‹ Histoire romaineChapitre 65 sur 107 · III · texte numérisé non relu

III

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père , remis d'une maladie grave , et près de pass^ en Grande-Bretagne; il raccompagna dans une expédition contre les Calédoniens ou Pietés, mais il le vit mourir au retour (306) , dans son palais * d'Eboracum (York).

L'armée aussitôt proclama Constantin Auguste, selon la recommandation de Constance. Galerius fut bien obligé d'y consentir; toutefois il ne lui accorda que le rang de César, et donna celui d'Auguste à Sévère : Constantin ne contesta point; il s'occupa d'abord de visiter ses provinces, d'y continuer l'oeuvre de son père, courut repousser une incursion des Franks en Gaule, prit deux de leurs rois, qu^il livra au supplice de l'ampbithéâtre , pour imprimer plus de terreur à ces inconstants Barbares.

Cependant la vue de ses images couronnées du laurier impérial excita l'ambition de Maxence, qui profita du mécontentement de ritalie et de Rome. Galerius, en effet, avait résolu d'imposer ses taxes aux Romains eux-mêmes. Déjà il avait commis des censiteurs au recensement de la cité , et prévenu le principal obstacle , en diminuant encore le camp prétorien. Maxence gagna aisément le peu qui en restait : on tua quelques magistrats, et on alla lui porter la pourpre dans la villa qu'il habitait, à trois lieues, sur la voie Lavicane. Le peuple se réjouit, se croyant préservé de la tyrannie. Galerius, qui haïssait son gendre et ne voulait pas nommer trois Césars, fit marcher Sévère contre lui avec l'ancienne armée de Maximien. Mais le fils, qui avait senti d*avance le besoin d'un appui , rendit la pourpre à son père; et quand Sévère se présenta pour assiéger Rome, ses soldats, qui en regrettaient les délices, se tournèrent du côté des Romains et de leur premier général. Le misérable agresseur, réduit à fuir, assiégé dans Ravenne, se défiant

» Lace, Oe morte persecut. , 24 ; Praxagori», cité par PhotinSf 62 ;.Ea8., Const.y i-ao, 9 1 ; Z08., a; Tîllem., Const., 7.

gàlerius. 415

de ses troupes, crut sauver sa vie en capitulant et en restituant la pourpre à celui dont il Tavait reçue : cette lâcheté ne lui valut qu'une mort plus douce. Maximien, au mépris delà parole jurée, l'emmena prisonnier, et lui fit ouvrir les veines.

Le vieil ambitieux s'attendait bien aux fureurs de Gàlerius; il appréhendait même qu'il n'appelât Maximin , et qu'une agression puissante ne fondit sur l'Italie. Il fortifia Rome avec soin : déjà il avait écrit à Dioctétien, dans l'espoir de se mieux soutenir, si cet illustre collègue réclamait aussi ses anciens droits; mais il n'en reçut qu'un refus insouciant. Il s'en alla en Gaule, négocier une alliance avec Constantin, auquel il donna, en effet, la quahté d'Auguste, et sa fille Fausta en mariage; le jeune prince était veuf, alors, de Minervina, dont il avait un fils, Crispus. Cependant Gàlerius s'avançait contre Rome, pensant y entrer aisément, car il ne l'avait jamais vue , et ne l'imaginait pas plus grande que les autres villes : il devait massacrer le sénat et tous les habitants. Il trouva ses abords bien défendus, un assaut et un siège impossible au corps d'armée qu'il conduisait ; pour comble de disgrâce, une partie de ses légions l'abandonna, les autres s'ébranlèrent. Alors, abaissant son orgueil , il se jeta aux pieds des soldats , les suppliant, avec de grandes promesses, de ne point le livrer à l'ennemi. Il n'en pu retenir qu'un petit nombre, avec lesquels il se retira en toute hâte; craignant le sort de Sévère, il leur donna tout à saccager sur son passage, pour empêcher qu'on ne le poursuivit, et laissa pour adieux à l'Italie la désolation et les outrages de la violence soldatesque *.

