‹ Histoire romaineChapitre 45 sur 107 · CHAPITRE XCIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCIL

AlfAACBIS.—LBS TRSftTB TYRANS.

Le sénat, chargé par Decius de pourvoir au rétablissement de la censure, avait tout d'une voix désigné Yakrianus : a Qu'il soit le ju^e de tous, s'écria-t-on, lui qui est « meilleur que tous..< Valerianus fut censeur dès sa pre- « mière enfance; il fut censeur toute sa vie.... » Les instances de Decius pour lui faire accepter cette dignité , et le refus du vieux général, ne pouvaient qu'ajouter encore à Festime publique. Qui n'eût cru l'État raffi^mi en voyant empereur un homme parvenu de grade en grade à l'illustration la plus haute et la plus approuvée? Ses soixantetrois ans promettaient tous les avantages d'une longue expérience, et ses trois fils, dont l'ainé Galllanus était déjà époux et père avant d'avoir atteint sa majorité, prévenaient le danger des mutations électives. L'avènement de Valérien fut cependant un malheur pour l'État et pour lui, qui pei*dit au premier rang tout l'éclat du second. N'étant

YALÉEIBU. 915

3lci8 soutenu par rassujettissement d*une règle , 11 retomba jlans sa médiocrité naturelle. Ses bonnes intentions et ses qualités si brillantes s'éclipsèrent dans une lenteur paresseuse et faible. Tout son mérite se réduisit à recevoir volontiers des avis , à mettre de Téconomie dans les dépenses administratives, à bien (urdonner pour les provinces comme pour les troupes les approvisicmnemaits et las stations , à connaître ses guerriers , à les promouvoir en gra» des et en honneurs, selcm leurs talents et leurs sévices; toutes habitudes de méti^ , dans lesquelles il avait passé sa vie ^. Mais il eut trop d'indulgence pour la molle légèreté

* Trebelliuft PolUon, Faler., f, t, ), Trig. C/mit»., S, lo , i6 , ■• , Gaui^ i4-i5 ; Vopwcut, ^ureL ,8,9, Pvnk,^ 4 1 ^. Titlffm., F^lér., », 4* U» imt, écrivains de YHUtoire auguste rapporUnt lei lettFM (b VaiérÎM qui ftiftU lef émoluments de Claude, d'Àurélien et de Probus, slors tribaos. Voici ceuK de (^aude, que je transcris de préférence pour la curiosité du détail. Le pro* curateur de Syrie eut ordre de lui fournir, cwnme lalaive, aïK frais do trésor privé : trois mille boisseau* 4* h\é par #11 , sis mille baisseaiix 4'*rge , g deux mille livres de lard, trois mille cipq cents sextiers de vin vieM9 r ^f^ , cinquante sextiers de bonne huile, six cents d'huile inférieure, vingt boiasesux ^ de sel ; cent cinquante livres de ein ; du foia , de Is paille, du vinaigre , des \\ légumes et des heriies autant qn'il serait nécassairei trente dipaines da peaatc i| pour les tentes; par an, six mulets, trois obevaux, dix chameaux et oeuf imi» . les; une argenterie du poids de soixante*dix livres, cinquante pbilippes d'or " chaque année, et quarante-iept aux étrenaes; deux tuniques militaires rouges, f deux aagochlamydos, deux agrafes d'argent durées* une agrals d*or , IM ban^p drier d'argent doré, un anneau d'une once à deux brillanli« un brac*le( df sept onces, un collier d'une livre, un casque doré , deux boucliers ornés d'or, une cuirasse, qu'il devra rendre , deux lances d'Hercule , deux frondes, deux i cimeterres, quatre faulx; un cuisinier et un muletier, à rendre l'un et l'autre ; I deux belles captives ; une tunique demi-ei^e à bordure de pourpre, un manteau ; un notaire ou secrétaire , et an maître d'hôtel, k rendre ; deux paires \ de garnitures pour lit de repos; deux chemises simples, deux enveloppes de I reins (espèces de caleçons) ; une toge, à rendre; un laticlave, k rendre ; deux l Teneurs de suite, une voiture, un gardien de tente, un pourvoyeur d'eau , un I pêcheur, un pâtissier; un millier pesant de bois par jour, s'il y en avait abondamment, sinon, autant qu'il y en aurait, et où H y en aurait; quatre mesures de charbon par jour; un baigneur et du bois pour les bains, k défsut de quoi le tribun îiait au bain publie. Quant aux mcuues founulures, qui ne peu*

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de son fils Gallicn , et trop de confiance dans Macrien , homme ambitieux et fanatique , qui le poussa à reoouYeler la persécution * contre les chrétiens (256).

