‹ Histoire romaineChapitre 57 sur 107 · III · texte numérisé non relu

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sant Tordre général : ce contraste profitait au gouvernement , que nul ne pensait à trouver défectueux , puisqu'il en résultait quelque bien entre des mains prudentes; on n'imputait qu'aux princes vicieux tout ce qui arrivait de funeste. Les adulations forcées envers les tyrans se continuaient par reconnaissance et par coutume envers les autres. Les révolutions et les révoltes n'y changeaient rien : on ne peut se passer d'une autorité ; entre deux séditions on obéit , et Ton ne tue pas un chef pour se délivrer de la soumission, mais pour la transportera un autre chef. D'ailleurs , il n'y a pas de servilité plus grande que celle des mercenaires, tant qu'ils obéissent, c'est-à-dire tant qu'ils sont traités à leur gré, et ils ne souffrent pas qu'on ose résister à celui qui les paie. Le commandement a toujours été naturellement absolu à la tête des armées , parce que le danger est plus grand alors de ne pas obéir ; les légions le sentirent si bien dans les derniers troubles, qu'elles commencèrent à céder.

Or, le pouvoir impérial était essentiellement militaire; en passant de l'armée dans le gouvernement et dans la cité, il y introduisit assez promptement les formes de la milice: on parlait du palais comme d'un camp ; tous les voyages de l'empereur s'appelaient des expéditions. L'on finit par tirer de cette comparaison tacite une quahfication officieUe pour tout ce qui regardait la personne et le service du prince 1 ; cela devint style de chancellerie. L'empereur était général avant tout; il n'y avait pas d'autre général que lui; les soldats le voulaient ainsi , et ils méprisaient Balbinus

« Suét., Domit., 12 : « Castrenses sumptus ; . Lampr.. Mex., 4i : « Minism castwenses. » Cette expression est ordinaire dans Suétone et VHistoin auguste. Je ne puis oublier ici un mot bien curieux de Napoléon , que j'ai entendu de sa bouche, au retour de lîJe dElbe, et qui trahissait sa pensée politique te préférence exclusive pour le gouvernement militaire, au temps même où .1 cherchait le plus la populnriié: . Nous sommes tous de Paris, « disaii-il, cest le trand camp du la nation. «

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