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d^étroBgers s'approchaient tour à tour , chacun avec les lamentations en usage dans son pays, les Juifs surtout , qui ne quittèrent point la place pendant plusieurs nuits , tant que le feu dura. La colère croissant toujours dans cette agitation, les affranchis et les esclaves de César saisirent des brandons pour aller incendier les maisons de Brutus et de Gassius. Ceux-ci s'étaient préparés à résister : les agresseurs, repoussés quoique avec peine, rencontrèrent le tribun Helvius Ginna , Tami de César; à la ressemblance du nom ils le prirent pour Cornélius, un des meurtriers, le tuèrent, et promenèrent sa tète au bout d'une pique. Alors Brutus et d'autres conjurés s'en allèrent à An* tîum^
Bientôt il se présenta un homme obscur, un certain Amatius, qui, se donnant pour un descendant de Marins et un parent de César , osa essayer de mettre à profit cette agitation populaire. 11 fit élever sur la place même du bûcher une colonne avec cette inscription : Au père de la jsotrie. On y venait continuellement faire des sacrifices, des libations, et y terminer des procès comme dans les temples. Le peuple voulait même contraindre les magistrats à di*esser un autel et à sacrifier au nouveau dieu. Les conjurés, assaillis de menaces, quittèrent la ville , et ceux qui avaient des provinces s'y rendirent pour leur sûreté et cdle du parti.
En même temps courait un bruit vague de soulèvement en Gaule et en Espagne : Sextus Pompée avait en effet reparu hardiment, et assiégeait déjà Corduba quand il apprit la mort de César. Antoine, qui avait repris position , auquel le sénat imputait les nouveaux troubles de la cité , craignit de se compromettre; il n'était pas prudent, d'ail-
• App., Efc^., 2 ; Saët., Ces., de 83 à 85 ; Plut., Ant., 14, Brut.y 19 , 93| 94, Cie., 56; Dion , 44 , de 34 h 5o;Cic., j4 AU,, i5-i, i4-io, 1I1 S^PhUipp-t 9-35, 36.