Hercule ne put persuader Constantin de poursuivre cette défaite; il revint seul en Italie régner avec son fils-, non

* Lact., De nwrte persecut.f 36, 37; Eus., Orat, Confiant,, 93 ; iir. Vicl. ; Pan. vet. ; Zos., a ; Tillem., Constant.^ 9. ««•

; Etttr. I Aur.

410 RISTOntB ROMAINB.

sans envie de la grande autorité de Maxence, qu'il voyait bien plus obéi. Il n'y tint pas : il convoque le peuple et celte armée qui avait longtemps été la sienne; il leur fait une grande harangue sur les malheurs publics : tout-àcoup, mettant la main sur Maxence, qui siégeait à côté de lui , il Taccuse d'être Fauteur de tous ces troubles , et lui nrrache la pourpre. Le prince dépouillé se précipite à bas du tribunal, se réfugie au milieu des soldats; leur indignation et leurs cris s'élèvent contre ce père dénaturé, et le chassent de la ville comme un autre Tarquin, sans écouter sa' fausse protestation d'avoir voulu seulement éprouver leur affection envers son fils. L'inquiet vieillard retourne en Gaule, et sollicite encore vainement son gendre, puisse dirige vers Ganiuntc , où résidait Galerius : il prétendait conclure avec lui un traité, ou plutôt chercher quelque moyen de le supplanter à la faveur d'une réconciliation. Par une singulière circonstance, il rencontra là Dioclétien, dont Galerius, après son double échec, avait jugé la présence utile pour mieux autoriser la substitution de Licinius à Sévère. Nulle occasion ne semblait plus favorable ; il renouvela plus vivement ses instances auprès de Dioclétien ; des amis communs s'y joignirent : « Je voudrais, ré- « pondit le Jupiter en retraite, que vous vinssiez voir les « belles laitues que j'ai plantées à Salone; assurément vous « ne me parleriez plus de l'empire. » Hercule assista donc à la création d'un nouvel Auguste : ce fut une faible consolation à son dépit que celui de Galerius, qui ne put empêcher Maximin de se décerner lui-même le titre et le rang accordés à Licinius.

Il y avait donc alors six empereurs presque tous rivaux (308); car, malgré un consulat partagé avec Galerius, Hercule, toujours déçu et négligé, ne tarda pas à le quitter; il reprit le chemin de la Gaule, méditant une nouvelle trahison. Afin de la mieux assurer, il quitta une seconde fois la

gàlehius. 417

pourpre, et parut se contenter du repos honorable dont il jouissait dans le palais de Constantin. Mais pendant une expédition où il avait engagé lui-même ce jeune prince, avec la moindre partie des troupes, il tâcha de séduire Fautre à Arles, en faisant largesses du trésor impérial, et il se proclama de nouveau. Constantin , revenu rapidement des bords du Rhin, le surprit à Marseille, le priva définitivement de la pourpre , et lui accorda la vie. Rien ne changea le détestable vieillard, qui, abusant de l'impunité , essaya moins de deux ans après une dernière perfidie, en sollicitant sa fille à lui servir de complice. Mais Fausta avertit son mari : un vil esclave est placé dans le lit de Constantin ; Maximien pénétrant dans la chambre au milieu de la nuit, avec un poignard, croit tuer son gendre, et pubhe tout glorieux ce qu'il vient de faire. Constantin parait alors avec ses gardes : Thomicide confondu n'a plus que le choix de son genre de mort; il choisit de se pendre (510), et rendit dans cette honte une vie souillée de toutes les cruautés et de toutes les débauches ^

La fin de Galerius fut encore plus terrible; son caractère, comme sa figure, sa voix, son énorme stature, avait quelque chose de monstrueux, et tenait de la nature des bétes féroces. Il surpassait Maximien et tousles tyrans précédents. Il préparait une guerre contre Maxence et la célébration de ses Yicennales, et, sous ce prétexte, il chargea encore de nouvelles taxes les provinces épuisées; des soldats, ou plutôt des bourreaux, assiégeaient les contribuables ; on avait à souffrir des tourments multipliés, si Ton ne donnait surle-champ ce qu'on n'avait pas. Nul repos , nul temps de Tannée sans recherches et sans poursuites ; nulle moisson, nulle vendange sans exacteur: mais ces odieuses Vicenna-

> Lact., De morte persecut.^ 38, ag, 3o, 3a, 8 ; Eus., llist. eccL^ 8-1 3, 18 ; Zos., a ; Eutr«; Aurcl. Vicl,; Pan. t>e/.; Zonnras; Tillcm., Comt.

