MESSALINE
ajouter. Déjà Messaline était en présence, et suppliait que la mère d'Octavie et de Britannicus fût entendue. Narcisse couvrit ses cris en objectant Silius et les noces criminelles. Il fit éloigner les deux enfants, qui attendaient à rentrée de la ville, renvoya la vestale en' lui promettant que le pi'ince entendrait la défense. On ne savait que penser ; Claude restait silencieux ; Vitellius avait Tair de n*y rien comprendre. Tout obéissait à Taffranchi , qui fait ouvrir la maison de Silius ; puis, ayant suscité la colère de Fempereur par les indices de la perfidie, il le conduit au camp prétorien. C'est là que les sentences sont prononcées, et qu'on exécute sur-le-champ Silius , plusieurs chevaliers et plusieurs sénateurs. Claude ne montrait de pitié que pour l'histrion Mnesler : les affranchis ne souffrirent pas qu'un si vil complice fût épargné , après le supplice de tant d'hommes illustres.
Messaline, retournée dans sa villa, méditait de nouvelles supplications, non sans espérance encore, et quelquefois même sans emportement , tant était grand son orgueil. Et, en effet, si Narcisse n'eût précipité le châtiment de cette femme, il était perdu lui-même.
Claude, rentré dans son palais, au milieu du repas et des premières fumées du vin , ordonna « d'annoncer à cette infortunée » qu'elle pourrait défendre sa cause elle-même le lendemain. Narcisse alors s'élance hors de la salle, et dit aux centurions : a Tuez ; l'empereur le veut ainsi. » On la trouve étendue par terre, pleurant et gémissant; sa mère, Lepida, l'exhortait en vain à se donner elle-même la mort. Quand les envoyés entrèrent, alors seulement elle ne douta plus de son sort : elle prit le glaive, mais ne l'approqha qu'en tremblant de son sein ; le coup fatal fut porté par la main d'un tribun. On revint dire à Claude, pondant le repas, que Messaline avait péri; il n'en demanda pas davantage , et se remit à boire. Les jours sui-
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vanis, i) ne donna aucun signe de ressentiment, de joie ni de tristesse, quoiqu'il vit le contentement des affranchis et la douleur de ses enfants. Le sénat, pour effacer entièrement ce souvenir, fit ôter de tous les lieux publics et particuliers le nom et Timage de la coupable, et il décerna les insignes de la préture à Narcisse , assez faible récompense pour un homme qui surpassait maintenant Pallas et Calliste *.
Claude dit aux prétoriens qu'il leur permettait de le tuer si , après tant de mariages malheureux , il prenait une nouvelle épouse. Messaline était la cinquième; la seconde était morte le jour même destiné aux noces ; il avait répudié les autres. Mais rien ne lui était moins supportable que Tindépendance de lui-même. Il s'agit bientôt de choisir une impératrice, et la difficulté était grande, par la concurrence des prétendantes et par la divergence des intéressés. Narcisse protégeait Petina, précédemment répudiée par Claude pour de légers motifs; Calliste préférait LoUia PaUlina, et Pallas, Agrippine, fille de Germanicus^ veuve de Domitius et de Passienus. Celle-ci l'emporta. Cependant les lois et l'opinion publique réprouvaient comme incestueuse l'union d'un oncle et d'une nièce. Les artificieuses tendresses d' Agrippine avaient enlacé le vieillard, et Vitellius se chargea d'obtenir un décret du sénat , qui déclara
> Tac, jénn», i l'^ia, et de a6 à 38 ; Suél«, Claud,, «6, 39 ; DioD, 6« ; Jur.,
Sat.y 10-296 :
t . . .Mulier saevissima tuDcest Cum stimiilos odio pudor admovet. Elige quidnatn Suadeodiitn e&se puias, cui tiubere Caesarift uxor Destinât. Optimus hic , et formosissimus idem Gentis patriciae rapitur miser extinguendus Messalinae oculis. Dudum sedet illa paralo Flammeolo , tyriusque palam genialis in bortis Sternitur, et ritu decie» ceotena dabuntur Aiitiquo , veniet cum signatoribus au»pex. Ilaec tu sécréta, et pauciscommissa pulabas, Non nisi légitime vult nubere.
