‹ Histoire romaine (volume 3)Chapitre 74 sur 102 · II · texte numérisé non relu

II

(rira* ?^v>}'..i -k !a Vibtt v:rûi». ippril an miîiea dks Bnr.MS «f-BSUP |ii^ «m vnm <Cafft nr la iîatp. La p^ra aiuviL%*'t tes aai!» «t ses esdaT^s n^>iaB ie fa matii^ii.

Qneiirnî!! tritts *iie o inux^* hnBènot eepi^odam parmi os Wtrr^m. St^i» , T^i^iard de *^iian«Hnc^ris ans, asln4Ms YvÊL ée% pt» fermo apgais éQ Saan^nB dans la gwm VKBk, BiVQiilat pas toaiber sons les oosps «Fun sieaR. B dooaa à ks cscftiàv«s H aa peopie sa maisoD à ptikr ; il la flènaa «mile H y aûl ït fn : ane partie de la rûié: en ftjt hrHh^ : c*«HaJt périr en Suanitp. Deux antres proacnu, on Ve^alim» et on Hîrtias, rassemblèrenl séparroKDt, dans k aiiili de ntalie, une troope aaseï nooibrème de (nzitiU H dliabîtaDts des dix-boit Tilles pnani* ses aui soldats, et quand des forces aupéiieuregi maiclièrenl contreenx, ils se lettièienl ai Sicile, anprèsde SexU Pompée, qni s*en était saisi an moyen d^ine flotte formée à Marseille. L. C^sar s'était ri«f ugié eba sa sœnr , mère d* Antoine ; cette femme se prvsenta devant les assassins à la porte de sa chambre, ks bras étendus, en criant : toqs m tnerei pas L. César que tous ne m'ayci égorgée, moi , la mère de Totre générai. » Elle les contint de la sorte asseï pour donner à son fjiÈre le temps de se sauver M7n jeune Oppius se fit conoallre par sa piété filiale : il porta son vieux père à travers la ville pour le dérober à la mort, et ensuite, tantdt le tenant par la main , tantôt le reprenant sur ses épaules, il eut le bonhetir de le c(mduire en Sicile. Plus tard, quand il put reparaître, le peuple le nomma édile; comme il n^avait plus de quoi fournir aux jeux , les ouvriers

* App., Ffc^.y 4* tl faui meniiooDer encore le dévoueiDent d'une Uaïae romaine, frinmc d'un profcric; il reste quelques psQut mutilées de 1 oraison funi^lirc éerile en l'Iiouneur de cette matrone, yoyex les Rdi^nim Ummi ter* moHh tfeimtiorlt, n. 53 , collection publiée par M. E^eer.

PROSCRIPTIONS* 3i5

travaillèrent gratuitomcnt pour lui , et les spectateurs lui jetèrent tant d'argent , qu'il en devint riche. Minucius dut la vie à ses esclaves, qui remportèrent dans leurs bras , pendant que Fun d'eux se jetait dans sa litière pour être tué à sa placée

Si Octave fut impitoyable, Antoine se montra ignoble et féroce. G^était un spectacle révoltant que ses sales orgies dans la maison de Pompée , son insolence avec les Ho« mains de tout rang et les ambassadeurs, sa ftoiiliarlté avec ses baladins et ses sicaires , qui allaient voler jusque ches les vestales l'argent mis en dépôt par des citoyens. On lui présenta pendant un repas la tête du sénateur Gœsetîus Ru« fus; tous les convives détournaient les yeux : Antoine la considéra longtemps avec curiosité. Chacun attendait ce qu'il allait dire : « Gclui«ci« dit-il, je ne le connaissais pas ; » et il la renvoya à Fulvie. Rufus avait refusé de vendre à cette femme une très-belle habitation , puis lui en avait &it présent après le triumvirat; lâche et inutile présent! Qu'en avait-elle besoin , puisqu'elle pouvait prendre et se venger ? Aussi l'avait-elie proscrit , et elle exposa cette tète en fkce de l'habitation conquise *.

Il manquait encore à la fureur d'Antoine et de Fulvie le sang de Gicéron. L'illustre consulaire était à Tusculum avec son frère et son neveu , quand ils connurent le sort qui les menaçait. Ils se dirigèrent en hâte vers la mer pour se retirer auprès de Brutus, en Macédoine. Quintus, dans sa fhiyeur, n'ayant pas pris de provisions suffisantes , il fttllut se séparer; ils s'embraœèrent en fondant en larmes. Peu de Jours après, Quintus, surpris chez lui, eut encore le temps de se cacher. On saisit et on tourmenti le jeune Quintus ; aucune torture ne le contraignit à parler ; mais le raalheu-

* App., F/u^., 4i (*lHt., ^nt.f al.

