DU SÉNAT
Jamais Tempirc n'avait paru plus florissant que sous Adrien et Antonin. Tous les arts, Tindustrie de toutes les provinces, les productions de toute la terre, arrivaient à Rome pour sa magnificence et son plaisir; Talbâtre, h marbre, le bronze, Tor, l'argent, les bois les plus précieux, y reluisaient de toutes parts; la Scythie lui envoyait ses fourrures, la Baltique son ambre, la Perse ses tapis, Alexandrie ses ouvrages de verre, avec les mille inventions deTactivité et de la délicatesse égyptienne; on allait chercher jusque dans Aden, dans la région de Pandion (Mala- Ixir) et la Taprobane (Sérendib ouCeylan), les aromates de TArabie, les étoffes, l'ivoire, les perles de l'Inde, la soie cl la porcelaine de la Chine '.
■ S^n^. et Juv. , passim; Pera., iHi34; Slat., Sylv*y i-a ; Capitol., Fer^ 4, 5; Vopisc., .(afura., 8 ; Sidoo. ApoUinar., Carm.^ a, v. 5a :
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LB POUTOm IMPÉRUL. 577
Toutes les principales villes de Tempire brillaient aussi de fêtes , de monuments et de luxe. Mais il fallait payer ces fêtes, ces constructions et ces jouissances; l'empire achetait et ne vendait pas ; il sortait de Targent par le commerce , il en sortait pour les subsides contractés avec les Barbares. Le sol et le travail de l'homme n'y fournissaient plus qu'à grand'peine , l'Italie n'y fournissait plus rien ; séjour privilégié, séjour de plaisance et de délices, on n'y savait plus que respirer à l'ombre et battre des mains. Tibère se plaignait déjà de ces villse «i qui tenaient des espaces infi- « nis, D de ces moissons que l'Italie attendait des contrées étrangères , de sorte que a la vie de tout un peuple voguait « chaque jour à travers les hasards et la tempête ; et si les « récoltes des provinces ne subvenaient aux maîtres , aux « esclaves et aux champs , quelle ressource , demandait-il, tt trouverons-nous dans nos villse et nos bocages*?» L'Italie elle seule eût dévoré l'empire. Le mal s'était bien accru depuis ce temps, et toute cette splendeur factice reposait sur des fondements qui se ruinaient.
Cependant, malgré tant d'obstacles, le pouvoir impérial avait grandi. Les empereurs passaient, les attributions restaient les mêmes et se fortifiaient. La tyrannie des uns et la modération des autres accoutumaient à l'obéissance, soit en écrasant toute résistance, soit en rétablis-
In tua lucra ferit ezarmat guttor alumnis Ut pandum depcndat ebur.
Id.f 5, V. 40 :
Advolat omnis
Terra simul ; tum qusque suos provincia fructus Exposuit; fert Indus cbur, Chaldaeus amomum, Assyrius gemmas, Ser vellera, thura Sabaeus, Attis mel, Phœnix palmas, Lacwdemon olivum, Arcas cquos, Epirus equas, pecuaria Galius, Arma Chalybs, frumenta Libys, Campaniis iacchum, Aiinim Lydus, Arabes gutiam, Panchaia myrrh^m, Ponius casiorea, blaitam Tyrus, xra Corintlius.
* Plin. Nal., is-iS; Tac, Ann,t 3, de 5a à 55.