AGRIPPINE. 7i
légitima un pareil mariage pour Tempereur et pour tout citoyen. Il y eut des sénateurs qui protestèrent , pour le bien de FÉtat, que si l'empereur hésitait, ils iraient Fy contraindre. Il ne fut pas nécessaire : dès le lendemain les noces furent célébrées, et il ne se trouva néanmoins qu'un seul citoyen, un chevalier, qui suivît cet exemple, à la sollicitation d'Agrippine (49).
Ce mtoe jour Silanus, fiancé à la jeune Ûctavie, se tua pour éviter une condamnation certaine. L'infâme Vitellius Tavait accusé de mœurs disisolues ; il comptait ainsi méri* ter les bonnes grâces de la future impératrice , en lui pré* parant un moyen de réserver Octavie pour Domitius, et d'atteindre plus haut encore.
L'aspect de la cour changea ; à la tyrannie désordonnée de Messaline succéda une domination plus réglée et presque virile; il y eut, avec un plan suivi, une corruption non moins gmnde et plus couverte, des meurtres plus réfléchis et non moins fréquents. Agrippine, dès le premier moment, sut se prévaloir de l'imbécillité de Claude pour établir publiquement son influence, et habituer les Romains à la gestion suprême d'une femme. Elle eut soin de se concilier l'opinion en rappelant Sénèque de l'exil; elle fit de ce philosophe, déjà célèbre, son conseiller et le précepteur de son fils, La cité s'agrandit par l'extension du Pomœrium autour de l'Aveptin (49), en mémoire des conquêtes faites en Afrique et en Bretagne; une colonie de vétérans fut envoyée dans la ville des Ubiens, où Agrippine était née, dont Agrippa, son aïeul maternel, avait reçu la soumission, et cette ville s'appela colonie d'Agrippine (Cologne). La nouvelle épouse ne négligeait aucune occasion de se montrer en véritable « impératrice, associée à la puissance acquise par ses aïeux. » Lorsque Caractacus fut donné en spectacle au peuple , avec sa femme , ses frères , sa fille, ses anciens clients, et présenlé à l'empereur, celle sorte de
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pompe triomphale se passa sur le vaste plateau du Viminal et du Quirinal , en avant du camp prétorien. Les cohortes en armes y déployaient leurs rangs, et Agrippine, siégeant en évidence, séparément, y reçut comme Claude les hommages et les remerciements des captifs délivrés de leurs chaînes (50). a Chose assurément bien étrange et bien éloitt gnée des anciennes coutumes , que de Voir une femme « présidant les enseignes romaines ! » Il en était de même dans toutes les cérémonies; elle présidait les jeux enchlamyde dorée, écoutait les ambassades et assistait même aux jugements*.
11 ne résulta aucun bien de cette nouveauté. Agrippine rapportait tout à son ambition personnelle en travaillant pour son fils. Ce n'était pas assez pour elle de ravoir fiancé à Octavie et rendu Tégal de Britannicus ; elle réussit à le faire adopter par Tempereur, et même comme premier héritier de Tempire, parce qu'il était plus âgé. Le jeune Domitius s'appela donc Glaudius Néron ; elle-même fut honorée du surnom d'Augusta.
