‹ Histoire romaineChapitre 88 sur 107 · THË0D08E ET YALE1«TI111EN · texte numérisé non relu

THË0D08E ET YALE1«TI111EN

lui-ci le refusa , dans la crainte que la vue de ces tristes ''' restes ne réveillât les regrets du peuple et du soldat ^ ; Am-

broise obtint du moins la promesse que Yal^tinien ne b&- ' rait point attaqué.

Le premier mouvement de Théodose fat de venger celte - mort doublement funeste, qui livrait la Bretagne aux in- *'•• cursions des Pietés , par Téloignement des légions romai- ^ nés ; mais bientôt Tespoir de conserver du moins une bonne

partie de l'Occident au jeune Valentinien , comme le pro- :* posait Maxime, et d'épargner une guerre civile à l'empire sr déjà si fatigué, le fit consentir à traiter, en se tenant tou- >. jours prêt à prendre les armes au besoin. Il avait d'ailleurs i' en ce moment à comprimer des incursions de Sarrasins j et de Huns en Mésopotamie* Heureusement on ne craignait

0 plus rien de la part des P^ses ; Sapor III , intimidé par la

1 réputation de Théodose , lui envoya une ambassade pour b' réparer les torts de son aïeul , et demander la paix '• Au H

^ »Oro8., 7-34; Sulp. Scr., Fita Jlfartxn., a3 ; Pacat. , a3; Socr.,5-ii;

I Ambr., De Joseph., 7, EpisU , 56, /n p$alm., 61 ; TiUem.) Grat,, l% , 19 , Tliéod., i4; AuBon., £)»i9r., 1, v. 5 :

I Bellandi, fandique potent Augustus houorem

fiis merel ; ut gemiiiet tilulos, qui praelia Musia Tempérât, et Geticum moderatur Apolline Martem. Arma in ter Chunoaque truce», furtoque nocentes Saui'omatas, quantum ces&itde tempore belli, Indulget Clariis tantum inter castra Camaenis. Vix posuit volucras stridenlia tela sagittas* Musarum ad calamos fertur manus; otia nescit, Et commutata meditatur arundine carmen; Sed carmen non molle modi». Bella horrida Martis» Odrysii, Thressaeque viraginisarma rétractât. Exulta, Eacide, celebraris vate superbo Rursum; romanusque libi contingit Homerus.

* Clattd . , Ite stxio ciinsul » , 69:

• * Misaique rogatum

Fœdera, Persariim proceres, cum pâtre sedenlem llac quoudam viilorc ^Ion»o, positaquc tiara, *' Submisère ge au.

^10 HISTUIU ftOMAUfi.

inilieQ de ces graves éYènements, ]a pensée qui préoccupail le plus le sénateur TbeoiisUus, nouuné préfet de Goosiantinople, c'était de célébrer dans un discours ThcHineur que « recevait en sa persixine la [âiilosophie. » Y^rs le même temps, le préfet de R(xne , le païen Symmaque , redemandait la statue de la Victoire relevée dans le sénat par Julien, et ôtée encore une fois par Gratis, n n'éprouva qu'un refus du jeune Valentinien, averti par les vives riq>résentations d'Amlnroisc ; un rescrit impérial le tança même rudement pour les vexations qu'il exa^it conti« les chrétiens, sous ]wétexte des constructious publiques à réparer, et dans son chagrin il quitta sa charge ^.

Cependant , sous le nom du jeune prince, «noonençait à régner véritablâuent sa mère Justine , qui ne respirait que pour rariarnsme. Elle se mit à persécuta les cathcdiques en présence d*un usurpateur voisin, qui affectait de les respecter. Cette femme fimatique, oubliant tout ce qu'elle devait, pour son fils, à Âmbroise, prétendit donner Féglise de Milan à un Auxentius, hooune débauché, mais subtil arioa. N'ayant pu réussir par artifice, die employa la force (386) ; trois fois elle voulut s'^nparer ouvertement de la cathédrale , et les scddats refusant d'exécuter ses ordres, die tenta, sans i4us de succès, de faire tuer l'archevêque. Cette conduite, imprudente autant qu'inique, excita de nouveau l'ambition de Maxime, qui résolut d'en profiter, et menaça bientôt de descendre ^i Italie. Justine alors n'eut pas honte de recourir à celui dont elle venait de mettre la vie en péril , et de lui demander son intervention. Ambroise alla encore vers l'usurpateur : il n'en put rien obtenir cette fois, et en avertit vainement une cour ingrate et insensée, que l'exemple de Théodose ei de l'impératrice Flaccilla n'instruisait pas davantage.