■ App., yy.^.j 4; Plul., Ant.^ »ij Val. Blax., q-S j Dîon, i^-G, 7, 8, 9, i3.

516 HISTOIRE ROMÀIKS.

reux père, qui entendait tout , ne put tenir aux souffrances de son fils , et vint se livrer lui-même ; on les tua tous deux. Cicéron avait gagné la mer ; puis , on ne sait par quelle fluctuation dépensées, il fit à pied Fcspace de cent stades du côté de Rome , et revint par mer à sa villa de Caîete, séjour d'été le plus agréable , quand les vents étésiens rafraîchissaient Fair. Il s'y reposa et s'endormit; mais bientôt ses esclaves inquiets le réveillèrent et le mirent dans sa litière presque malgré lui, pour le reporter à son navire. Us étaient à peine sortis, que les sicaires survinrent. (Tétaient le centurion Herennius et le tribun légionnaire Popilius Laquas, avec quelques satellites: ce dernier avait été défendu autrefois , dans un procès * , par Cicéron. Ils forcèrent les portes et demandèrent le maître , qu'ils ne trouvaient pas ; les gens de la villa leur répondaient qu'ils ne l'avaient pas vu. Il se trouva malheureusement un traître dans Gaîete, un artisan, ancien client de Clodius. On ne sait lequel, d'Herennius ou de Popilius , atteignit le premier le vieillard fugitif. Cicéron, aux cris qu'il entendit derrière lui , fit poser sa litière , et, portant la main à son menton, geste qui lui était ordinaire , il regarda les meurtriers d'un œil fixe. Ses cheveux hérissés et poudreux, son visage pâle et abattu , inspiraient la compassion aux soldats , qui se couvraient les yeux pendant que leur chef regorgeait. Des courriers et des navires (dromones ) furent dépêchés à Antoine pour lui donner une si agréable nouvelle.

On dit qu'Antoine était sur son tribunal , présidant les comices d'élection, lorsque Popilius se présenta à lui, le bras tendu et « secouant celte tête qu'il lui montrait de

> Sénèquc le Rhdteur, Confyvv.f 3-17, dit que peu d'hUtorîeas impalenl à Popilius le meurtre de Cicéron. Tous convicnDent, ajoute-t->il , que Cicéron ne le défendit pas d'une accusation capitale ; ce sont les déclamatcure qui ont imaginé celti? circonstance en traitant ce sujet.

HSURTRB DE CICÉRON. 517

loin. » On dit qu'elle fut portée ensuite sur la table même du triumvir, qui se rassasia de cette vue, et, dans sa joie, poussa plusieurs fois de grands éclats de rire. Fulvie aussi prit sa vengeance, et perça d'une aiguille qu'elle portait dans ses cheveux , la langue qui avait prononcé tant de choses injurieuses contre elle. Ensuite, ces tristes restes furent attachés & leurs rostres ; Popilius reçut d'Antoine une couronne avec un double salaire, et fit placer sa propre image , accompagnée de son nom et du récit de son action, à côté du sanglant trophée. Horrible spectacle pour les Romains , « qui croyaient avoir devant les yeux, non le visage de Cicéron, mais l'image môme et l'ame d'Antoine! On y accourait en larmes, avec le- même empressement qu'autrefois pour entendre le grand orateur*, p

Octave, dit-on, avait voulu épargner Cicéron; mais il y dut renoncer sans beaucoup de peine : l'aspect de ce seul homme , qui représentait et qui défendit mieux que Brutus l'ancien esprit de Rome , eût été une protestation contre le triumvirat et l'empire.

* Plut., ^nC, 91, Cic, de 63 à 65; App., £/u^., 4; Flor., 4-6;Vell., 9-37 i Dion, 47-^i ^'^l* Uax.y 5-3; Cornel. Severui:

Oraqne magnanimCkin spirentia pêne ▼ironim Id nKtrisjacuére suit. Sed enim abttulit onuM, Tanquam sola foret , rapti Gceronis imago. TuDC redeuoc animit iogentia coDsalis acta.

Çuid fsTor aut cœtus,i>leni quid honoribotaDoi Profuenint, sacris et nU quid artibus acta? Abstuiit uiia dies ae?i decut, ictaqne lucta Conticuii Latiae triaiit fiacuodia lioguae.

Publica vox sbyis aetemum obmutuit armit. Informes vuhus , spanamque cruore neAindo Canitiem , lacraaque manut , operumque mioîllras Tantorum , pedibos ciria projecla superbis Prociilcarit ovans : nec lubrica fata , deotque Reapexit. Nulle luet hoc Aotoniu» aBvo.

Page 1