SAINT ATHANASE
« Constance, toiijoui's ennemi d'Alliauasc , quoiqu'il sût « bien sa déposition opérée, s'efforçait ardemment néan- « nioins de la confirmer par Fautorité que possèdent les : « évoques de la ville éternelle ; et ne Fayant point obtei « nue , il fit enlever Liberius de Rome pendant la nuit , 1 1< avec une grande difliculté , pour la crainte qu'on avait ! « du peuple , qui Taimaii extrêmement. » Le vénérable [ pape fut conduit à Bœrée (355), où l'on mit tout en œuvre 1 pour fléchir sa vieillesse captive et souffrante *. i Tout cela était moins l'œuvre du prince que des eunu- ! ques de la cour, et de leur chef, le chambellan Eusèbe. Cette ignoble race d'esclaves, introduite au palais sous I l'imbécille Claude, constamment en faveur sous les princes i voluptueux, n'en avait pu être extirpée par Alexandre Sévère ni par Constantin. Constance s'en entoura de nouveau I comme d'une marque essentielle de" la domesticité royale, I cl à cause de leur souplesse, faite pour le despotisme. ; N'ayant d'autre passion que l'argent, ne vivant que d'adui lalion et d'intrigues, ils corrompaient toujours le prince et • le gouvernement*. Nul empereur ue se rencontrait plus à I souhait pour eux que Constance, un homme faible et vain, i sans volonté que d'être servi et honoré, sans confiance que pour ses flatteurs, sans retour et sans pitié pour tous ceux qui lui faisaient ombrage, « si jaloux de sa dignité, qu'on te ne le vit jamais en public se moucher ni cracher, tourte ncr la tète ni les yeux, et qu'il n'admit jamais personne « dans sa voiture. » Dédaigneux de la popularité , il n'entendit jamais une cause, et ne songea pas à dégrever une seule province. Défiant à l'excès , il ne donnait les hautes charges qu'avec une extrême réserve après une épreuve
* Amm. Blarcell., iS-6 : «tld enim, ille Athanasio semper iofestus, licet scirct impletum, tamea auctoritatc qua potiuolur seicrna: urbis episcopi, firmari desiderio nitcbatur ardculi. »
* Lampr., Mex.^ 34, 66; Amm. Marcel!., i8-C.