‹ Histoire romaine (volume 3)Chapitre 70 sur 102 · II · texte numérisé non relu

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dont personne ne pouTait être dupe. Plus il se voyait ocDeux, moins il gardait de mesure; par là il serrait lui>mèiDe la cause d'Octave, quand il le regardait comme abattu. Ce jeune politique, observant plus froidement que tous les autres, jugea le moment venu d^agir, et, sans se borna' à rompre avec son rival et à se plaindre de ses pièges , il aposta de son côté des assassins dans la maison d^Ântoine, qui les surprit sans oser porter une accusation en forme, car « les hommes de sens et d*honneur ne doutaient pas « du fait , Tapprouvaient et concevaient de grandes espc- « rances d*Octave , comme d*un jeune homme à qui la « gloire ferait tout entreprendre. »

Tous deux partirent alors; Antoine courut h Brundusium chercher les légions de Macédoine. Ses gratifications parcimonieuses les mécontentèrent ; il les décima , et , ayant mandé dans son logis , à Brundusium , les centurions et les autns Bomains quMl connaissait peu disposés pour lui, 11 les fit égorger aux pieds de Fulvie; trois cents périrent dans cette bouchcne. Il se débarrassa par une seconde, à Suessa , de tous ceux qu'il y avait déjà emprisonnés : affreux présages des meurtres qui eussent ensanglanté Rome, s'il y fût rentré assez fort. Il envoya ses troupes mutinées à Ariminum, le long de l'Adriatique, et revint avec ses seuls Alaudes, faisant garder sa maison comme dans une ville ennemie, et redoublant les menaces en attendant qu'il pût agir. Ses édits, remplis des plus ignobles injures contre Octave , promettaient la mort à trois tribuns qui s'étaient toujours honorablement prononcés contre le consul , s'ils paraissaient au sénat; l'édit de convocation pour le 22 novembre finissait par ces «mots : « Si quelqu'un s'absente, « tous pourront juger que celui-là a été des pernicieux con- « scils tramés pour ma perte. )» Il dit publiquement, « qu'à « moins d'être vainqueur, nul ne devait compta* de vivre. » Soit embarras, soit ivrognerie accoutumée, il remit Tas-

KIYALITÉ D'ANTOnVE BT D^OCTÀYE. 205

scmbKîe au 26. Il n'y trouva que peu de inonde , « ceux « qui avaient la honte de ne rien craindre de lui. » Quoiqu'il eût convoqué pour délibérer sur Octave , il n'osa en parler, prit aussitôt les voix sans délibération aucune, contre tout usage , sur la distribution des provinces , et la nuit même il partit en toute hâte à la dérobée pour la Cisalpine.

Celui qui le chassait ainsi de Rome , c'était cet enfant qu'il affectait de mépriser. Octave , pendant le voyage de Brandusium, avait parcouru de son côté la Campanie et le Samnium, pour aller bientôt en Étrurie; il avait engagé à son service tous les vétérans, en leur donnant à chacun cinq cents deniers. Il eut ainsi dix mille soldats sur-lechamp ; ses levées se grossissaient chaque jour, a Tous les « municipes lui étaient merveilleusement affectionnés; parci tout on l'accueillait avec un empressement et des encou- « ragements extraordinaires. » Pour comble de bonheur, non -seulement beaucoup de légionnaires de Macédoine, mais la légion de Mars et la quatrième tout entières passèrent à lui ; la nouvelle de cette défection était parvenue à Antoine, au moment où il se rendait à son assemblée*.

L'attention se porta dès-lors avec une sorte d'espoir sur Octave. « Ce jeune homme se déclarait chef, et avait en « effet de grands desseins, d Jl cherchait par sa conduite pleine de réserve à se rattacher l'aristocratie , qui commençait en effet à pencher pour lui aussi bien que la pléhécule. Il désirait gagner le sénat, et, pour* cela, au milieu de ses mouvements en Campanie, « il pressait, par « ses lettres, Cicéron de lui accorder une entrevue, de lui ce donner des conseils , de prendre en main les affaires « et de sauver encore une fois la république. » Le vieux

> Dioii,4S-it . i3; Âpp., Hu9., 3; Sa<îlone, jiug,^ lo ; Plat., ^nt., i8 ; Cîc, J AU,^ 1&8, 10,1 ifPhilipp., 3« , 4», 5* et i3*.

« SI*:—-. **. y* '• '^*- :"£.:.-: :-r. L i^.: iT« T:j-iî^:r, il i « >• l^x..o^ ::•-:•»<, - >".: i* / •'■ r*- ^ Dec-jzijs: ziaîs

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' Docimus , sommé de quitter la Cisalpine , avait répondu par un édit qu'il conserverait celte province , sous Taulorité du sénat et du peuple ; il s'était enfermé dans Mutina (Modène), avait lait saler la chair des bêtes de somme pour résister plus longtemps, et Antoine l'assiégeait. Il s'agissait de savoir si on abandonnerait un défenseur déclaré. Il n'y avait à Rome ni préteurs, ni consuls; Dolabella était parti pour se mettre en possession de la Syrie. Les tribuns ayant convoqué les sénateurs, le 19 décembre, pour proposer de donner des gardes aux nouveaux consuls et au sénat , Cicéron reparut. « 11 exposa avec force la situation de l'État, « pour ram'mer ainsi, dans ce sénat languissant, les sen- « timents et les principes de l'ancienne vertu. » En approuvant la proposition , il donna de grands éloges aux vétérans, aux deux légions, à Decimus, au jeune César, et demanda pour eux des actions de grâces et des récompenses. Le même jour il liarangua le peuple sur le môme sujet, et a depuis il ne cessa plus de penser et d'agir pour la lift berté •. »

• Cic., Philipp., a-, 3« et 4», Lelt. fam., fo-»8 , ii-4 , 5, 6, la-aa ; Dion, 44-i4, tS; App.. Efiif., 3; Plut., j4nUt i8.

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