<,Orml., 17; Pdcat.. 23; Oros.,7-14*

THÉOBOSB SI VALBNTINIBII O. 2$41

La famine et la contagion en Orient avaient donné moins de peine que les désordres à réparer du règne de Yalens. Là., tout étant libre à tous, excepté aux catholiques, par Tentôtement de ce prince, Fidolâtrie s'était redressée plus hardie même qu'avec Julien ; on y revoyait , dans des or-* gies publiques, la délirante turpitude des bacchanales, et les solennités païennes bravaient au grand jour la raison et la pudeur. Théodose y mit fin, supprima par des édits tout ce qui ne pouvait élre toléré , et il en confia Fexécution à Cynegius, préfet du prétoire , qui parcourut les provinces pendant deux ans, et retrancha les abus. Soit rancune des païens , soit ambition privée , une conspiration se forma, qui fut découverte. Théodose ne souffrit pas qu'on impliquât dans la cause ceux qui en avaient eu seulement connaissance ; et un magistrat opinant à la sévérité pour la sûreté du prince, il répondit : « Songez plutôt à ma ré- « putation. » Les coupables condamnés, au moment de subir la sentence , reçurent grâce entière. Ce fut le dernier bienfait de Flaccilla , qui mourut peu de temps après (385). Cette princesse était sans cesse empressée d'intercéder, et de faire régner la justice dans le palais K

L'empereur se défiait de Maxime ; il avait pénétré de bonne heure ses desseins , et jugea prudent de préparer un armement. Il avait aussi à distribuer aux troupes les gra*> tifications d'usage, pour la dixième année de son règne et la cinquième de l'avènement de son fils aîné Arcadius , déclaré Auguste. Cette double nécessité amenait un impôt extraordinaire : l'édit n'en fut connu à Antioche qu'avec un vif mécontentement : les riches éclatèrent en plaintes , l'émotion gagna le peuple, et un gros de séditieux, pour l'enhardir, commença par entrer dans un bâtiment de thermes, où ils coupèrent les cordes des lanternes, et brisé-

* Thëmisl., OraU; iS, 19; Spz., 7>6;Tb<odoret,5-i8$ Ambr.* Serm. (ftis '

lii. m

54t WfQiM monMfm*

reot Umi ; «nsiiiteoo se porta cb» le gouverMur, (fax n'mi que le temps de 8'écbapper ; oadddiira leB images de Feaih pereur, on traîna dans les rues aes statues, celles de Flac* cilla, de leurs ôls Arcadius et Honmus, et du comte Tb^ dose; on mit le feu à la maison d'un noble, mais les toikSi kncées d'^ baut sur les assiégeants , et deux flèdies déeocliées par les sagittaires , qui accouraient , dissipèrent Is rébellion. Le gouverneur reparut, et livra au supplice ks premiers mutins saisis et jugés sans délai.

Cependant, tous les babitants tr^nl^ient, ayant tous trempé dans la sédition , et , en efifet , Tbéodose irrité était terrible. Pendant que le vénérable Flavimi , patriardie d'Antiocbe, se rendait à Gonstanânoi^e pour le flécbir, deux grands officiers de Tempire arrivaioit, chaînés de pnnir rigoureusemoit. L'éloqueoee du jeune Jean Chrysostome, qui avait préiéré le dévouement du sacerdooa catbo- Uque à tous les avantages d'une illustre naissance, rendit seule quelque courage à cette population désolée , que la crainte rassemUait auprès de lui dans la catbédrale. Son sèle ardent en profita pour ramenor des voluptés effrénées, où ils passaient leur vie, oes dirétiens dégénérés : ks solitaires des mc^itagnes voisines se joignir^t à lui pour adoucir, par leur intercessi(m> la sent^ice des aouveanx juges ; mais le pardon ne pouvait venir que derempereur, et Plavien Tavait (drtenu K