L'infortuné Britannicus, délaissé peu à peu dans le palais de son père, vit encore l'année suivante décerner à cet intrus la dignité consulaire, la puissance proconsulaire hors de Rome, et le titre de prince de la jeunesse. Il vit distribuer en réjouissance une gratification aux soldats et une largesse au peuple, et, pour comble de disgrâce, il lui fallut aller aux jeux du cirque en toge prétexte , à côté de Néron en costume triomphal. Il ne put endurer tant d'affronts et d'injustices ; il répondait par des sarcasmes aux perfides prévenances de sa marâtre , et il continuait d'appeler l'usurpateur adoptif des noms de Domitius ou à\4henobarbus. Il s'attira ainsi une nouvelle persécution. Déjà tous ceux des tribuns, des centurions et des affranchis,
1 Tac, .^nu., la, de i à 9, et 37, 56; Suét., C/aïuf., aS; Dion, 60.
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qui lui témoignaient quelque pitié, avaient été écartés sous divere prétextes; Agrippine se plaignit que Fadoption était méprisée, que la décision du sénat et du peuple était annulée dans les pénates par de pernicieux conseillers. Le stupide Claude punit de mort et d'exil les hommes les plus estimables qu'il avait chargés de l'éducation de son fils, et lui en imposa d'autres , c'est-à-dire des geôliers choisis par la marâtre.
Néanmoins Agrippine sentait ses derniers projets arrô^ tés, tant que les prétoriens auraient pour chefs Lucius Geta et Rufius Crispinus , secrètement attachés aux enfants de Messaline. Dans l'intérêt de la discipline, qui s'affaiblissait, disait-elle , par la division du commandement , elle fit transférer cette charge à Burrus Afranius, guerrier distingué , mais qui n'ignorait pas quelle volonté relevait ainsi (51). Il n'était pas plus possible de se faire illusion sur le fils que sur la mère ; Néron déjà la secondait dignement. Il n'avait alors que douze ans ; il eut le front d'avancer devant Claude que Britannicus était un enfant supposé ^ En servant sous Agrippine, on acceptait, comme aupam^ vaut , la plus odieuse complicité.
Messaline profitait du pouvoir pour satisfaire ses effroyables passions pour tous les crimes; Agrippine employait à la fois tous les crimes pour s'assurer le pouvoir : affections, pudeur, devoirs, honneur, n'étaient rien aux yeux de ces deux femmes effrénées. L'ambition de l'une , après la mollesse de l'autre, ne laissa aucune interruption dans les rapines , les infamies et les supplices. Les anciennes rivales d' Agrippine, celles qui pouvaient le devenir, ceux qu'elle soupçonnait de lui être contraires, ne pouvaient échapper. Claude continuait de prononcer les sentences; on compte trente-cinq sénateurs, plus de trois cent quinze
» Tac, Jnn.f ia-9, a5, a6, 4>> 4^; Suët., Clau^f.y a;, Néron^ 7. IH. 7
chevaliers et une foule de gens de toute condition , mis à mort par ce prince, qui ne semblait plus vivre que pour se repattre, jouer aux dés, regarder des accusés, des condanmés sous la torture , ou des gladiateurs égorgés sur Farène *.
Les afi^nchis gagnèrent seuls à la puissance de Ttapératrice ; ils en avaient été l'instrument, ils devaient en être Tappui : Agrippine les établit légalement dans Tadministration. On entendit très-souvent répéter à Claude (53) que les jugements prononcés par ses procurateurs devaient avoir la même force que s'il avait jugé lui-même. De simples chevaliers exerçaient en Egypte, depuis Auguste, la même autorité que les gouverneurs de provinces, et rendaient comme eux la justice. Peu à peu, hors de l'Italie et dans la cité même, cette fonction, qui appartenait originairement aux préteurs, fut attribuée indifféremment à d'autres; dans les plus petites provinces, on n'envoyait pour gouverner qu'un procurateur , qui , nécessairement, avait ainsi à décider les causes privées. Soit que le mot de Claude eût été suggéré, soit que ce mot eût donné fortuitement l'idée du parti qu'on en pouvait tirer, on ne le laissa pas tomber ; on en lit un sénatus<)onsulte, et, comme tous les procurateurs étaient pris invariablement parmi les affranchis du palais, ces affranchis acquéraient , par le feit , une existence pohtique de très-haute importance, puisqu'ils étaient destinés à représenter le prince et les lois*. Cette innovation , qui semblait commode pour le gouvernement impérial, et qui lui fut nuisible par la suite, avait, sans doute, pour objet d'attacher les affranchis aux intérêts d'Agrippine, de lui assurer par eux les provinces, et de ruiner l'influence des plus anciens favoris de Claude, en ôtant à ceux-ci le soutien des autres.
