Tarène ^

Nulle ressource dans la religion. Clodius avait aussi aboli rintervention préalable des auspices avant les comices de tribus ; mais les auspices , comme toutes les autres cérémonies sacrées , n'avaient jamais été qu'un moyen de gouvernement ; les magistrats , négtigeant la règle auguraie, n'ordonnaient plus d'observer réellement le ciel et de consulta les dieux , mais d'annoncer d'heureux présages ; le temps était venu où « deux augures ne pouvaient plus se regarder sans rire. i» Avec tous les vices, toutes les superstitions affluaient à Rome en dépit des maximes d'État , et ce mélange confus étouffait toute conscience. On évoquait les âmes , on consultait les devins, on cherchait l'avenir dans les entrailles des enfanta secrètement immolés; mais il n'y avait plus de croyance religieuse : et comment en serait-il resté au milieu de ces fêtes où le paganisme , écumant de débauche , triomphant de sa décrépitude, enivrait la corruption humaine d'impudence et de joie * ?

Quel rôle jouait la philosophie au milieu de tout cela? Les académiciens doutaient; « le stoïcisme augmentait la licence du langage; v les épicuriens ne connaissaient d'autre principe que la volupté '. Pompée et Brulus ne devaioit

• Soeu, Cet, \%, 43, 48, a6.

■ Cic, De harutp. resp*^ 9, i3, 19, De leg,^ a, 3-ij, De divinat.,»^ n« 149 /» Vatin,, n. i4; Tit.-LiT.,43-i3.

^ Cic, Utt.fam., 9-13, ia-i6, 8-î», 7-16, In Pisou,, dcsS à »9, et i^i». acad, ; Soiiù--]., fjt'U., 9a ; Scxt., Kmpir.^ 3-^4.

DÉCADEKCE. 273

leur réputation de sagesse qu'à rextrême licence des autres ; ils étaient tous deux aussi peu tempérants et aussi usuriers qu'Atticus. Bien faible exemple aussi que celui d'un Gaton ivrogne , cédant sa femme jeune à Hortensius , pour la reprendre riche* ; d'un Cicéron intéressé, complais^t panégyriste de tous, justifiant dans Gœlius et Plancius ce qu'il reprochait à Clodius , à Pison, à Antoine , partageant avec un afiEranchi le profit honteux de la vente des biens confisqués de Milon , eiÀn , ami de Cy theris et de Gerellia, et répudiant, à soixante-deux ans, Terentia, pour épouser la jeune et belle Publilia , sa pupille , et payer ses dettes, par ce moyen, avec le fidéi-commis d'un riche héritage * ; et nomina vana Catones '.

La république périssait donc sans retour : la démocratie dans le paganisme arrivait à ses plus extrêmes conséquences ; nulle réparation n'était plus possible par la main des bommes, et nul n'était même digne de l'entreprendre. Il ne restait plus que de mettre un peu d'ordre dans cette dé^ cadence , en abattant toutes les ambitions devant une seule , de constituer un chef à la masse, et d'en concentrer l'action incohérente dans une seule main , qui pourrait encore .la contenir et la diriger. G'est ce que Gésar voulait faire , et déjà il avait imposé quelque tranquillité au dedans et au dehors , lorsqu'on l'assassina.

■ Vïut,, Pomp,, 3, Cat.j 9, lo, 29; Lucaio, a-3a9 ; Sëocq. , De tranq,^ i5; Martial, £;»., 1-3, i4-l69;CicM A AU,^ i3-io.

• GCyUti.fam.^ 3-io, ii, 9>a6, l3^a, 4-i4, AAH^ 5-8, 6-4, 5, 6, 9,7-X, is>5a, i3-ai, 73;Plut., Cac, 37,54,55.

' Lucain, Fkan., i-3i3.

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