‹ Histoire romaine (volume 3)Chapitre 77 sur 102 · SÉDITIONS A ROME · texte numérisé non relu

SÉDITIONS A ROME

troupes s'offensèrent à leur tour , environnèrent leur général après le speclacle, et demandèrent qu'on leur montrât re soldat, qu'elles croyaient tué. Quand il parut, les autres f)rèlendirent qu'il venait de prison ; il avait beau affirmer le contraire, on l'appelait menteur et traître. Une autre fois. Octave tardant à se rendre au Champ de Mars , le centurion Nonius, qui voulut les apaiser, fut tué. Octave ne vint pas sans danger; il les regagna par de l'argent et des terres, au point qu'ils demandèrent le supplice des meurtriers de Nonius; mais il fit grâce*.

Ce n'étaient pas là ses seuls embarras : Rome avait faim. Domitius et Sextus tenaient la mer ; plus de blé des provin- ( (^ : le peu que produisait l'Italie mal cultivée suffisait à poine à la consommation de l'armée. Les ateliers étant ferini'S, la populace ne souffrit pas l'exercice des magistratures, dont on n'avait plus besoin dans une ville occupée par le brigandage. On s'y battait , on brûlait les maisons. Le prix des loyers baissa dans Rome et dans toute l'Italie. Pour comble de difficultés, la bonne intelligence n'avait pu durer entre le jeune triumvir et ses associés. Il n'avait répondu que par le mépris aux prévenances empressées de Fulvie , femme méprisable en eifet ; mais il ne se contenta pas de répudier et de lui renvoyer sa fille Clodia, il poursuivait publiquement la mère des plus injurieuses railleries. Elle lui voua une haine furieuse, et, d'accord avec son beau-frère Lucius, elle se mit à soutenir la cause des expropriés, prétendant que l'argent recueilli par Antoine en Orient fournissait abondamment de quoi récompenser 1rs soldats. Il n'est pas vraisemblable qu'Ôclave se soit attiré celle opposition par imprudence. Ce fut plutôt un dessein formé; il craignait peu de semblables ennemis, et il espérait les contraindre à lui laisser le champ libre. Ceux-

* App., £/<^., 5; DioD, 48-8, 9; Suël., Aug,, i4.

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