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les ne devaient pas se voir. Galerius fut frappé d^une plaie incurable; un ulcère s'ouvrit sur la partie la plus secr^ de son corps , lui rongeant peu à peu les entrailles , d'où sortait, avec une odeur infecte, une incessante quantité de vers. Le persécuteur des chrétiens mugissait de douleur; il promettait de réparer son crime : déjà près d'expirer à Sardique, il accorda un édit de tolérance , et ne survécut que de quelques jours (3H). Maximin, à cette nouvelle, accourut s'emparer de l'Âsie-Mineure , et supprima le cens pour gagner les habitants. Une guerre eût éclaté entre lui et Licinius, si ce rival, dans une entrevue , n'eût accepté enfin la Propontide pour bornes de son département *.

Ainsi la tétrarchie n'avait pas longtemps pacifié l'empire , et ne présageait plus que troubles. Maximien et Galerius vivaient encore lorsque le vicaire prétorien Alexandre s'était fait le septième empereur en Afrique ; il brava pendant trois ans (30S-5il) Maxence> qui tournait tous ses projets contre Constantin. Toutefois, il eût été trop imprudent de ne pas détruire le plus fetible avant d'attaquer le plus redoutable. Le premier corps de troupes qu'il envoya en Afrique en vint facilement à bout , et, par la mort de l'usurpateur, lui livra les fauteurs de la révolte à punir, c'est^-dire les riches à proscrire, leurs biens à confisquer et toute la province à ruiner. Il ne traitait pas mieux l'Italie et Rome. D'abord il avait afibcté une grande douceur et arrêté la persécution contre les chrétiens. Dès qu'il se crut aflermi , il se montra tel qu'il était, une hôte impure, insatiable de luxure et de sang. Il ne haranguait ses soldats que pour exciter leur licence brutale ; il pfilait les temples comme les fortunes privées; il dissipa en six ans les richesses amassées de dix siècles. Aussi lâche que dif-

• Lacf., De morte persecut,, 9, elde Si à 36; Eus., Hist, ecci., 8-16, 17;

Tillcni., Const., if).

CONSTANTIN. — MAXENCE. Ai 9

forme, il joignait la peur à la présomption; il ne rêvait que complots, que moyens magiques de les découvrir, et, après avoir sacrifié à sa cupidité et à sa défiance les plus illustres sénateurs, il consultait l'avenir dans les entrailles des femmes et des enfants. Il ne ménageait pas davantage le peuple , et la moindre querelle de plébéien et de soldat attirait un massacre ^

De quel autre que Constantin les Romains auraient-ils €spéi*é leur délivrance ? Devant ce prince in&tigable, les Barbares ne remuaient plus impunément; il venait tout récemment de battre deux fois les Franks et les Alamannes séparés, puis confédérés (311) : il devait être facilement tenté d'opposer sa gloire et ses armes à un ennemi certain et généralement haï. Toutefois il hésitait à quitter de luimême sa position prudente à Fécart, lorsque Maxence, comptant sur les présages , sur cent soixante-dix-huit mille soldats rassemblés en Italie , et d'habiles généraux , annonça qu'il voulait venger la mort de son père, et abattit les images de son collègue de Gaule. Constantin, forcé à la guerre, résolut d'attaquer le premier, et ayant obtenu l'alliance de Licinius , auquel il offrit la main de sa soeur Constantia , il se dirigea vers les Alpes. Ses stations n'exigeant pas moins de quarante mille hommes , il lui en res-

> Euft.f Bist, «cv<.,6-i4, 9'tS, i6, Fila ùmst., 1-33; AttCé Vict. ;Nanr.i Pan» vet»{ Zoe., a ; Prud.» /n Symm,^ ▼. 553 :

Cum te pestiferapremeret Maientius auh Lugebas longo damnatos carcere centum Ut scis ipsa, patres. Aut sponsus foedera pacl» Intercepta gemens, diroque satellite rapta* Immersus tenebris, dura ioter Tincla luebat; Aui si nupta toram régis conscendere jussa Gffiperat impuram domini oblectare furorem, Morte maritalis dabat indignatio pœnas.