> Suét., ClauéUy a 9, 33, 34 ; Sënèq., Jpocol.
■ Tac, ^nii.y ia-60 ; Suét., Ctaud., la ; Torrentius et Just. Lips., ib.
AQBirPlNl. 75
GalUste ne vivait plus ; Agrippine tenait Pallas par la plus honteuse séduction; mais Narcisse avait voulu choisir une autre impératrice , il portait une affection sincère à Claude et à Britannicus. Une défiance réciproque , restée secrètement entre Agrippine et cet affranchi, s'aigrissait à la longue et commençait à devenir une opposition publique. Lorsque Tannée précédente (52), après une naumachie sur le lac Fucin, il s'agit d'ouvrir l'écoulement de ses eaux, l'opération manqua; Agrippine s'en prit à l'avarice de Narcisse , qu'elle accusa d'avoir détourné l'argent de ces travaux. Narcisse osa lui reprocher, à son tour, son ambition démesurée. Quand il vit le mariage de Néron et d'Octavie accompli (53), il se sentit encore plus touché du sort de Britannicus. Agrippine eut bientôt lieu d'en soupçonner davantage , car il échappa à Claude de dire, à propos d'un jugement sévère qu'il venait de prononcer, « qu'il « était dans sa destinée d'avoir des épouses indignes, mais oc non impunies, i» Et Britannicus se présentant à lui , il l'embrassa, el ajouta en grec : « Celui qui a fait la blessure a la guérira. » Puis , rappelant l'époque où il pourrait lui donner la toge virile , il dit encore : a Afin que le peuple a romain ait enfin un vrai César. » Il se passa peu de temps ensuite sans qu'il fit son testament. Agrippine se hâta ; la mort de trois personnes lui était nécessaire. Elle commença par Lepida, sa belle-sœur, qui l'égalait par l'âge, la forlune, l'ambition, la beauté et l'impudence , qui avait élevé renfance de Néron , et acquis une grande influence sur lui par ses molles indulgences. Or , Agrippine ne voulait donner l'empire à son fils que pour gouverner en son nom. Une accusation de magie et de conspiration (54) la délivra de cette rivale d'un autre genre, et le jeune Néron était déjà si pervers, qu'il servait de témoin contre cette tante S qui s'en croyait aimée de prédilection.
• Tac, Ann., i«-56, 57, 6^, 65 ; Suét., Clanâ,^ 4'. Néron^ 7 ; Won, 60.
Bientôt Claude, sentant sa santé altérée par tant de soucis intérieurs, eut envie d'aller se reposer dans le doux séjour de Sinuesse. Agrippine , qui n'attendait plus qu'une occasion favorable, ne différa plus: elle s'était radoucie envers Narcisse, qui, souffrant lui-même^ se laissa imprudemment persuader d'aller prendre les bains en Campanie. Cet unique surveillant une fois éloigné, il ne s'agit plus que de choisir un poison assez sûr pour ne point enlever le misérable prince subitement , et pour lui ôter le sentiment avant la vie, de peur que la soudaineté de sa fin n'en décelât le crime, ou que, reconnaissant la trahison, il ne voulût rendre à Britannicus ses droits. L'empoisonneuse Locusta, qu'elle comptait depuis longtemps parmi ses instruments de domination, se mit à l'œuvre; la mortelle invention fut mêlée à un assaisonnement de champignons, mets délectable au vieillard. Mais, soit que la langueur lui ôtàt l'appétit, soit qu'il eût bu avec excès, il en résulta un symptôme inattendu; Agrippine, effrayée, près de voir trahir son attentat, se décide à tout braver, et achève ouvertement. L'affiranchi Xénophon , médecin , qui était dans le secret, insinue , comme pour faciliter le vomissement , une plume, mais enduite d'un poison subtil , dans le gosier du malade. En même temps on assemble le sénat ; les consuls et les pontifçs adressent des vœux au ciel pour le salut du prince expiré ; on lui prodigue les soins les plus empressés, comme s'il vivait encore, jusqu'à ce que les mesures fussent prises pour assurer l'empire à Néron.
