‹ Histoire romaineChapitre 74 sur 107 · CONSTANCE ET JULIEN · texte numérisé non relu

CONSTANCE ET JULIEN

« suit jusque dans une église des chrétiens ; ils Ten arra- « client et le tuent *. » C'est ainsi que Ammien raconte cette trahison et la part qu'il y a prise , comme un acte de simple devoir envers un prince qu'il haïssait et méprisait (355).

Constance, satisfait comme un despote pour qui tout est légitime , n'oublia pas de réclamer les trésors de la Gaule, et de livrer aux délateurs, surtout à Yinfemal Paulus, les amis du malheureux meurtri. L'un de ceux-ci, mis à la torture, ne cessa de protester que Sylvanus avait été poussé par la nécessité, et il en donnait pour preuve que cinq jours avant son usurpation, il avait distribué la paie aux soldats au nom de Constance, en les exhortant à être fidèles \

Tout ce qu'on feisait pour écarter les inquiétudes ne servait qu'à les augmenter ; les embarras se multipliaient de toutes parts; au dedans, des tremblements de terre fréquents, qui ruinaient des villes florissantes, Béryte, Nicée, Nicomédie, et beaucoup d'autres; à Rome, deux émeutes pour la moindre cause ; au dehors, les Franks, les Quades, les Sarmates en mouvement, et Sapor prêt à recommencer ses agressions. Le faible empereur avoua enfin pour la première fois l'impossibilité de gouverner seul, et, à la grande confusion des courtisans, il jeta les yeux sur Julien pour l'associer à la pourpre '.

Gallus et Julien ayant été sauvés du massacre de leur famille, Constance, soit pitié, soit remords, leur avait laissé la vie avec une grande partie de leur héritage paternel et maternel. Eusèbe de Nicomédie, parent de la mère de Julien, prit alors le soin de leur enfance. Un peu plus avancés

' Amm. Marcel!., i5-5.

* Amm. Marcell., i5-6.

3 Amm. Marcell., i4-'4f '7*7i tS-G-

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en âge, ils avaient habité par ordre impérial Tancien palais de Macellum , près de Gésarée , en Cappadoce , résidence agréable, où ils étaient traités en princes, instruits par des maîtres distingués, mais sous une étroite surveillance, qui leur interdisait toute relation au dehors. L'éducation qu'ils reçurent dans cette retraite semblait les destiner à entrer dans le clergé ; ils remplirent du moins la fonction de lecteur dans les solennités chrétiennes.

Julien avait environ dix-huit ans quand son frère Gallas fiit créé César ; il en reçut lui-même plus de considération extérieure, et la liberté de continuer ses études à Constaotinople. Malgré sa réserve , il donna quelque souci par ses succès ; on lui prescrivit de retourner en Asie : il suivit les maîtres célèbres de Nicomédie, et, pour mieux dissiper de nouveaux soupçons, il jugea prudent de faire encore office de lecteur dans Téglise de cette ville. Sa liberté et sa vie même furent de nouveau compromises par la catastrophe de Gallus. Amené à Milan, od était la cour, il y resta sept mois, incertain de son sort, exposé aux calomnies des courtisans, qui craignaient de trouver un jour en lui un vengeur de son frère. La jeune et brillante impératrice Eusebia, seule, prit intérêt à lui, persuada l'empereur de voir et d'entendre Julien , et lui obtint la permission de retourner en Grèce. Il fréquenta donc les écoles d'Athènes ; sa naissance, la singularité de sa position, l'estime prononcée des philosophes pour un jeune prince qui portait comme eux le manteau et la longue barbe, enfin une certaine prévoyance de l'avenir, contribuèrent beaucoup à la grande réputation que ses talents y acquirent. Les plus empressés durent s'applaudir, quand ils le virent, au bout de quatorze mois, rappelé à la cour. L'empereur, encore cette fois, n'écouta pas ses flatteurs, qui l'entreprirent d'abord par leur moyen ordinaire, en l'infatuant de son mérite supérieur et de son bonheur invincible; ensuite ils s^'eflbrcèrent de lui commu-

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