CHAPITRE XCVII
BHPIEB MONARCHIQUE. — DIOCLtTISN. •— TÉTBARCHIB.
L'avènement de Dioclétien (284) fut Tépoque d'une ère nouvelle , qui porta son nom , et que les chrétiens ont appelée aussi Y ère des martyrs. Ce fut, en effet, le temps de la lutte la plus sanglante pour le christianisme, après laquelle il devait triompher. Le changement politique qui se préparait depuis si longtemps d*une manière insensible, se développa presque subitement. Il était réservé à un soldat obscur, né en Dalmatie, fils d'un affranchi, ou peut-éUv d'un esclave, d'établir ouvertement la souveraineté impériale. Il disait « qu'il n'y avait rien de plus difficile queàe « bien gouverner; qu'un bon, un prudent, un excellent « prince, était vendu par quatre ou cinq courtisans gui 9L Tentouraient ; » et , 4 son avis , « Aurélien eût dû être g^
DIOCLÉTICN. — UAXIMIEN. SSD
<c néral plutôt qu'empereur. » Un de ses intendants lui vantant les jeux qui avaient rendu Carus et ses fils si agréables au peuple , il répondit : a On s'est donc bien amusé de Carus sous son empire. » Pour lui, lorsqu'il donna des jeux, il y mit une grande parcimonie, alléguant que « le spectacle devait être plus décent en présence du cen- « seur, )ï c'est-à-dire du prince*.
Qui ne s'attendrait, sur ces paroles, à voir paraître sur ]a scène du monde un de ces grands et sages réparateurs qui retiennent d'une main ferme un État vacillant , et qui cherchent leur gloire dans l'utilité publique? Il n'en sera rien. La liste des bons princes, dont <( les noms et les porte traits, selon le fou de Claude II, auraient pu tenir sur « une bague', » ne s'allongera que d'un seul nom sous ce premier règne, et ce ne sera pas celui de Dioclétien.
Comme Auguste, Dioclétien ne s'occupa de l'empire que dans l'intérêt de Terapereur. Il adapta le gouvernement à l'idée monarchique qui avait prévalu : la facilité qu'il y trouva diminue fort son habileté; encore laissa-t-il beaucoup à faire à Constantin. Le premier point était de terminer les incertitudes de la succession , en mettant délinitivement le pnnce en état de choisir son successeur, et en affaiblissant l'intervention des soldats. Il s'associa un parvenu comme lui, à, peu près du même âge, Maximianus, fils d'un joumaher de Sirmium , soldat grossier, bon pour l'exécution , et qui reconnaissait volontiers la supériorité de son compagnon d'armes. D'abord il le créa César, et, quelque temps après , Auguste (286). Le surnom d'Herculius, qu'il lui donna, et celui de Jovius, qu'il prit lui-même , exprimaient assez bien la différence des deux hommes, de leur aptitude , et de leur rôle dans l'égalité de rang où il rélevait : l'un devait être la tête, l'autre le bras.
> Vop., ^ur., 43) 44t Carin», aojTillcm., Dioclét, * Vop., Aur.f 4*»