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de dix ans au moins dans les emplois inférieurs. Quant aux guerriers, il ne leur laissait plus « lever la 1ère. » Il avait grand soin du soldat; mais il fallait avoir vieilli dans la poussière des camps pour obtenir un commandement, et nul général sous ce règne ne fut promu au clarissimat; tous n'étaient que perfectissimes,
La moindre apparence d'atteinte à son autorité courrouçait cette ame ombrageuse; la moindre rumeur lui montrait une conspiration. Les flatteurs entretenaient ces défiances par leurs plaintes affectées sur le malheur de Fempire, si le prince perdait la vie , « à laquelle était attachée, comme à un fil , la paix de l'univers. » Les fonctions de grand-chambellan, occupées par Eusèbe, indiquaient, avec la plus insinuante adresse d'adulation , la plus grande faveur. En effet , quoique nul « ne portât plus haut » que Constance l'autorité impériale , le véritable maître des affaires était Eusèbe, « auprès duquel on peut dire que Constance » avait le plus d'influence. On ne connaissait à la cour qu'un seul crime, l'offense à la majesté ou au pouvoir du prince , et quiconque s'attirait la haine ou la crainte d'Eusèbe , était inévitablement l'ennemi du prince. Les soupçons toujours tendus ne mettaient point de On aux poursuites et aux supplices; le plus noble personnage , enchaîné comme une bête sauvage, sur le premier indice, n'avait à attendre que la torture, la mort, la confiscation ou l'exiP.
Tandis qu'on pensait comprimer de la sorte l'esprit de rébellion en Occident, on commençait à l'appréhender du côté opposé. Gallus, à vingt-cinq ans, passant subitement d'une étroite dépendance au pouvoir, avec des passions basses et une intelligence médiocre, n'avait pas su y garder une juste position ; son orgueil grossier se prit aisément
1 Amm. MarccII,, i6-5, 14-4, 18-4.