• Sm., 8-9; libsii., OnU,f i4; ChrysoU., Omt., S; Uomii^ t». il % p« «Mir aa païen Zotine d'attribuer, 4'4it ^ eUmoice de TbéodM* à reluquante intervention dn païen Libanius. L'éloquence des tophisM était sîmaus- •ade, et le discours de libanius est si maladroit, qu'on ne pourrait croire rai- •annablement à un tel succès, quand on ne sauiaît pas â^wk^mn «enBeat lea rtixin se sont paiséss. Mais lÀiBins, Ov vif* mm, dit hMitee ^% m% pas qjuilté Antioche à cette époque. Il a voulu tout sinplemeat ne paa perdre nm ti beau sujet de déclamation, et essayer son talent après celui de Jean Cbry> sost6me, son ancien élève qu'il admirait, et qui avait écrit le discours de Fiaviea à TiiéodaM. Ufcaiim», a*«iafet pas clB<é<ieft , M pottvtk Mv tatrancB^

TirtoDOiK ftr TÀitinrmiiii u. IU3

On ttè tftrda p9a h reconnaître que les l^Mes dlioffimes 61 d'argent ne $e misaient point sans raison. Cinq mois après cet èrènement , Justine et son fils cherchaient un asyle à Thessalonique , et imploraient secours. Maxime avait pris Tltalie (587) sans obstacle. Il essaya encore de traiter. Théodose, sans accepter ni rejeter ses propositions , s*avance rapidement en Pannonie, surprend et bat une première armée sur la Save ; une deuxième victoire dans les Alpes Famène inopinément devant Àquilée, presque sur les pas de l'usurpateur fuyant, qui, hors d'état de résister ^ , est livré par ses propres soldats « et tué aux pieds du vainqueur (588).

Quand les deux princes parurent à Rome triomphants, le sénat crut vainement, à la ilaveur d'un tel SQccès et de la joie publique, obtenir le relèvement de la statue de la Victoire; les remontrances d'Àmbroise produisirent un nouveau refus. Symmaque, récitant à son tour un panégyrique après Pacatus, y revint obstinément , et cette importunité l'envoya en exil sur-le-champ à cent milles de la ville. Il y demeura peu néanmoins, et il put se vanter bientôt de sa faveur , car il reçut les honneurs du consulat. Il eût autant valu laisser l'orateur philosophe méditer à loisir , dans sa disgrâce , sur les mécomptes de la rhétorique et de l'ambition , ne fût-ce que pour donner cette leçon aux

dans celte composition de fiintaiste , que de parler en son nom , et de se supposer rintercessear de ses concitoyens. Zosime a pris la chose au sérieux : pour être juste enrers tout le monde, il ne faut pas rendre Libanius responsable de la sottise de Zosime.

* Pacat., de 3o à 44; Oros., 7-35; Thëodoret, S^ig; Soz., 7«a3; Socr., 5-i4; Ambr., Epist., 17; Symm., EpisU, 3-33; Glaud., Z>e quarto coimu/., t. 7a :

Per Tarium gemini scelus empére tyranni Tractibtts occiduis; hune sœva itritannia fudit Huncsibi Germanus fomulum delegerat exsul, Ausus uterque nefas, domini respersus uterque , Insontis jugulo novitas audere priori Suadebat.

5i4 BISTOIRB ROMAINS.

siècles suivants^ quUl n'est pas toujours stxt de changer d*écharpe selon Foccupant, et de prononcer dans la même année Téloge de Tusurpateur et celui du vengeur. Symmaque, en effet, avait eu besoin d'un premier pardon pour un panégyrique de Maxime , ce qui augmentait Timpertinence de sa ferveur païenne *.

• Symm., Epitt,, i-Si, i3, 3o; Àmbr., Epist., i5; Socr., 5-i4; S0X.47-14IJ Tillein., Tkéod.^ 46; PrudenL, In Symm,, ▼. 706 :

l|Me magistratuin tibi conftulis, ipcc tribunal Cootulit, auratunaque togae douaTic amiclum Gujiu religio tibidisplicet, operieiitûm Assertor divûm, soins qui resti(uendos, Valcaoi , Martisquedoloe, Venerîsque péroras

M., SfiS I

Vis decorare taum, diiissima lloma, senatum T Suspende exuvias armU et sanguine captas Congère Caesarum victrix diademata regum.

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