CHAPITRE LVin
A%itMTnL n otiryr. — cicTAn SAirmE bc l oorm^r.
AitUiïuf M/r//< ;i il l-if-n nj* »ir.- à ^«'^ y • 'f r» s ir.l.'-rVts : après );i vi<loir<MU'|*).ilij»|M>, il s'i*a:l nïv»n*n- asst'Z d<iux i-!ivrrs |ihOi</H K Mjrtoul f'UMï.^ l»s A:hrr;.*'îjs; mais quand iJ l'Ut UmcUi' rAsi<% la UTreil*' ïnUmthiiia^ el desdélit*ess il fiV*r/iijta plu H qijrr s^-s jjas>iuns cl fuula les peuples de ses joH'H ïuhi'UHt'i'H, Il ^ritra «Jaiis Eplièse avw un cortège de uiuhu'u'UH, (U: Imladiris d de mimes, pnVédé d'une troupe de jrurM*H g(!iiH 1*1 de femmes velus en satyres et en baceliMriti'K, On ne voyait dans toute la ville que des thyrses orrn''Hde lime, on n'entendait que des inslniments demu- Mique ; <jn ei'îiï'lirttit le uouveau Bacclius. Alors commencènîul leH jirofuKJoiis, les iniquit<'*s et les impôts. Il donnait pour r/îeompensc à ses cuisiniers et à ses plus raépri- MuliIeH llutteurK l(;s hmis des plus riches habitants. Un favori n'avilit qu'à lui demander quelque propriété comme hériliiKe, il l'accordait aussitôt, sans s'inquiéter si le proprié-
ANTOINI RW ORIENT. — CLÉOPATRB. 533
laire avait des héritiers, et même s'il était mort. Sous prétexte de punir Fingralitude des Asiatiques envers César, il exigea des villes un tribut double : « Donne-nous donc « aussi chaque année, lui dit Toratcur Hybréas, deux étés « et deux automnes. Nous avons déjà payé deux cent mille « talents; si tu n'as pas reçu ces énormes contributions, « demande- les à ceux qui les ont levées; et si, les ayant « reçues, tu ne les as plus, nous sommes perdus.»
Les rois, les reines et les dynastes s'empressaient pour avoir part à la bienveillance et aux plaisirs du nouveau dominateur, qui parcourait l'Asie dans les fêles. Il se préparait ainsi à faire la guerre aux Parlhes. Il avait mandé la célèbre Cléopàtre à Tarse; cette reine avait aidé Dolabella, mais on l'accusait aussi de secours donnés à Cassius par Sérapion, gouverneur de Cypre. Elle rassembla de magnifiques présents et des sommes considérables; el, comme assurée de ses projets, pour piquer davantage la curiosité d'Antoine, elle n'obéit que fort lentement à ses messages réitérés, dont elle ailectail de tenir peu de compte.
Enfin, on vit un jour entrer dans le Cydnus (41) un navire dont les voiles étaient de pourpre et la poupe d'or; des avirons d'argent frappaient les Ilots en cadence au son des flûtes et des lyres. Ce navire portait Cléopàtre, couchée sous un pavillon brodé en or, dans l'appareil d'une déesse; des enfants représentaient à ses côtés des Amours, et rafraîchissaient l'air avec des éventails. Des groupes de Néréides et de Grâces se tenaient au gouvernail et aux cordages; des parfums se répandaient du navire le long des deux rives. On accourait en foule à cette nouvelle. Le peuple, qui remplissiiit la place publique autour de l'audience d'Antoine, le laissa seul sur son tribunal pour aller jouir de ce spectacle : « C'est Vénus, disait-on, qui vient chez Baccbus « pour le bonheur do l'Asie, » Un soui^or lui élant ofTort
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CJ^V^j .î»r<r ri" J" q'jiu 1.: ja:ria:s: elle jouait, basait, chas- ♦"^ijl av<x lui, courant la rxuit les ru*.« d'Alexandrie, loos iU'MX Hfjii'i iU-^ iMiSis «r»'S<^lav<^, p<jiir le plaisir de provo- HW^ U^ (.'<'fis k hum [irirît-s, d*écliang«*r di^ raiileries el <|ijrfk|ijiffois (Ji'S gourriiarit-s. Ces amusements assaisoDwiUmi l'*s fi-slins h-s pliis n-clierdM-s , les plus folles profiiHlorm. Ils appelaient cela la vie inimitable, et ils en avaient fait, avat: K'urs plus cbers amis, FassociatiOD des AmimétohifiH , qui ne connaissait d'autre loi que ledirerliHHcment. Aussi les cuisines étaient ordinairement occup/vK de plusieurs sou[)ers préparés à divers degrés, afin (lue le repas fût servi ou retardé à volonté , et huit san- «IJcrH (Maicnf mis î\ la broche, de sorte qu'il pût s'en trouver un k point dans le moment imprévu. Ils n'avaient pris (prime seule précaution pour n'être point troublés dans
INVASIO.^ DES PÀRTIIES. OÔo
leur bonheur : ils avaient fait lucr Arsino^, sœur de Cléopàtre, et ses jeunes frères. Les soldats, de leur côté, étaient cont^ts et s'enrichissaient par le pillage de la Palmyrène*.