Tout allait assez bien jusque-là; Posthumius, avec le fils de Galiien, le jeune Saloninus mis sous sa conduite, remplaçait en Gaule Aurélien, qui passait en Thracc; Claude et Probus gardaient les provinces illyriennes , et partout les Barbares reculaient. Quelques chefs même des nouveaux Barbares, de ces Franks déjà si renommés, prenaient rang comme auxiliaires dans Tarmée romaine (257) ; car Yalérien, nommant Aurélien maître de la milice à cette époque , lui écrivait : a Tu as trois cents sagittaires de H- « turée, six cents de rArménie, cent cinquante Arabes, « deux cents Sarrasins , quatre cents de la Mésopotamie ; « tu as la troisième légion , r Heureuse , et huit cents cui- « rassiers ; avec toi seront Hartomond , Haldegast , Hilde- « mond et Gariovisc *. »

Mais pendant que Macrien , par ses prestiges magiques, animait l'empereur contre le christianisme, un magistrat d'Antioche, ayant volé les deniers publics, s'enfuit auprès de Sapor , dont il réveilla Fhumeur belUqueuse ; et , sans attendre davantage , le traître Mariades revint essayer de prendre un rôle dans les usurpations qui divisaient la Syrie depuis la tentative de Jotapien. La grandeur récente des Sévères, Syriens de naissance, y entretenait des prétentions extraordinaires. Palmyre, considérée comme colonie

Talent s'écrire, le procurateur devait s'en acquitter avec mesure, mais toujours en nature, et si quelqu'une de ces choses manquait dans le pays , il n'était pas tenu de la livrer ni d'en donner la valeur en argent. D'ailleurs, toutes ces recommandations, dit le message impérial , ne sont pas réglées comme pour un tribun, mais comme pour un général (un duc), à cause du mérite de Claudius.

' Bullet, Etablissement du christianisme, 7a.

* Vopisc, /éurel,, 1 1 ; ce sont là assez évidemment des noms franks; Tilltmont, Falér.f 5, à ce sujet cite Vorburgns, Historia Romano-Germanica.

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romaine , avait va Tune de ses premières familles sénatoriales , qui commandait aux tribus arabes des déserts voisins, traiter avec Septime Sévère, et recevoir de lui le droit de cité, avec le prénom général de Septime; à ces conditions, suivies de subsides, cette famille se chargeait de défendre les frontières d*Orient contre les autres Arabes et les Perses. Septimius Aïranes , Théritier de cette transaction; devint prince dePalmyre, vraisemblablement au temps que Jotapien se fit Auguste , et peu après transmit à son fils , Septimius Odenath , une indépendance plus assurée par la situation de la ville , magnifique oasis sur les confins sablonneux de FArabie. Mariades obtint Fappui d'Odenath , d'abord sans grand succès (256) ; enfin Sapor, après s'être emparé de l'Arménie , s'avança , et sa marche, sûrement guidée, fut si rapide, qu'il surprit les habitants d'Antioche au théâtre. Un mime occupait toute leur attention à ses bouffonneries , quand sa femme à côté de lui s'écria : « Si ce n'est point un songe , voici les Perses. » Les spectateurs , tournant la tête , voient en effet les ennemis sur la montagne voisine ; on se disperse déjà sous une grêle de traits ; nulle résistance possible , Antioche est livrée au carnage , au pillage et aux flammes (257). Mariades y prit le titre d'empereur , qu'il garda un an. Sapor , -voulant pousser ses conquêtes, échoua devant Emèse, par la valeur de Sampsigeramus , prêtre de Vénus; il n'osa plus attendre Valérien, qui arrivait, quoique tardivement, à Byzance (258) ; et, avant de partir , il fit brûler vif son odieux protégé , qui , sans doute , refusait de lui obéir K

Odenath , se défiant lui-même de son nouvel allié , se tourna contre lui, se mit à sa poursuite, et lui reprit une

» Eusib., EisUeecU, 7-10 ; Cyprian., Ëpist.^ 80 ; Zoi., 1 ; Treb. Poil., TWf . , tyr.^ 3, 1 ; Amm. Bfaroell., a 3-4 i Tillem., FoUr^^ Siiat-BIartin, Bio^, u»tV., art. Otfmatfc.

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