LES PROVINCES
« ancêtres, ne font pas une chose moins ridicule... Les c< batailles de Marathon, de TEurymédon et de Platée, et « tous les souvenirs semblables , il faut les laisser aux a écoles des sophistes et des rhéteurs*. »
Les provinces étaient éternellement vaincues pour payer ,^ si bien que le droit de citoyen, conféré à tous les provinciaux, ne servait qu'à augmenter leurs charges. Personne ne pouvait s'y tromper, et l'historien Dion Cassius ne le cacha pas*.
L'esprit de Rome et du pouvoir impérial restait toujours le même envers les nouveaux Romains de nom. C'est le jurisconsulte Gaïus qui nous dit, vers le n*" ou le m* siècle , que « le sol provincial est le domaine du peuple romain ou ce de César, que tous les habitants en ont seulement l'usu- « fruit, que des terres provinciales, on appelle les unes « stipendiaires, qui sont réputées appartenir au peuple ro- « main, les autres tributaires, qui sont réputées appartc- « nir à l'empereur*. » Quant au résultat, deux faits le montrent clairement : 1° Adrien accorda la remise des contributions arriérées de seize ans; Marc-Aurèle la renouvela pour les quarante-six ans qui s'étaient écoulés depuis. On ne prend pas une telle mesure par munificence, surtout quand le trésor s'est tellement trouvé épuisé, qu'il avait fallu mettre en vente les meubles précieux du palais pour fournir aux frais d'une guerre ; la seule raison était donc la détresse des provinces*. 2° La population diminuait tel-
> Plut., Traité, 3i, instntction pour ceux qui administrent les affaires de rÉtat,
■ Dion , 77-9 : « Ac^» juh rt/uiSf , •»>» ^t ÏTrmç irxti» ivr» xcti t « *rotJ Totourou irfdffif y hi. to toi/c ^ifùuç tk toKXÀ àuTmy /xn ^t/y— TtXtîv» »
3 Gaïi Institutionum commentariuSf a-4» ^j 6» 7t 21.
4 Spart., jidr.f 7 ; Casaubon, ib. ; Dion, 71 ; Tillemont, Marc-Aurèle^ a4; Bl. Naudet, Des changements opérés^ etc., 1-2-8.