‹ Histoire romaineChapitre 35 sur 107 · COMMODE. S · texte numérisé non relu

COMMODE. S

œmmandement, la dissolution, la cruauté. On redoutait les regrets de la soldatesque , on n'était pas plus avancé qu'après Néroii et Domitien.

Il y avait cependant un grand changement, et même déjà sensible; les anciens errements s'étaient perdus, le peu qui restait encore des usages et des mœurs du vieux temps avait achevé de se plier , sous la main d'Adrien , à une administration et à- des habitudes nouvelles. On voyait une cour, un maître, une volonté suprême qui faisait loi pour tous. L'alliage républicain a presque entièrement disparu , le principat finissait. Mais ce progrès et celte tendance intime du pouvoir n'ont point changé son principe ni sa situation. Sorti de la démocratie, appuyé uniquement sur la force, le pouvoir dépend un peu moins du peuple, mais plus que jamais des soldats; il n'a réussi qu'à se rendre absolu , non souverain. La modération même de plusieurs empereurs , et surtout de Marc-Aurèle , par une nécessité singulière, n'a servi qu'à constituer plus fortement le despotisme , en le régularisant : c'est un aveu des légistes *. Ces princes n'ont point abusé de la force, mais ils n'ont gouverné que par la force ; leur ascendant personnel faisait rentrer, pour un temps, la discipline dans les camps, mais n'abolissait ni l'esprit, ni les prétentions des armées , ni leur possession formidable de l'épée impériale. Cet ascendant venant à manquer ou ne les ramenant plus vers le blende l'État, on avait à craindre les derniers excès , qui ne tardèrent pas à éclater. Le despotisme militaire va être inauguré avec toute la brutalité de l'insolence soldatesque. Il faudra un siècle avant que le pouvoir sorte de cette misérable position et se place sur un trône; il faudra que le règne des soldats s'use avant que celui des empereurs commence.

• Hugo, Bist, du droit romain, ^'jg.

CIMNE PÎillODE.

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