Des dangers plus lointains , Octave et les Parthes, dérangèrent la vie inimitable. Le fils de Labienus , envoyé par Gassius auprès du roi Orodcs, pour en obtenir des secours, avait appris là le désastre de Pliilippes. Le roi n'en fut que plus disposé peut-être à lever une armée, qui n'aurait plus à soutenir des intérêts romains et qui pourrait conquérir; il en donna le commandement à l'un de ses fils, Pacorus, et à Labienus. Tous deux profitant de l'indolence d'Antoine, Pacorus envahit la Syrie, renversa en Palestine Hyrcan avec l'ancien ministre de ce prince, l'Iduméen Anlipatcr, devenu procurateur de la Judée par la faveur de César et ensuite d'Antoine, et il plaça sur le trône Antigonus, le dernier des fils d'Aristobule (^0). Hérode , fils d' Anlipatcr et télrarque de Galilée, s'enfuit en Italie. Labienus en môme temps pénétra en Cilicie, chassa Plancus de r Asie-Mineure, et prit les tilres (Timperator et de Partktque, comme s'il eût vaincu les Parthes, qu'il conduisait.
Antoine apprit tout à la fois cette nouvelle et la guerre de Pérouse : il ne s'arracha pas sans peine de son ivresse ; il fit marcher Ventidius et trois autres lieutenants contre les Parthes, et se dirigea vers l'Italie par la Grèce. 11 y rencontra Fulvie, l'accabla de reproches, et, la laissant dévorée de honte et de dépit à Sicyone, il se présenta, renforcé par la flotte de Domitius , devant Brundusium. On lui en ferma les portes, et il l'assiégea; Sextus lui offrit son alli<ance, et, à tout événement, attaqua l'Italie. Octave, entre deux ennemis , eut soin de rattacher à sa cause les nou-
» Plut., .-/«r., de 23 a 3o { App., F//^., 5 j Dion , 4^-»^ i Flor., 4-9.
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veaux colons, en \v.uv disant que ses rivaux voulaient rèlablir les anciens possesseurs; il opposa Agrippa à Ses tus, et secourut lui-même Brundusium. Les deux triumvirs, néanmoins, n'avaient nulle envie de se guerroyer, non plus que leurs soldats, encore trop récemment mêles. Une négociation s'entama par des amis communs, au nom di^s troupes, et la conclusion en fut bientôt hâtée par la mort de Fulvie. On convint d'oublier le passé, de faire un nouveau partage : on laissa l'Afrique à Lepidus, Antoine garderait l'Orient et punirait les PartUes, Octave l'Occident cl abattrait Sextus (40). Pour cimenter cet accord, Oclavie, sœur d'Octave et veuve de Marcelius, épousa Antoine *.
Les noces furent célébrées à Rome avec peu de joie , au milieu de la disette toujours plus pénible par les progrès de Sextus. On demandailla paix ; on affectait d'bonoixîr la statue de Neptune par allusion à ce commandant des mers: les triumvirs enlevèrent la statue. Un impôt décrété pour la guerre augmenta le mécontentement. On jeta des pierres aux magistrats, aux triumvirs. Octave tenait bon et bravait l'émeute sans succès; on ne voulait pas l'écouter. Antoine, moins patient, appela ses soldats; il y eut une tuerie de la multitude, et les moits furent jetés dans le Tibre. Un pareil expédient ne remédiait à rien; il fallut négocier avec Sextus. Ils eurent une conférence avec lui à JMiséne, à la vue de sa flotte et de leur armée. On accorda la liberté aux esclaves réfugiés en Sicile : pour tous les pi-oscrits, excepté les meurtriers de César, sûreté personnelle, restitution du quart de leurs biens, et trois dignités accessibles. Sexlus sinait consul et augure, aurait une indemnité pour les biens confisqués de son père, le gouveriîement de la Sicile, do la Sardaigne et de TAchale pendant
I A pp., Vfx:.,S^ cl Guerre des Parthesi Dion, 49 «de ai à 3o; Plut., Jnl., 3 1 , 3a ; l'Ior., 4-9 i Vcll., a-4o.
SBXTUS. — LIVIB. 357
cinq ans: à ces conditions, il ne recevrait plus de transfuges, n'augmenterait point le nombre de ses vaisseaux, et fournirait une provision fixe de blé à Rome (39). Ensuite, les trois chefs s'invitèrent mutuellement à un festin. Le sort désignant d'abord Sextus : « Où nous donneras-tu î\ a souper, lui dit Antoine? — Danswe?^ carénés, » rci)ondit Sextus, en montrant sa galère; équivoque piquante qui rappelait la maison de Pompée, située à Rome dans la rue des Carènes, et usurpée par Antoine. Pendant la joie du re- X>as , Menas , aifranchi de Sextus , vint dire tout bas à son maître : « Veux-tu que je t'assure non-seulement la Sicile, mais tout l'empire romain? Je n'ai qu'à couper les câbles de tes ancres. » Sextus hésitant un -moment : « Il fallait le « faire, répondit-il, sans m'en prévenir. Maintenant , je <( ne puis manquer à la foi jurée ^ » Celte réponse était de la foi romaine.
Parmi les réfugiés rétablis, était l'ancien préteur Til)criusClaudius Néron; il avait à grand'peinc quitté l'Ilalie, après la guerre de Pérouse , avec son épouse Livie, qui emportait dans ses bras leur jeune fils; cet enfant devait être un jour Fempereiu' Tibère. Livie ne se doutait guère que bientôt elle partagerait ]a puissance de cet ambitieux, dont elle fuyait les satellites. Quand elle revint. Octave la vit pour la première fois ; il s'en éprit : il avait depuis peu répudié Scribonia, le jour môme où elle venait de lui donner une fille, la fameuse Julie ; il força bientôt Claudius Nénui de lui céder Livie, d'après une consultation des pontifes; et, ce qui rendait la chose plus inconvenante encore, Livie touchait presque au terme de la naissance d'un second fils, qui fut Drusus. Un tel emportement de passion n'avait rien d'extraordinaire; on était bien loin de ces temps dont Vulère Maxime remarquait, que a les femmes qui refusaient
* PluU, Jnl,, 33; App., ^f*P'> ^i Oion^ 48 , d« 39 à38; Vell., a-4t.