Plena paellarum patriimque ergastuia saevi PriDcipis; abducta genitorsi virgioe mussans Tristius iDgemuit, non ille impune doiorem Prodidit, aut confessa nimis suspiria traxit.

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tait à peine auUmt pour envaliir Tltalie, si bien munie ; et, ce qu'il ne savait pas , Maxence avait déjà la promesse secrète de Tappui de Maximin , offensé de Taccord des deux autres ^

Mais Constantin «avait recueilli le fruit de la sagesse de son père; il avait vu de près la force du christianisme persécuté par Dioclétiea, son heureuse influence sous la protection de Constance et la sienne : il en comprit la vertu, et en même temps l'ineptie et la honte du culte idolàtrique. 11 comparait aussi le règne et la fin si tranquille , si honorable de son père, avec la vie agitée et la fin misérable de tous les empereurs qui avaient versé le plus de sang chrétien pour la cause de leurs dieux inertes. On raconte qu'au milieu de ces pensées, un double prodige le détermina toulà-coup : une croix lumineuse lui apparut au-dessus du soleil, ainsi qu'à son armée, avec ces mots : a Hoc vin- « ces » (par ceci tu vaincras); ensuite un songe divin l'avertit de prendre cette croix pour ense^e. Quelles que soient les obscurités de cette tradition chrétienne, elle n'a point essuyé alors de contradictions ; les païens eux-mêmes semblent l'avoir avouée, en constatant avec le sénat sur un monument public ^inspiration de la divinité dans l'entreprise et le succès de Constantin, et avec les panégyristes , l'opinion populaire de la Gaule , que des armées célestes combattirent pour lui. Il est certain que ce prince, avant de passer les Alpes, accomplit, sans le moindre obstacle , le changement le plus imprévu et le plus étrange pour le temps , en abolissant par un seul ordre de sa volonté tous les insignes idolàtriques qui avaient servi de ralliement militaire aux Romains, et les avaient conduits, sous les auspices des dieux, à la conquête du monde. Il y substitua un magnique étendard ou labarum, étincelant

> Eus., rite Constant.^ i-a5, Hisl. eceles.. 8-i4, 9-9; Pan. vet.; Zos., 2.

COIïSTÀNTlN. — MàXëKCE. 421

(l'or el de pierreries, en forme de croix, surmontée du monogramme du Christ dans une couronne d'or. Nonseulement l'empereur porta le signe de la croix et le monogramme gravés sur son casque, mais les soldais le reçurent également sur leurs boucliers et leurs armes, et tous marchèrent avec l'assurance de vaincre par ce signe jusqu'alors abhorré *.

La rapidité de Constantin prévint l'ennemi , qui croyait venir l'attaqueï^. A la descente des Alpes, Segusio (Suze), la première ville qui tenta quelque résistance, fut forcée en un jour, et préservée du pillage. Une nombreuse cavalerie en avant de Turin chargea impétueusement l'armée de Gaule, dont les rangs s'ouvrirent aussitôt pour l'assommer des deux côtés. Tout s'empressa vers le vainqueur, jusqu'au Padus. La seconde armée de Maxence s'appuyait sur Vérone ; le préfet prétorien Rurilius , qui la commandait, aima mieux, malgré son habileté, se mettre à cou-

* Ens., yUa Const^ de 27 à 3i et 54; Lact., De morte persecut., 44 > Socrat., Hist., 1-3, 4 ; Sozom., Bist,^ t-3, 4i Phiiost., 1-6; Paneg, vet, t»certiy c. a; Nazar., c. 14 ; Prud., In Symm., v. 55o :

Hoc si|;no invictus transmissis Alpibiis ultor Servitium solvit miserabile CoostaDlinus.

