CHAPITRE XCIX
SECONDE FAMaLB FLAYIBNNB; CONSTANTIN. — EMPIRE CHRÉ- TIEN. — CONSTANTINOPLB.
Un règne tout nouveau commençait; un pardon général sauva des cris du" peuple les ennemis du vainqueur; le fils du tyran et quelques fauteurs les plus coupables furent seuls sacrifiés à la sûreté de TÉtat et à la justice. On vit avec satisfaction publier peine de mort contre les délateurs, reléguer les troupes de Maxence sur le Rhin el le Danube, casser les cohortes prétoriennes et urbaines, et démolir le camp séditieux du Viminal; il ne resta plus dans Rome que la milice pacifique des vigiles : la libéralité , l'affabilité du prince, effaçaient tous les maux récents; on accourait de toute Tltalie pour le connaître et le contempler. On revenait à la vie. Le sénat, rétabli dans son ancienne dignité, complété par l'admission des personnages les plus qualifiés des provinces , le déclara le premier des trois Augustes régnants, et, taisant par une sorte de pudeur en ce moment ses dieux méprisés, décréta un arc
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triomphal de reconnaissance envers Constantin et la divinité qui Tavait conduit. Constantin lui-même eut soin d'ériger une statue , dans laquelle il se représenta une croix à la main, et on lisait au bas que, par ce signe de salut, il avait délivré Rome. Il adopta ain^ publiquement la reli** gion chrétienne, honorant les prêtres ou ministres de TÉglise, et, selon la tradition, donna au pape Melchiade le palais de Lateranus, qui s'appela depuis la basilique de Constantin. Il s'empressa surtout , d'accord avec Licinius , de révoquer l'édit de persécution porté par Dioclétien, et, l'année suivante (313) , dans une entrevue à Milan, où s'accomplit le mariage de Licinius avec Constantia, les deux alliés proclamèrent définitivement la liberté légale de l'Église*.
Cependant l'Église avait encore un ennemi irréconciliable. Tout ce que le paganisme pouvait produire de plus monstrueux avait éclaté à la fois dans quatre empereurs, comme pour accabler le christianisme sous les derniers efiforts de fureur et de turpitude. Maximin, digne héritier des trois autres, n'avait pas longtemps observé lerescrit deGalerius mourant; sa haine contre les chrétiens ne se borna pas à tourmenter ceux de ses provinces, il entreprit une guerre contre l'Arménie convertie : sa retraite forcée, suivie d'une famine et d'une contagion, ne le désabusa de ses pontifes ni de leurs artifices magiques; il s'aigrit de plus en plus. N'osant rejeter d'abord l'édit de Constantin victorieux, il continuait sourdement ses vexations. « Dans tout le reste, tt il ressemblait à son maître Galerius. Le peu qui restait « des exactions précédentes, il l'arrachait sans pudeur, il « levait d'avance les tributs de plusieurs années...; les tt termes manquent pour exprimer avec l'indignation con-
I Zos., 9 ; Aur. Vict. ; Pan, vet.; Eus., Consty i-4i> ^^i BisU «ce/., 9-9, 10-5 ; Lact., De morte persécuta 44* 4^* 4^ ! Tillem., Const,^ aS, a().