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CHAPITRE CVI

FAMILLE YALENTUiilENME. — DIVISION DE L EMPIRE.

L'élection des grands officiers, réunis à Nicée, donna Tempire à Valentinien !•'. C'était un Pannonien d'une taiJle et d'une force extraordinaires , d'une figure noble et expressive, et d'une réputation intègre. Disgracié sous Julien, pour n'avoir pas caché son mépris de l'idolâtrie , Jovieii lavait rappelé comme chef d'une école ou compagnie des gardes. L'armée applaudit , mais en demandant qu'il désignât un collègue : « Tout-à-l'heure, dit-il, vous étiez mal- « très de ne point me donner le pouvoir, c'est à moi main- « tenant de veiller à la sûreté de l'État. » Tout se lut aussitôt ; on sentit qu'il savait commander. Un mois après, à Constantinoplc, ses réflexions le décidèrent à s'associer son frère Valens, peu connu et sans capacité, mais dont la déférence assurait l'unité du gouvernement. Ils fiient leur partage : Valens eut rOrient, Valentinien l'Occident,

y compris Tlllyrie. Chacun ayant nécessairement sa cour, tous les emplois furent doublés , et Ton créa sept maîtres généraux, tant de la cavalerie que de Finfanterie , et deux maîtres de la milice. Les deux frères se séparèrent, en s'embrassant , et ne se revirent plus. L'empire se trouva définitivement divisé , sans intention formelle , par la force des événements.

Je ne sais quelle rumeur sourde se répandait alors, que Procope avait été secrètement revêtu de la pourpre r^r Julien. Valens en prit ombrage et voulut s'assurer de sa personne; Procope s'échappa, et demeura quelque temps caché dans le Bosphore Cimmérien ; puis , impatient de ses disgrâces, il conçut le dessein qu'on lui imputait, revint ignoré à Constantinople pendant que Valens était eu Syrie, gagna quelques cohortes, et se proclama. Peu à peu, il entraînait les troupes, et obtint l'appui de trente mille auxiliaires goths; et, pour se concilier la faveur publique, il épousa Faustine, dernière femme de Constance, dont elle avait une fille posthume. Il portait cet enfant de rang en rang, comme s'il ne prétendait que rendre au sang de Constantin la majesté impériale, « qu'un indigne Pannonien avait usurpée. » Les Germains occupaient Valentinien et annonçaient la mort de Valens. Celui-ci eût lâchemenl abdiqué, sans ses ministres , qui lui inspirèrent plus de résolution. Procope eut d'abord quelques succès ; mais ses exactions, et l'ascendant des généraux opposés sur les légions, le renversèrent (366); un combat à peine disputé le livra, errant, sans asyle, au supplice qui lui était réservé. Valens usa de sa victoire avec une douceur qui se démentit bien dans la suite *.

Les faits militaires de ce double règne présentent, comme

' Théodoret, 4-^; Socr., 4i Sozom., 6-6; Phisost., 8-7; Amm. Marcell., aû-3, 5, 9, 10, 13; Lib., De vita sua, et Orat., iS ; Tliémist., Oraf,f 7.

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