Id,f T. 565 :

Testis Oiristicolse ducU advcntanlis ad urbem Uilviiis, exceptum Tiberina in stagna tyrannum Pra^cipiiaiis, quanam victricia viderit arma Majcstate régi, quod signiim dextera vindcx, Prastiilerit, quali radiariim steramate pila! Christus purpureum gemmanii textus in atiro Signabat labartim^ clypeorum insigna Christus Scripserat, ardebat summis crux addita cristis.

Voy. dans Bullet, Établissement du christianisme ^ preuve 83 , et dans Baroniu-s ^nn., 3 13, l'inscription gravée sur l*arc-de -triomphe de Constantin par ordre du sénat : « Quod instinctu dîvinitatis.,, rempublicam nltus est... » Foy. encore Tillcmont, Consl.^ 23, 34; Âlban Bntler, Fie des Saints^ (rad. par Godescard, et ses nombreuses citations, au 14 septembre ; et enfin Gusla, Fita di Costantino. Voy. sur le Labarma, Tcrlull., Jpol.y iC.

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vert dans la ville; il en ^sortit secrèteiomt après les premières mêlées, et ramena du dehors, sur les assiégeants , des troupes considérables. Constantin, suis interrompre le siège , courut à leur rencontre , les battit , et le préfet demeura parmi les morts. En cinquante jours toute lltalie était conquise jusqu'à Rome, que défendait une troisième armée, et la plus formidable, postée derrière le pcmt Mil- Yius (Ponte-Mole.)

Le lâche Maxence continuait ses débauches, se gardant bien de s'aventurer hors des murs, où un oracle le menaçait de périr. Il comptait corrompre les troupes de Constantin, comme il avait fait celles de Sévère et de Galerius, ou du moins se délivrer de lui en l'attirant vers la cité par un pont de bateaux disposé sur le Tibre, au^essus du pont Milvius, en deux parties qui pouvaient se détacher aisément Tune de FautrcLe sixième anniversaire de son r^^ lui donna plus de hardiesse ; ses sacrifices et les livres sibyllins lui annonçant que TennemideRome devait mourir ce jour-là même , il ne douta pas d'un plein succès. Il alla donc lui-même présenter la bataille dans la plaine des Rochers-Rouges, à neuf milles de Rome, de Fautre côté de son pont de bateaux. Constantin, qui ne désirait que cette action décisive , s'y lance plein de joie , et son intrépide valeur animant les siens comme aux deux autres combats , l'emporte encore sur le nombre. Les Romains et les Italiens, contraints de défendre un maître détesté, plient bientôt; les autres corps, surtout les prétoriens, qui avaient servi la tyrannie, et qui n'attendaient point de grâce, résistent en désespérés ; ils sont enfin rompus. Maxence, un des premiers à fuir, poussé par cette multitude en déroute , tomba de son pont brisé ou du rivage dans le Tibre. On retrouva le lendemain son corps enfoncé dans la vase ; on mit sa tète au bout d'une pique, pour la montrer à tous les regards, car l'incertitudede sa mort comprimait la joie, dans

CONSTÀNTIIf. 4SS

la crainte de ses dernières fureurs s'il fût revenu vaincu. Les prisons ouvertes rendirent au sénat ses membres les plus illustres : tous les pères conscrits vinrent chercher leur libérateur, et le conduisirent à Rome au milieu de la plus vive allégresse, quoique le triomphe, pour la première fois (312), ne se dirigeât point vers le Capitole, et refusât aux vieilles idoles Fencens accoutumé : le laharum prenait possession de la ville éternelle au nom du Dieu vivant *,

* LacLf De morte persecHt,^ 44 • P^^* uf(.; Eus., FUa Const,, i>38; Zos., 2; Aurel. Vict. ; Tillem., Const.^ a8; Pmd., lu Symm.^ t. 674 :

Ipse senatorum meminit clariasimus ordo, Qui tuoc coDcreto procMsit crin», oal«njs Squalens carceris, aut nexus conripede vasta. . .

Tune ille senatus

Militiae ultricis titulum C.hmtique verendum Nomen adoravit, quod coUacebat in armis.

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