CONSTANCE ET JULIEN
niquer la peur que leur inspirait un César et un frère de Gallus. Ce fut en vain ; l'ascendant d'Eusebia l'emporta ; Julien, nommé César, épousa Hélène, sœur de l'empereur. Les courtisans se contentèrent, pour le moment, de rire de son étonnement et de sa gaucherie à se présenter en costume de cour, le menton rasé. On lui ôta tous ses anciens serviteurs, excepté quatre, pour lui donner une suite conforme à sa dignité, puis on l'envoya commander en Gaule, ou plutôt représenter le commandement impérial , car il ne possédait pas réellement l'autorité. Les officiers qui l'accompagnaient, sous prétexte d'honneur et de conseil, devaient le tenir en tutelle ; et des instructions écrites de la main de Constance , comme pour un pupille qu'on envoie aux écoles, réglaient sa conduite de chaque jour. Mais la difficulté des circonstances, sa résolution à en profiter, dérangèrent tout ce plan ; il s'affranchit bientôt de sa dépendance, et l'un de ses surveillants, Salluste, en s'attachant à lui , dirigea utilement son inexpérience dans la guerre et l'administration. Le César, de son aveu, lui doit une grande partie de ses succès*. Il dut beaucoup aussi au comte des largesses Ursulus, qui avait ordonné aux receveurs de la Gaule de lui fournir tout l'argent qu'il demanderait *.
• Julien, EpisU adMhenienses,Orat,t 7, ou le fragment intitulé Allégorie dans ses LeUres choisies, traduites par La Bletterie, et la lettre « à Thémistius;Libaniu8, Orat,, 12 et 10 ; Zos., 3; Amm. Marcell., aa-g, i6-a,i5-i, 7; Eallap., 5 ; Grég. Naz., Orat, 3 ; Socr., 5-« ; Thëodoret., 3-i ; TiUem., Julien, de I à 6. Pour le reste de la vie de Julien, je me servirai presque uniquement, à dessein, des documents fournis par lui-même, par Libanius et Ammien Marcellin, ses admirateurs contemporains; je suivrai de plus le rëcit de Gibbon, apologiste déclaré de Julien ; ses aveux et ses contradictions n aident pas peu à porter un jugement exact sur ce prince fameux. On doit toutefois rappeler ici, comme une autorité très-importante, l'abbé de La Bletterie, qui, dans l'histoire particulière de Julien etde Jovien, a poussé l'impartialité jusqu'au scrupule; il a été impossible de n'en pas convenir.
* Amm. MïrccU., aa-a.