Agrippine , comme vaincue par la douleur et cherchant une consolation, serrait Britannicus dans ses bras, l'appelait le vrai portrait de son père , et l'empêchait ainsi de sortir et de se montrer. Ses deux sœurs, Antonia, née de Petina, et Octavie, de Messaline, étaient retenues par les mêmes artifices : on avait fermé toutes les portes; on faisait dire continuellement au dehors que le prince allait
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mieux, afin que les soldats demeurassent tranquilles, et que rheure favorable marquée par les devins pût arriver. Enfin, au milieu du jour, le troisième avant les ides d'octobre, les portes du palais étant ouvertes , Néron , accompagné de Burrus, se présente à. la cohorte de garde : il est reçu avec acclamation ; quelques voix seulement demandent où est Britannicus; mais, nul ne répondant, tous suivent rinvitation de Burrus. Néron se rend au camp, harangue les prétoriens, leur promet une gratification à l'exemple de son père adoptif, et il est salué empereur.
L^assentiment des pères conscrits suivit la décision des soldats: nulle hésitation dans les provinces; pour la seconde fois, le donativum faisait un empereur et conférait rélection aux prétoriens. On descendit CÎâxxde au ciel en funérailles magnifiques. On ne lut point cependant son testament, de peur que le beau-fils, préféré à l'héritier naturel, ne remuât le mécontentement du vulgaire, ou plutôt, peut-être , parce que ce testament restituait à Britannicus ce que l'adoption lui avait ôté. Narcisse n'était plus à craindre ; un arrêt de mort avait précédé pour lui celle de son maître ^
Néron prononça l'éloge de Claude et sa métamorphose céleste; il n'y eut personne qui ne se prit à rire, en entendant exalter la prévoyance et la sagesse du pauvre homme. Sénèque, qui avait composé cette oraison funèbre au nom de son élève, en publia une autre fort difl'érente en son propre nom': c^esiY IncueurbitaUon (Apocoloquintosis)^ ou i/^tamorphost en citrouille, plus digne du sujet, quoique la
■Tac, j4nn., I1-66, 67, 68, 69, i3-i; Sudt., Claud.f 44, 45, 46, Néron, 8, 9; Sénèq., Jpocot,; Jut., Sat^ 1 5-147, ^^ 6-475 :
.... Bliutu ergo nocent erit A(;rippinaB Boletut; si quidcm uniut praecordia pressit llle scnu, treinulunique caput descendere justit lu cœluiu. • • • •
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plaisanterie du titre ne se retrouve point dans Touirrage. Rien ne montre mieux l'avilissement du pouvoir et de la nation à cette époque. On n'y voit nulle vertueuse indignation dos maux passés; Timbécille prince y est cbargé de tous les forfaits commis par ses afiranchis et par les deux impératrices ; le sénat et les dieux de Tempire n'y sont pas moins tournés en dérision que l'empereur. Dans la suite, Néron poursuivait de railleries, à toute occasion, la mémoire de Claude, et l'un de ses bons mots ordinaires était d'appeler les champignons « un mets des dieux ^ »
* Tac, ^n»., i3>3; Dion, 6a : « e«5y y^fâyuee; •• Siiét., ^i^roti, 33. Voici encore un jeu de mots Ue Ndron sur Claude : « Et morari ev^m inUT hoiniucs dcsiisse , producia prima syllaba jocubatur. •