II
4i2 BisTOiu moMAiini.
Forum ouvert à la multitude des plaideurs, que ne poovaieot plus contenir les deux autres : tous ces ouvrages furent les monuments de sa magnificence. Il employa sas mille livres d'or et une valeur de cinquante millions (k sesterces en perles et en pierreries à décorer le sanctuaire de Jupiter au Gapitole. On lui dut encore tout ce qu'entreprirent à son exemple et par ses exhortations les plus riches personnages.
Outre Tamphithéàtre deTaunis, on vit élever un temple à Diane par Comiûcius, à Saturne par Plancus ; Balbus donna un théâtre ; beaucoup d'autres construisirent à IViivl de beaux édifices, ou restaurèrent les anciens. Nul ne se distingua autant qu* Agrippa, qui acheva les Parcs-Jules (Septa-Julia), rétablit les égouls, fit le portique de Neptune, des Thermes, plusieurs aqueducs, parmi lesquels celui de Teau Parthénienne ( aqiui virgo ) , source découverte par une jeune fille à des soldats altérés, dans les &avirons de Tibur, et qu'il conduisit jusqu^au Champ de Mars pour Tusage de ses thermes. Ce ne fut pas tout ; on nettoya et on élargit le lit du Tibre. Pour rendre plus facile Taccès de Rome, on répara les voies publiques. L*empereur se chargea de la voie Flaminicnne, confia le soin des autres aux magistrats qui avaient joui des honneurs du triomphe, et les dépouilles ennemies payèrent ces utiles dépenses.
Auguste avait bien le droit de dire « qu'il avait trouvé une ville de pierre et qu'il la laissait toute de marbre. » 11 cherchait moins ainsi à se contenter lui-même qu'à saisir Torguoil national , à se rattacher en même temps qu'il alfectiiit de conserver les idées républicaines, mais pour mieux les dépayser et les effacer au milieu de tant de splendeur. 11 aima mieux faire son Fomm plus étroit, et respecter les maisons qui gênaient sou plan. Dans les deux portiques dont il l'entoura, il plaça toutes les statues des
anciens triomphateurs, sans excepter celle de Pompée, qu'il ôla seulement par ce moyen de la curie où César avait été tué; et un édil apprit aux Romains que tous ces illustres souvenirs étaient proposés « comme autant de modèles que les citoyens fissent une loi d'imiter à lui-môme et aux princes des âges suivants. » Et, pour compléter Tillusion , pour qu'on ne pût douter que la liberté vivait encore dans cet empire de la démocratie, Asin. Pollion bâtit un temple à la Liberté *.
Une telle conduite réussit. Auguste fut très-aimé. « Sans « parler des sénatus-consultes que put décréter la crainte « ou la flatterie , les chevaliers célébrèrent constamment sa « naissance, de leur propre mouvement, par deux jours « de fête. Chaque année, les trois ordres jètîiient une pièce « de monnaie dans le lac Curtius , comme une offrande « pour sa conservation. On portait des étrennes dans la a même intention au Capitole , ce qui produisit une somme « assez considérable pour faire de magnifiques statues des « dieux, dont il décora chaque quartier. La maison du Pa- « lîitin ayant été brûlée par un accident, tous les citoyens « s'empressèrent de contribuer, chacun selon ses moyens, « pour la rebâtir. D eût reçu ainsi des sommes considéra- «i blés; mais il ne prit qu'un denier de chaque offrande. » Quand il revenait des provinces , on accueillait son arrivée par d'heureux présages, des chants et des vers, et l'on se gardait de livrer un criminel au supplice un pareil jour. Enfin, ce fut la volonté unanime du peuple qui lui décerna le titre le plus honorable : a Que ce soit, lui dit Val. Mes-
* Dion, 53-a3, 27, 54-4* n» >9t 56-3o ; Su^l., /4ng,, 56, 29, 3o, 3t, 101 ; Tac, ^nn., 1-9 : « Mari Oceaao aut omnibus longiaquis scpium impcriuin ; legioncs, proviocias, claMe», euncta inter se conoéxa; jus apud cives, modestiam apud socios; urbcm ipsam ma^joifico orualn; paurn adinodum vi Irncidta, quù rœierls qu*c« rssct. » l'Hue, 33-i.>, Oviil., Fast.f H-iS"], 5Ji ec suiv. ; llor., Kp.f i-C; V;isi, Ilin, di liomu.
4i4 nsTons romàihe.
« sala dans le sénat au nom de toos, un hetunenx présa^ « pour toi et pour ta famille , César Auguste ; car nous « pensons ainsi souhaiter à la république une perpétneûe « félicité: le sénat, d'accord avec le peuple rcHuain, le « salue Père de la patrie (8). » Auguste répondit, les larmes aux yeux : « Tous mes vœux sont remplis, pères a conscrits : que puis-je demander aux dieux immcMlels, « sinon que cette approbation générale m'accompagne jis- « qu'au dernier terme de ma vie ^ ? »
> Sénèq., De clem,^ i-io ; Su^t., Auy.^ S^, 58 ; Caanbon se trompe mr h date, et corrige saos raifon tme imcripiioiide Sedaaam (Stoa ca Taki»), qui constate ce titre de père de la patrie, donne à Auguste la quionèaie née de ta puissance tribuniiiennei lorsqu'il a?ait été onse fois consaJ , et point à son ODiième consulat.