‹ Histoire romaineChapitre 14 sur 107 · CHAPITRE LXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXIX

GÀLBÀ. — OTHON.

Pendant que Icelus et Vinius, deux affranchis de Galba , couraient successivement avertir leur maître, et que ce vieillard de soixante-treize ans se dirigeait vers Rome, supportant à peine le mouvement de sa litière , Nymphidius mettait à profit cette lenteur pour s'emparer de Tautorité. Ses promesses avaient fait de lui un bienfaiteur aux yeux des prétoriens, et de Galba un débiteur; il se lit encore leur chef unique en destituant Tigellinus. Le sénat le déclara bienfaiteur de la pairie. Assuré de la plus saine partie des citoyens , en leur laissant mettre en pièces , écraser sous des roues de voitures chargées de pierres les amis de Néron, ou ceux qu'on désignait ainsi, il n'attendait plus que le moment de se proclamer. En avances d'avènement , il s'entourait de terreur et de débauche ; il hésita s'il no mettrait pas à mort les deux consuls pour avoir marqué des messages de leur sceau et non du sien. 11 se purdait

GALBA. iSi

ainsi avant d'avoir réussi ; autant eût valu garder Néron : un sénateur eut le courage de le dire.

D'un autre côté, Virginius n'avait qu'à vouloir pour renverser ensemble Nymphidius et Galba; ses soldats tentèrent encore une fois de le nommer empereur ; un tribun, sous la tente de son général, tira Tépée en lui signifiant de recevoir l'empire ou son glaive dans le corps. Ce Romain à contre-temps s'en remettait obstinément à la décision du sénat , comme si le sénat pouvait décider. Il rcconnut donc à la fm Galba , et fut aussitôt appelé auprès de lui sous une apparence d'amitié ; ses soldats, ne le voyant pas revenir , regardèrent son éloignement comme une défiance de lui et une punition pour eux >.

Les deux affranchis, avec Lacon, de simple assesseur nommé préfet du prétoire, gouvernaient déjà le vieux César avant qu'il eût pris lui-même possession de l'empire à Rome. L'ambition s'éveillait de tous côtés. Macer, gouverneur d'Afrique , ne laissait plus partir de blé pour l'Italie ; on parlait aussi de Capiton, prêt à soulever les troupes de Germanie. Nymphidius crut n'avoir plus à différer; il alla au milieu de la nuit haranguer les prétoriens; mais il s'était déjà rendu si méprisable qu'ils le tuèrent. Galba ne sut pas s'appuyer de cette circonstance , il envoya des ordres sévères contre les complices de Nymphidius ; si leur supplice était mérité, on se choqua de ces exécutions sans procès: ils semblaient n'être plus coupables. On apprit en même temps le meurtre de Macer, de Capiton et de deux lieutenants impériaux. Tout le monde espérait une forme de gouvernement bien meilleure , on n'était plus si bien disposé à recevoir Galba. En le taxant de cruauté et d'avarice, on lui imputait, non sans quelque vraisemblance, ce qui n'était que trop vrai de ses trois favoris. Avertis par

* Tac, Uisl.f I , de I à 8 ; Siiél., Calb»t lo, 1 1.

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